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Road trip Ring Road (Route 1) en Islande : le grand tour de l'île de Reykjavik à Reykjavik (boucle)

La Ring Road, ou Route 1, est l'unique route qui fait le tour complet de l'Islande : environ 1 330 kilomètres de cascades, de glaciers, de volcans, de plages de sable noir et de fjords. Voici l'itinéraire complet en 18 étapes, en boucle au départ de Reykjavik, avec la carte, la durée conseillée, le budget, la meilleure saison et tous nos conseils de terrain · prêt à lancer dans Google Maps.

Lagune glaciaire de Jökulsárlón avec ses icebergs flottants sur la Ring Road, sud-est de l'Islande
📍 Lagune glaciaire de Jökulsárlón · l'icône absolue de la Route 1 dans le sud-est islandais
Distance
~1 330 km
Durée conseillée
8 jours
Meilleure saison
Juin à août
Sens conseillé
Horaire (sud d'abord)

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Pourquoi faire le road trip de la Ring Road ?

La Ring Road est l'un des rares itinéraires au monde où l'on peut faire le tour complet d'un pays par une seule route, sans jamais avoir à revenir sur ses pas. En une boucle de huit jours, l'Islande vous offre une concentration de paysages qu'aucun autre territoire de cette taille ne réunit : des cascades qui tombent de falaises moussues, des glaciers qui vêlent dans des lagunes turquoise, des champs de lave figés, des plages de sable volcanique d'un noir d'encre, des geysers, des sources chaudes fumantes et des fjords découpés où ne vivent que des moutons et quelques pêcheurs.

Ce qui rend ce road trip unique, c'est le rythme des contrastes. Vous quittez le matin une vallée verdoyante parsemée de fermes, et l'après-midi vous traversez un désert de sandur gris où rien ne pousse. Vous photographiez une cascade sous un ciel bleu, et trois cols plus loin la brume avale la route. En Islande, le décor change tous les vingt minutes, et c'est précisément cette variété permanente qui fait que l'on ne s'ennuie jamais au volant, même sur les longues lignes droites du sud.

La Route 1 est aussi étonnamment accessible. Entièrement goudronnée, large et bien entretenue, elle se parcourt sans difficulté en voiture de tourisme. Pas besoin de 4x4 pour la boucle classique : les pistes des hautes terres, plus techniques, restent optionnelles. La signalisation est claire, les distances raisonnables (rarement plus de trois ou quatre heures de conduite par jour si l'on s'organise bien), et la sécurité routière excellente. La principale contrainte n'est pas la route, mais la météo, qui impose souplesse et anticipation.

Enfin, c'est un voyage qui se vit autant qu'il se regarde. On se baigne dans des sources chaudes naturelles au milieu de nulle part, on guette les macareux sur les falaises de Dyrhólaey, on marche sur un glacier crampons aux pieds, on dîne d'un ragoût d'agneau dans une guesthouse isolée pendant que le vent siffle dehors. La Ring Road n'est pas qu'un trajet : c'est une immersion totale dans une nature brute et vivante, où l'on se sent minuscule et privilégié à la fois. Que vous voyagiez en couple, en famille ou entre amis, c'est l'un des plus beaux road trips de la planète, et l'un des plus faciles à organiser soi-même.

La carte de l'itinéraire

Les 18 étapes principales, dans l'ordre, en boucle horaire depuis Reykjavik :

L'itinéraire étape par étape

1. Reykjavik · le départ

Point de départ

Tout commence dans la capitale la plus septentrionale du monde, une ville à taille humaine où les maisons de tôle colorée descendent vers le port. Avant de récupérer la voiture, accordez-vous au moins une journée pleine. Montez en haut de la tour de l'église Hallgrímskirkja, dont la silhouette en orgues de basalte domine la ville, pour un panorama à 360 degrés sur les toits multicolores et la baie de Faxaflói. Flânez dans la rue commerçante Laugavegur, poussez la porte de la salle de concert Harpa et son enveloppe de verre alvéolé, puis offrez-vous un hot-dog chez Bæjarins Beztu Pylsur, l'institution locale que tout Islandais a goûtée au moins une fois. Le soir, le quartier de Grandi propose microbrasseries et restaurants de poisson. Si vous arrivez tôt, une baignade dans l'une des piscines géothermiques de la ville, comme Laugardalslaug, est le meilleur moyen de prendre le pouls du pays : c'est ici que les Islandais se retrouvent, discutent et se détendent toute l'année dans une eau à 38 degrés. Faites le plein de courses au supermarché Bónus avant de partir, car les prix grimpent vite dès que l'on quitte la capitale.

2. Þingvellir · le berceau de l'Islande

~50 km · 0h45

Première étape du célèbre Cercle d'Or, le parc national de Þingvellir est un lieu doublement extraordinaire. Géologiