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Road trip Ruta 40 : l'itinéraire mythique de l'Argentine, de La Quiaca à Ushuaia

La Ruta 40 (la légendaire Ruta Nacional 40) longe la cordillère des Andes sur près de 5 000 kilomètres, du désert coloré du Nord-Ouest jusqu'au bout du monde. Voici l'itinéraire complet en 18 étapes, de La Quiaca à Ushuaia, avec la carte, la durée conseillée, le budget, la meilleure saison et tous nos conseils · prêt à lancer dans Google Maps.

Le massif du Fitz Roy au-dessus d'El Chaltén, le long de la Ruta 40 en Patagonie argentine
📍 Le Fitz Roy au-dessus d'El Chaltén · l'image emblématique de la Patagonie sur la Ruta 40
Distance
~5 000 km
Durée conseillée
3 semaines
Meilleure saison
Nov. à mars
Sens conseillé
Nord → Sud

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Pourquoi faire le road trip de la Ruta 40 ?

La Ruta 40 n'est pas une route, c'est une colonne vertébrale. Elle traverse l'Argentine du nord au sud sur près de 5 000 kilomètres, en restant collée à la cordillère des Andes, et relie onze provinces, vingt parcs nationaux et des dizaines de climats. Aucune autre route au monde n'offre une telle variété de paysages sur un seul ruban d'asphalte et de gravier : on commence dans le désert d'altitude de la Puna, à plus de 3 500 mètres, sous un soleil brûlant et au milieu des lamas, et on termine sous la pluie et le vent de la Terre de Feu, face au canal Beagle. Entre les deux, il y a les montagnes arc-en-ciel de Jujuy, les vignobles de Cafayate, les déserts lunaires de San Juan, les vignes de Mendoza, les volcans du Neuquén, les forêts et les lacs de la région des Sept Lacs, les glaciers de Santa Cruz et les sommets de granit du Fitz Roy.

C'est aussi un voyage dans le mythe. La Ruta 40 est à l'Argentine ce que la Route 66 est aux États-Unis : un symbole national, chanté, filmé, tatoué sur les motos. Le célèbre panneau jaune « Ruta Nac. 40 » jalonne tout le parcours et devient vite l'objet photo du voyage. On croise des gauchos à cheval, des stations-service isolées où l'on échange trois mots avant les 200 prochains kilomètres, des estancias où l'on dort au milieu de nulle part, et cette sensation grisante de liberté que seuls les grands espaces patagoniens procurent.

Enfin, c'est un road trip exigeant mais accessible. La majorité de la route est désormais asphaltée, on peut la faire en voiture de location, en camping-car ou à moto, et l'organisation reste simple tant qu'on respecte deux règles : faire le plein souvent et anticiper les distances. Le reste, ce sont des rencontres, des couchers de soleil interminables et des silences immenses. On ne revient pas tout à fait le même d'un voyage sur la Ruta 40 : on en revient avec la poussière de la Patagonie dans les chaussures et l'envie d'y retourner.

La carte de l'itinéraire

Les 18 étapes principales, dans l'ordre, de La Quiaca à Ushuaia :

L'itinéraire étape par étape

1. La Quiaca · le point de départ tout en haut

Point de départ

On démarre à La Quiaca, à 3 442 mètres d'altitude, à la frontière bolivienne, là où la Ruta 40 prend symboliquement sa source au kilomètre presque zéro du nord. Ce gros bourg poussiéreux du nord de Jujuy n'a rien de spectaculaire en soi, mais il a une saveur particulière : c'est le seuil du voyage, le moment où l'on prend une grande inspiration avant de descendre vers le sud. Faites une halte à Yavi, à quinze minutes, un village colonial figé dans le temps avec son église du XVIIe siècle aux retables dorés et ses fenêtres en onyx translucide qui filtrent la lumière de la Puna. Prenez le temps de vous acclimater à l'altitude : buvez beaucoup, mangez léger, et goûtez le maté de coca local contre le mal des montagnes. Le marché de La Quiaca, animé surtout les jours de foire, est l'occasion d'acheter un poncho en laine de lama et de croiser les habitants du haut plateau dans leurs vêtements colorés. Le décor est minéral, jaune et ocre, les distances sont immenses et l'air est sec et léger. C'est aussi ici qu'on calibre son rythme pour le reste du périple : on ne court pas, on s'imprègne. Avant de partir plein sud, vérifiez le niveau d'essence, l'état des pneus et la pression, car les premiers cols de la Puna ne pardonnent pas l'improvisation.

2. Purmamarca et la Cuesta de Lipán

~290 km · 4h

La descente vers Purmamarca est l'une des plus belles entrées en matière qui soient. Le village se blottit au pied du Cerro de los Siete Colores, la fameuse montagne aux sept couleurs, un dégradé surréaliste de rose, d'ocre, de vert et de violet qui s'embrase au lever du soleil. Levez-vous tôt pour faire le Paseo de los Colorados, une boucle d'une heure qui contourne la colline et révèle ses teintes les plus intenses. La place centrale, ombragée d'algarrobos, accueille tous les jours un marché d'artisanat où l'on trouve textiles, instruments et produits andins. De Purmamarca, on peut grimper la spectaculaire Cuesta de Lipán, une route en lacets qui monte jusqu'au col de Abra de Potrerillos à plus de 4 000 mètres, avant de redescendre vers les Salinas Grandes, un immense désert de sel d'un blanc aveuglant où l'on prend les photos en trompe-l'oeil obligatoires. Toute cette région appartient à la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, un canyon multicolore strié par des millions d'années d'érosion. Ne manquez pas Tilcara et son pucará, une forteresse précolombienne restaurée perchée sur un promontoire, ni Humahuaca et son monument à l'indépendance. C'est le concentré de couleurs le plus dense de tout le voyage, à savourer lentement avant la grande solitude du sud.

3. Cachi et la Recta del Tin Tin

~330 km · 5h30

Cap au sud par les vallées Calchaquíes, l'un des tronçons les plus photogéniques et les plus authentiques de la Ruta 40. On traverse le Parc national Los Cardones, un plateau désertique hérissé de cactus candélabres géants, les cardones, qui peuvent atteindre dix mètres de haut et vivre trois siècles. La route y dessine la célèbre Recta del Tin Tin, une ligne droite parfaite de douze kilomètres tracée par les ingénieurs sur d'anciens chemins incas, où l'on a l'impression de rouler vers l'horizon sans fin. Cachi est un village colonial d'une blancheur immaculée, aux ruelles pavées et à l'église de cactus, dominé par le Nevado de Cachi qui culmine à plus de 6 000 mètres et reste enneigé une partie de l'année. C'est une halte douce et lumineuse, parfaite pour goûter le vin d'altitude local et les empanadas salteñas, juteuses et relevées. Le rythme ici est celui de la sieste et des longues fins d'après-midi dorées. Prenez le temps de flâner, de visiter une bodega familiale, et de discuter avec les habitants, fiers de leurs traditions calchaquíes. La portion de Ruta 40 entre Cachi et Molinos est en partie en ripio et longe des paysages de cinéma, avec des villages perdus comme Seclantás, berceau du poncho salteño. C'est l'Argentine profonde, celle des gauchos et du silence.

4. Cafayate et la Quebrada de las Flechas

~160 km · 3h

Entre Cachi et Cafayate, la Ruta 40 traverse la Quebrada de las Flechas, un défilé spectaculaire où des lames de roche grise se dressent à la verticale comme des flèches plantées dans le sol par des géants. C'est l'un des passages les plus saisissants du Nord-Ouest, à parcourir lentement, appareil photo à portée de main. Cafayate, au coeur des vallées Calchaquíes, est la capitale du vin d'altitude argentin et le royaume du torrontés, ce cépage blanc aromatique et floral qui ne pousse nulle part ailleurs aussi bien qu'ici, à 1 700 mètres. Les bodegas se visitent presque toutes : dégustation, explication du terroir, et souvent une glace au vin à la sortie, spécialité locale incontournable. La ville elle-même est agréable, avec sa place ombragée, ses cafés et son musée de la vigne. Aux portes de Cafayate s'ouvre la Quebrada de las Conchas, un canyon de grès rouge sculpté par la rivière, où l'on s'arrête à des formations nommées el Anfiteatro, une cavité à l'acoustique parfaite, et la Garganta del Diablo. La lumière de fin de journée y fait flamboyer les roches. C'est une étape sensuelle et gourmande, à savourer sur deux jours si le temps le permet : une journée de bodegas, une journée de canyon. C'est aussi la dernière grande étape avant que le paysage ne se fasse plus aride et plus solitaire en descendant vers Catamarca et La Rioja.

5. Belén et la traversée de Catamarca

~370 km · 6h

On entre maintenant dans une Argentine plus discrète et moins touristique, celle des provinces de Catamarca et de La Rioja, où les distances s'allongent et les villages se font rares. Belén, surnommée la capitale nationale du poncho, est une halte attachante, réputée pour ses tissages en laine de vigogne et de lama, parmi les plus fins du pays. La petite ville, dominée par la statue de la Vierge de Belén juchée sur une colline, vit au rythme lent de l'élevage et de l'artisanat. C'est une étape de transition, plus que de visite : on y dort, on y mange un bon locro, ce ragoût épais de maïs, de courge et de viande qui réchauffe les soirées d'altitude, et on repart. La Ruta 40 traverse ici des paysages de puna et de pré-cordillère, ponctués de petits oasis verts irrigués où poussent noyers et vignes. Le ciel est immense, la circulation quasi nulle, et l'on commence à mesurer ce que signifie vraiment rouler sur cette route : des heures de solitude minérale, des troupeaux de chèvres qui traversent sans prévenir, et la radio qui crachote des chacareras. C'est aussi la région des grands détours possibles vers les hauts volcans de la Puna catamarqueña, l'un des déserts d'altitude les plus extrêmes de la planète, réservé aux 4x4 et aux voyageurs aguerris. Pour la plupart, Belén est surtout une nuit de repos bienvenue avant de poursuivre vers Chilecito.

6. Chilecito et le Famatina

~190 km · 3h

Chilecito, deuxième ville de La Rioja, s'étire au pied de l'imposant massif du Famatina, dont les sommets dépassent 6 000 mètres et restent souvent coiffés de neige. La grande curiosité de la ville est le Cable Carril, un ancien téléphérique minier construit au début du XXe siècle pour descendre le minerai d'or et d'argent depuis les mines d'altitude. Ses pylônes rouillés grimpent à l'assaut de la montagne sur près de 35 kilomètres et témoignent d'une époque industrielle révolue, dans un décor désertique impressionnant. On peut visiter la station numéro un et son petit musée. La région produit aussi des vins, des noix et de l'huile d'olive, et l'on traverse des plantations qui tranchent par leur vert avec l'aridité environnante. C'est une étape pour ralentir, respirer et goûter la vie de province argentine, loin des circuits balisés. À une encablure, le Parc national Talampaya et son voisin chilien d'Ischigualasto, plus connu sous le nom de Vallée de la Lune, méritent absolument un détour d'une journée : canyons de grès rouge de 150 mètres de haut, formations rocheuses fantasmagoriques, gravures rupestres et gisements de dinosaures parmi les plus importants du monde. On y circule en véhicule accompagné d'un guide. C'est une parenthèse géologique et préhistorique fascinante avant de filer vers San Juan et l'aridité spectaculaire du Cuyo.

7. San Juan et la Vallée de la Lune

~430 km · 6h30

San Juan est une ville ensoleillée et verdoyante, reconstruite après le terrible tremblement de terre de 1944, posée au milieu d'un désert irrigué par des canaux ingénieux. C'est une grande région viticole, moins célèbre que Mendoza mais réputée pour ses syrahs charpentés et ses vins doux. On y fait une pause urbaine bienvenue : bons restaurants, marchés, et le souvenir omniprésent de Domingo Sarmiento, enfant du pays devenu président. Mais le vrai trésor de la province, c'est le duo Ischigualasto-Talampaya, à cheval sur la frontière avec La Rioja, deux parcs classés à l'Unesco. Le Parc provincial Ischigualasto, la fameuse Vallée de la Lune, déploie des paysages d'un autre monde : formations rocheuses aux noms évocateurs comme le Champignon, le Sous-marin ou les Boules de pierre parfaitement sphériques, le tout dans des tons de gris, d'ocre et de rouge. C'est l'un des plus importants gisements de fossiles de dinosaures du trias au monde, et l'on a la sensation troublante de rouler sur une autre planète. La visite se fait en convoi de véhicules suivant un guide, sur un circuit de 40 kilomètres. Prévoyez de l'eau, un chapeau et de la crème solaire, car la chaleur peut y être écrasante. San Juan marque la transition vers le Cuyo viticole et annonce Mendoza. C'est une étape moins fréquentée par les voyageurs étrangers, et c'est précisément ce qui fait son charme.

8. Uspallata et la route de l'Aconcagua

~350 km · 5h

En arrivant dans la province de Mendoza, la Ruta 40 frôle la plus haute montagne des Amériques. Uspallata est un village de montagne niché dans une large vallée verdoyante encerclée de sommets, une oasis de fraîcheur après l'aridité du nord. C'est la base idéale pour explorer la haute cordillère. De là, on peut emprunter la mythique route internationale vers le Chili qui mène au Parc provincial Aconcagua, où le toit des Amériques culmine à 6 962 mètres. Même sans gravir le géant, on accède à un mirador d'où la vue sur la face sud, immense muraille de glace et de roche, laisse sans voix. En chemin, on s'arrête au pont naturel de Puente del Inca, une arche de pierre couverte de concrétions ocre et jaune formées par des sources thermales, et aux vestiges du chemin de fer transandin. La région de Mendoza est aussi la capitale mondiale du malbec : à une centaine de kilomètres, les bodegas de Luján de Cuyo et de la Valle de Uco se visitent avec dégustations face aux Andes. Uspallata a servi de décor à plusieurs films pour ses paysages tibétains, et l'on comprend pourquoi : la lumière y est particulière, les couleurs minérales intenses. C'est une étape de montagne et de vin, charnière entre le Cuyo et la Patagonie, où l'on sent le climat basculer et l'air se rafraîchir à mesure que l'on descend vers le sud.

9. Malargüe et le sud mendocin

~400 km · 6h

Plus on descend dans le sud de la province de Mendoza, plus le paysage se fait volcanique et sauvage. Malargüe est une petite ville étape, point de départ vers des merveilles géologiques méconnues. La plus spectaculaire est La Payunia, une réserve volcanique abritant plus de 800 cônes, l'une des plus fortes densités de volcans au monde, où des coulées de lave noire contrastent avec des sables rouges et des troupeaux de guanacos. Le paysage y est d'une beauté brute et lunaire, à explorer idéalement avec un guide et un 4x4. Non loin, la Caverna de las Brujas, la grotte des sorcières, dévoile un monde souterrain de stalactites et de salles immenses. Malargüe possède aussi des stations thermales et, en hiver, la station de ski de Las Leñas toute proche. La ville abrite l'observatoire Pierre Auger, un gigantesque détecteur de rayons cosmiques étalé sur la pampa, qui se visite. C'est une étape pour les curieux et les amateurs de grands espaces hors des sentiers battus, dans une région encore peu fréquentée par les touristes étrangers. On y mange du chevreau grillé, le chivito, spécialité du sud mendocin, et l'on profite d'un ciel nocturne d'une pureté exceptionnelle, idéal pour observer les étoiles australes. Après Malargüe, la Ruta 40 entre vraiment dans la Patagonie : les distances explosent, les villages se raréfient encore, et le vent commence à se faire sentir.

10. Chos Malal et la porte de la Patagonie

~230 km · 3h30

On franchit le río Colorado et l'on entre dans la province de Neuquén, première vraie étape patagonienne. Chos Malal, dont le nom signifie corral jaune en langue mapuche, marque historiquement le kilomètre central de la Ruta 40 et fut un temps capitale provinciale. C'est une ville tranquille au confluent de deux rivières, dominée par des collines arides et le volcan Tromen non loin. La région est encore peu touristique, ce qui en fait une étape authentique où l'on croise plus de gauchos que de voyageurs. Les amateurs de montagne peuvent grimper vers le Parc provincial Tromen et son volcan de 4 100 mètres, ou se baigner dans les sources thermales de Cobreloa. La traversée du Neuquén septentrional dévoile des paysages de steppe rougeâtre, de plateaux basaltiques et de vallées creusées par les rivières, dans une solitude grandissante. C'est ici que l'on bascule mentalement : on quitte le nord viticole et coloré pour le grand sud venté et minéral. Les distances entre les stations-service s'allongent, et l'on prend l'habitude de faire le plein systématiquement. Chos Malal est une bonne base pour casser la route entre Malargüe et la région des lacs, et pour s'imprégner de l'atmosphère rude et attachante du Neuquén profond. Goûtez les fruits secs et les confitures artisanales de la région, et préparez-vous au changement de décor radical qui s'annonce : dans quelques centaines de kilomètres, la steppe va laisser place aux forêts et aux lacs turquoise.

11. San Martín de los Andes et la route des Sept Lacs

~430 km · 6h30

Changement total de décor : la Ruta 40 plonge dans la région des lacs andins, l'une des plus belles d'Argentine. San Martín de los Andes est une charmante ville de montagne aux airs alpins, bordée par le lac Lácar et entourée de forêts de lengas et d'araucarias. Ses chalets en bois, ses chocolateries et ses microbrasseries lui donnent un air de petite Suisse australe. C'est la porte d'entrée du Parc national Lanín, dominé par le volcan du même nom, cône parfait de 3 776 mètres souvent enneigé. De là démarre la mythique Route des Sept Lacs, un tronçon de la Ruta 40 entièrement asphalté de 110 kilomètres reliant San Martín à Villa La Angostura, qui enchaîne sept lacs d'un bleu profond : Lácar, Machónico, Falkner, Villarino, Escondido, Correntoso et Espejo. Chaque virage révèle un miroir d'eau encadré de forêts et de sommets, avec des cascades, des plages de galets et des miradors aménagés. C'est une route à faire lentement, en multipliant les arrêts, idéalement par beau temps pour que les eaux reflètent le ciel. Les amateurs de truite et de pêche à la mouche sont au paradis. San Martín est aussi une étape gourmande, avec ses restaurants servant agneau de Patagonie, truite fumée et bières artisanales. C'est une parenthèse verte et fraîche, presque européenne, qui contraste fortement avec les déserts du nord. On y reste volontiers deux ou trois jours pour randonner, naviguer sur les lacs et savourer cette douceur andine avant de poursuivre vers Bariloche.

12. Bariloche et le Nahuel Huapi

~110 km · 2h

San Carlos de Bariloche est la capitale incontestée de la Patagonie des lacs, la destination la plus célèbre du sud argentin. Posée sur les rives du grand lac Nahuel Huapi, encerclée de montagnes et de forêts, elle séduit par son centre-ville de pierre et de bois inspiré de l'architecture alpine, ses innombrables chocolatiers et son ambiance de station de villégiature. Le Circuito Chico, une boucle panoramique au départ de la ville, enchaîne les points de vue de carte postale : le mirador du Cerro Campanario, élu parmi les plus belles vues du monde et accessible en télésiège, la presqu'île de Llao Llao et son hôtel mythique, les plages du lac. Le Parc national Nahuel Huapi, le plus ancien d'Argentine, offre d'innombrables randonnées, du sommet du Cerro Catedral aux refuges de montagne perchés. En été, on navigue jusqu'à l'île Victoria et la forêt d'arrayanes aux troncs cannelle. Bariloche est aussi une ville gourmande : on y dévore du chocolat, des fondues, de l'agneau et des bières artisanales dans une atmosphère festive. C'est une étape majeure du voyage, où l'on se ravitaille, où l'on souffle et où l'on profite du confort avant de replonger vers le grand sud désertique. La ville peut être bondée en haute saison, mais le cadre naturel reste exceptionnel. Selon votre temps, accordez-vous deux à trois jours pour randonner, kayaker et goûter à cette douceur de vivre patagonienne, avant que la Ruta 40 ne reprenne sa course solitaire vers Esquel et la steppe.

13. El Bolsón et la comarque andine

~120 km · 2h

Au sud de Bariloche, la Ruta 40 traverse El Bolsón, village au charme bohème niché dans une vallée fertile et verdoyante encadrée par le Cerro Piltriquitrón. Ancienne capitale hippie de l'Argentine, El Bolsón a conservé une âme alternative et écologique, avec sa célèbre Feria Regional du mardi, jeudi et samedi, où artisans et producteurs vendent confitures, fromages, miel, houblon et objets en bois. La région est un grand producteur de fruits rouges et de bière artisanale, et l'on y déguste des cervezas locales primées dans une ambiance détendue. Les amateurs de nature randonnent vers le Cerro Piltriquitrón et sa forêt sculptée, le Bosque Tallado, où des troncs ont été transformés en oeuvres d'art, ou vers les cascades et les lacs de la réserve voisine. Plus au sud encore, le hameau de Lago Puelo et son parc national invitent à la baignade et au kayak sur des eaux turquoise. C'est une étape douce et conviviale, parfaite pour ralentir, faire le plein de produits frais et discuter avec les habitants attachés à leur mode de vie. Le climat y est plus humide et plus tempéré que dans la steppe, et la végétation luxuriante. El Bolsón est de ces endroits où l'on prolonge volontiers l'arrêt, séduit par sa simplicité et sa beauté. C'est aussi la dernière touche de verdure intense avant que la Ruta 40 ne s'enfonce dans l'immensité aride de la Patagonie centrale, où les villages se comptent sur les doigts d'une main.

14. Esquel et le Parc national Los Alerces

~170 km · 2h30

Esquel, dans la province de Chubut, est une ville de montagne authentique et tranquille, célèbre pour La Trochita, le vieux train à vapeur à voie étroite immortalisé par Paul Theroux dans son récit de voyage en Patagonie. On peut encore monter à bord de ce convoi historique pour une balade nostalgique à travers la steppe. Mais le véritable joyau de la région est tout proche : le Parc national Los Alerces, classé à l'Unesco, l'un des plus préservés et des moins fréquentés de Patagonie. Il protège des forêts d'alerces, des conifères majestueux qui figurent parmi les arbres les plus vieux du monde, certains âgés de plus de 2 600 ans. Le parc déploie un chapelet de lacs d'un bleu et d'un vert intenses, reliés par des rivières, que l'on explore en bateau ou à pied. La navigation jusqu'à l'Alerzal Milenario, une forêt d'alerces millénaires, est une expérience inoubliable. Esquel possède aussi une petite station de ski, La Hoya, et constitue une base agréable pour explorer la région. Le village voisin de Trevelin, fondé par des colons gallois, ajoute une touche insolite avec ses maisons de thé servant scones et gâteaux gallois, héritage d'une immigration méconnue. C'est une étape nature et patrimoine, à la fois sauvage et chargée d'histoire. Après Esquel, la Ruta 40 quitte la cordillère boisée et s'enfonce dans la steppe patagonienne, où commencent les tronçons les plus solitaires et les plus mythiques du voyage, ceux que les voyageurs redoutent et chérissent à la fois.

15. Perito Moreno et la Cueva de las Manos

~620 km · 8h30

Voici l'un des tronçons les plus mythiques et les plus exigeants de toute la Ruta 40 : la longue traversée de la steppe patagonienne de Chubut et du nord de Santa Cruz. Sur des centaines de kilomètres, le paysage se réduit à l'essentiel : une route droite, une pampa rase battue par le vent, des guanacos, des nandous et des moutons à perte de vue, et un ciel immense. Les villages sont minuscules et espacés, les stations-service rares et parfois à sec : c'est ici que la discipline du plein systématique prend tout son sens. La petite ville de Perito Moreno, à ne pas confondre avec le glacier homonyme situé bien plus au sud, est une étape ravitaillement essentielle au carrefour de plusieurs routes. À proximité se trouve l'un des trésors archéologiques de l'Amérique du Sud : la Cueva de las Manos, classée à l'Unesco. Dans un canyon spectaculaire creusé par le río Pinturas, des parois ornées de centaines de mains négatives peintes au pochoir il y a 9 000 ans témoignent des premières populations de chasseurs de la Patagonie. Le rouge, l'ocre et le noir des pigments se détachent sur la roche dans un site d'une force émotionnelle rare. Le détour, en partie sur piste, en vaut largement la peine. La région compte aussi le bourg de Los Antiguos, oasis fruitière au bord du lac Buenos Aires réputée pour ses cerises. Cette étape est longue, austère et magnifique : c'est le coeur sauvage de la Patagonie, celui qui fait la légende de la Ruta 40 et grave des souvenirs indélébiles.

16. El Chaltén · la capitale du trekking

~550 km · 7h

Après l'immensité de la steppe, l'apparition du massif du Fitz Roy à l'horizon coupe le souffle. El Chaltén, plus jeune village d'Argentine fondé en 1985, s'est imposé comme la capitale nationale du trekking. Blotti au pied des aiguilles de granit du Cerro Fitz Roy, qui culmine à 3 405 mètres, et du Cerro Torre, ce hameau au bout d'une route en cul-de-sac est entièrement tourné vers la randonnée. Le plus beau, c'est que les sentiers partent directement du village, sans entrée payante : la Laguna de los Tres, randonnée reine de neuf heures aller-retour, mène à un lac glaciaire au pied même du Fitz Roy, dont le sommet rougeoie à l'aube comme un brasier. Plus accessibles, la Laguna Capri et les miradors du Fitz Roy et du Torre offrent des panoramas magnifiques en quelques heures. Le temps y est notoirement capricieux : le Fitz Roy se cache souvent dans les nuages, et l'on guette les rares fenêtres de ciel dégagé. La patience est récompensée par l'un des spectacles les plus saisissants de la planète. Le village vit au rythme des marcheurs, avec ses cafés chaleureux, ses brasseries artisanales et ses maisons de location de matériel. On y mange bien, on y refait le plein d'énergie, et l'on partage des récits d'ascension dans une ambiance montagnarde conviviale. Accordez-vous au moins deux à trois jours pour maximiser vos chances de beau temps et enchaîner plusieurs randonnées. El Chaltén est souvent le point culminant émotionnel de tout le voyage, le moment où la Patagonie déploie toute sa démesure minérale.

17. El Calafate et le glacier Perito Moreno

~210 km · 3h

El Calafate, sur les rives du lac Argentino, est la base obligée pour découvrir l'un des spectacles naturels les plus époustouflants de la planète : le glacier Perito Moreno. Ce géant de glace de 5 kilomètres de large et 60 mètres de haut au front, alimenté par le champ de glace continental sud, est l'un des rares glaciers du monde encore en équilibre. Depuis les passerelles aménagées du Parc national Los Glaciares face à sa muraille bleutée, on assiste au vêlage : d'énormes blocs de glace se détachent dans un fracas de tonnerre et plongent dans les eaux laiteuses du lac. Le spectacle est hypnotique et l'on peut y passer des heures. Pour aller plus loin, on chausse les crampons pour une randonnée sur la glace, le minitrekking, qui permet de marcher sur le glacier et de boire un whisky avec de la glace millénaire. Les amateurs embarquent aussi en bateau vers les glaciers Upsala et Spegazzini, parmi les plus grands d'Amérique du Sud, au milieu des icebergs. El Calafate, ville touristique bien équipée, offre tout le confort nécessaire : hôtels, restaurants servant l'agneau patagonien rôti à la croix, et boutiques. Goûtez la calafate, cette petite baie noire qui donne son nom à la ville et dont la légende dit que celui qui en mange reviendra en Patagonie. C'est une étape grandiose et incontournable, l'apothéose glaciaire du voyage, avant le dernier grand bond vers la Terre de Feu et Ushuaia.

18. Ushuaia · la fin du monde

~880 km · 12h (avec Río Gallegos et Terre de Feu)

Le dernier tronçon est un voyage en soi. Depuis El Calafate, on rejoint Río Gallegos, capitale austère et venteuse de Santa Cruz, dernière grande ville continentale. Puis vient la traversée vers la Terre de Feu, qui passe obligatoirement par le Chili : poste frontière de Monte Aymond, route à travers la pampa magellanique, et embarquement sur le ferry qui franchit le détroit de Magellan à Punta Delgada, là où Magellan passa en 1520. On revient en Argentine au poste de San Sebastián, on traverse Río Grande, capitale de la truite de mer, et la route finale serpente enfin à travers les forêts et les montagnes de la cordillère fuégienne jusqu'à Ushuaia. La ville la plus australe du monde, blottie entre les montagnes enneigées et le canal Beagle, marque la fin de la Ruta 40 et l'aboutissement du voyage. On y célèbre l'arrivée au bout du monde devant le panneau mythique du Fin del Mundo. Le Parc national Tierra del Fuego déploie ses tourbières, ses forêts australes et ses baies, traversées par le train du bout du monde, vestige du bagne historique d'Ushuaia. On embarque en bateau sur le canal Beagle pour voir le phare des Éclaireurs, les colonies de manchots et de lions de mer. La ville, jadis colonie pénitentiaire, possède un musée passionnant. Goûtez la centolla, l'araignée de mer géante du sud. C'est l'arrivée, l'émotion, le sentiment d'avoir traversé un continent entier du nord au sud. La Ruta 40 s'achève ici, face à l'océan, là où commence l'Antarctique.

Infos pratiques et conseils

Combien de jours prévoir ?

La Ruta 40 intégrale, c'est près de 5 000 kilomètres et un dénivelé climatique colossal. Le minimum réaliste pour relier La Quiaca à Ushuaia sans s'épuiser est de 3 semaines, en roulant en moyenne 250 à 350 kilomètres par jour avec des journées de repos aux grandes étapes. Mais pour vraiment profiter, comptez plutôt 4 à 5 semaines, surtout si vous voulez randonner à El Chaltén, naviguer sur les glaciers et ajouter des détours comme la péninsule Valdés ou Ischigualasto. Beaucoup de voyageurs disposant de deux semaines préfèrent se concentrer sur un seul grand tronçon : soit le Nord-Ouest coloré de Jujuy à Mendoza, soit la Patagonie de Bariloche à Ushuaia, plutôt que de tout enchaîner au pas de course.

Location de voiture

Une berline robuste ou un SUV compact suffit pour l'essentiel du parcours aujourd'hui largement asphalté. Un 4x4 n'est pas indispensable mais apporte un vrai confort sur les tronçons de ripio patagonien et pour les détours non goudronnés. Récupérez le véhicule à Salta ou San Salvador de Jujuy au nord, et rendez-le à Ushuaia ou El Calafate au sud : cette location en aller simple génère des frais d'abandon élevés, parfois 300 à 600 euros, à intégrer au budget. Vérifiez impérativement que le contrat autorise la conduite sur ripio et la sortie du territoire vers le Chili, indispensable pour atteindre la Terre de Feu, ce qui nécessite une autorisation écrite et une assurance valable dans les deux pays. Inspectez la roue de secours, le cric et les outils avant de partir.

Où dormir, zone par zone ?

Dans le Nord-Ouest, privilégiez les hôtels de charme et hospedajes de Purmamarca, Tilcara, Cachi et Cafayate, souvent dans de belles bâtisses coloniales à prix doux. Dans le Cuyo, San Juan et Mendoza offrent un large choix, des auberges aux bodegas avec hébergement. En Patagonie des lacs, Bariloche, San Martín de los Andes et El Bolsón disposent de nombreuses cabañas et hôtels, mais réservez très en avance en haute saison. Dans la steppe centrale, les options sont rares : prévoyez des étapes à Perito Moreno, Gobernador Gregores ou dans des estancias isolées qui accueillent les voyageurs. À El Chaltén et El Calafate, l'offre est abondante mais chère et vite saturée l'été : réservez plusieurs mois à l'avance. Le camping est une excellente option économique partout, mais attention au vent patagonien qui malmène les tentes.

Budget détaillé

Comptez en moyenne 70 à 120 euros par personne et par jour en voyage confortable, tout compris. Le carburant est le poste majeur : sur 5 000 kilomètres avec une voiture consommant 9 litres aux 100, on dépasse facilement les 450 litres, soit plusieurs centaines d'euros selon le cours, sachant que l'essence est plus chère en Patagonie. L'hébergement va de 15 euros la nuit en camping ou dortoir à 80 euros et plus en hôtel confortable. Les repas coûtent de 8 à 25 euros selon que l'on cuisine ou que l'on dîne au restaurant. Les excursions phares pèsent lourd : navigation sur les glaciers, minitrekking, visites de parcs et entrées payantes peuvent ajouter 200 à 400 euros sur le voyage. En camping et en cuisinant, on peut descendre autour de 40 à 50 euros par jour. Prévoyez des espèces en pesos, car les petits villages n'acceptent pas toujours la carte, et le change évolue vite.

Conduite et sécurité

Le principal danger de la Ruta 40 n'est pas la circulation, faible, mais le vent latéral patagonien qui peut déporter le véhicule, surtout les hauts profils et les camping-cars : tenez le volant fermement et ralentissez aux rafales. Le ripio, ce gravier roulant, exige de réduire la vitesse à 40 ou 60 km/h, de garder ses distances pour éviter les projections de cailloux et de ne jamais freiner brutalement. Roulez exclusivement de jour : la nuit, le bétail, les guanacos et les nandous traversent sans prévenir et provoquent de nombreux accidents. Les distances entre stations-service imposent une règle absolue : faire le plein dès la moitié du réservoir et emporter un jerrican de secours pour les tronçons isolés. Emportez de l'eau, des vivres, une roue de secours en bon état et de quoi tenir en cas de panne loin de tout. Le réseau téléphonique est inexistant sur de longues portions. Avec ces précautions, la route est parfaitement sûre.

Gastronomie et spécialités

La Ruta 40 est aussi un voyage culinaire qui évolue avec les régions. Dans le Nord-Ouest, régalez-vous d'empanadas salteñas juteuses, de locro, de tamales et de humita, et arrosez le tout d'un torrontés de Cafayate. Dans le Cuyo, c'est le royaume du malbec de Mendoza, du chivito grillé et des asados généreux. En Patagonie, l'agneau rôti à la croix, le cordero al palo, est la star incontestée, accompagné de bières artisanales d'El Bolsón ou de Bariloche. Goûtez la truite des lacs andins, les fruits rouges et le chocolat de Bariloche, les confitures de cerises de Los Antiguos. Tout au sud, la centolla, l'araignée de mer géante d'Ushuaia, et la truite de mer de Río Grande sont des incontournables. Sans oublier le maté, le rituel omniprésent que l'on partage avec les Argentins, et les alfajores, ces biscuits fourrés au dulce de leche que l'on dévore sur la route.

Météo mois par mois

La fenêtre praticable s'étend de novembre à mars, l'été austral. En novembre, le printemps colore la Patagonie de fleurs et les foules sont encore absentes, mais certains cols d'altitude peuvent rester enneigés. Décembre, janvier et février sont le coeur de l'été : journées très longues, températures agréables au nord et fraîches au sud, mais c'est aussi la période la plus ventée et la plus touristique en Patagonie, avec des prix élevés et des réservations indispensables. Mars est souvent considéré comme idéal : moins de monde, vent qui faiblit, couleurs d'automne flamboyantes sur les forêts de lengas, et températures encore clémentes. Le Nord-Ouest, lui, est agréable presque toute l'année mais subit une saison des pluies estivale qui peut couper des pistes. Évitez l'hiver austral, de juin à septembre, où de nombreux tronçons et services patagoniens ferment.

Que mettre dans la valise ?

Le maître mot est le système multicouche, car vous traverserez en quelques semaines des climats allant du désert chaud d'altitude au froid venté du grand sud. Prévoyez des vêtements légers et une protection solaire renforcée pour le nord, où le soleil de la Puna est redoutable, et des couches chaudes, coupe-vent imperméable, polaire, bonnet et gants pour la Patagonie, où il peut geler même en été. De bonnes chaussures de randonnée sont indispensables pour El Chaltén. Emportez des lunettes de soleil de qualité, de la crème solaire haute protection, un chapeau, une gourde, une trousse de premiers secours et des médicaments contre le mal d'altitude pour le nord. Côté véhicule, ajoutez un jerrican, des sangles, une lampe, des câbles de démarrage et de quoi grignoter et boire en cas de panne. N'oubliez pas un adaptateur électrique, des espèces en pesos et les papiers du véhicule pour le passage au Chili.

Idée d'itinéraire jour par jour (3 semaines)

Jours 1 à 3 : arrivée à Salta ou Jujuy, acclimatation, La Quiaca, Quebrada de Humahuaca et Purmamarca. Jours 4 à 6 : Cachi, Parc Los Cardones, Quebrada de las Flechas et Cafayate avec ses bodegas. Jours 7 à 8 : longue descente vers Belén et Chilecito, détour possible vers Talampaya. Jours 9 à 10 : San Juan, Vallée de la Lune, puis Uspallata et l'Aconcagua. Jour 11 : Malargüe et le sud mendocin. Jours 12 à 13 : Chos Malal puis San Martín de los Andes et la Route des Sept Lacs. Jours 14 à 15 : Bariloche, Circuito Chico et repos. Jour 16 : El Bolsón et Esquel avec le Parc Los Alerces. Jours 17 à 18 : grande traversée de la steppe, Perito Moreno et la Cueva de las Manos. Jours 19 à 20 : El Chaltén et randonnées au Fitz Roy. Jour 21 : El Calafate et le glacier Perito Moreno, puis vol ou prolongation vers Ushuaia. Adaptez selon vos envies et le temps disponible.

Variantes et extensions

La Ruta 40 se prête à de nombreux détours. Au nord, on peut pousser jusqu'à Iruya, village accroché à la montagne au bout d'une piste vertigineuse, ou explorer les hauts volcans de la Puna catamarqueña en 4x4. Dans le Cuyo, une boucle par les bodegas de Mendoza et la Valle de Uco s'impose pour les amateurs de vin. En Patagonie, la péninsule Valdés sur la côte atlantique, à quelques centaines de kilomètres à l'est, offre l'une des plus belles observations de faune marine au monde, baleines, manchots, éléphants de mer et orques selon la saison. Côté ouest, on peut basculer au Chili par la mythique Carretera Austral, prolongement naturel de l'esprit de la Ruta 40. Enfin, depuis Ushuaia, certains s'offrent une croisière vers l'Antarctique, l'ultime extension. Tronçons à la carte ou intégrale, la Ruta 40 se module à l'infini selon le temps et l'envie.

Erreurs à éviter

La première erreur est de sous-estimer les distances et de vouloir tout faire trop vite : on s'épuise et on rate l'essentiel, qui est de prendre le temps. La deuxième est de partir avec un réservoir à moitié vide en Patagonie, faute fréquente qui peut tourner au cauchemar quand la station suivante est à sec. La troisième est de rouler de nuit, dangereux à cause de la faune et du bétail. La quatrième est de négliger le vent et le ripio en gardant une vitesse trop élevée. La cinquième est de partir hors saison, de juin à septembre, quand la Patagonie ferme. La sixième est d'oublier les papiers nécessaires au passage du Chili pour atteindre Ushuaia, ce qui peut bloquer à la frontière. Enfin, ne réservez pas trop tard les hébergements d'El Chaltén et El Calafate en été, sous peine de tout trouver complet. Anticipez, et la Ruta 40 vous le rendra au centuple.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire la Ruta 40 en entier ?

Comptez au minimum 3 semaines pour relier La Quiaca à Ushuaia sans courir, et plutôt 4 à 5 semaines si vous voulez profiter de la Patagonie, des glaciers et de la péninsule Valdés. La route fait près de 5 000 km et les distances entre deux villages dépassent souvent 200 km.

Dans quel sens parcourir la Ruta 40 ?

Du nord au sud, de La Quiaca à Ushuaia, est le sens le plus logique : on commence par les couleurs du Nord-Ouest argentin sous un climat sec et chaud, puis on descend progressivement vers la Patagonie et la Terre de Feu. On termine sur le clou du voyage, le bout du monde.

Quelle est la meilleure saison pour la Ruta 40 ?

De novembre à mars, l'été austral. C'est la seule période où la Patagonie est praticable : routes ouvertes, refuges et stations-service en activité, journées longues. Le coeur de l'été, de décembre à février, est idéal pour le sud mais très venté.

La Ruta 40 est-elle entièrement goudronnée ?

Non. La majorité est asphaltée, mais plusieurs tronçons restent en ripio (piste de gravier), surtout en Patagonie centrale entre Perito Moreno et Tres Lagos. Ces portions sont roulables avec une voiture normale en conduisant lentement, mais un 4x4 ou un véhicule haut est plus confortable.

Faut-il un 4x4 pour la Ruta 40 ?

Pas obligatoirement. Une berline ou un SUV compact suffit pour l'essentiel du parcours. Un 4x4 devient utile si vous comptez emprunter des détours non asphaltés, voyager hors saison ou rouler sur les longs tronçons de ripio patagonien sans stress.

Y a-t-il assez de stations-service sur la Ruta 40 ?

Dans le nord et le centre, oui, mais en Patagonie les stations YPF sont espacées de 150 à 300 km et tombent parfois en rupture de carburant. La règle d'or : faire le plein dès que la jauge atteint la moitié et emporter un jerrican de secours pour les tronçons isolés.

Peut-on louer une voiture pour toute la Ruta 40 ?

Oui, mais la location longue durée et en aller simple, prise dans le nord et rendue à Ushuaia, coûte cher à cause des frais d'abandon. Beaucoup de voyageurs louent par segments ou choisissent une boucle. Vérifiez que le contrat autorise le passage en ripio et la sortie du pays vers le Chili.

Comment passer en Terre de Feu jusqu'à Ushuaia ?

Depuis Río Gallegos, on traverse une portion du Chili : poste frontière de Monte Aymond, traversée du détroit de Magellan en ferry à Punta Delgada, puis retour en Argentine à San Sebastián avant de rejoindre Río Grande et Ushuaia. Prévoyez les papiers du véhicule pour le passage au Chili.

Quel budget prévoir pour la Ruta 40 ?

Comptez environ 70 à 120 euros par personne et par jour en voyage confortable, hébergement, repas, carburant et excursions inclus. Le carburant représente le gros poste sur 5 000 km. En camping et en cuisinant, on peut descendre à 40 euros par jour.

La Ruta 40 est-elle dangereuse à conduire ?

Le principal danger n'est pas la circulation mais le vent latéral patagonien, le ripio glissant et la fatigue sur de très longues étapes. On roule de jour, on évite la nuit à cause du bétail et des guanacos, et on adapte sa vitesse au gravier. Avec ces précautions, la route est sûre.

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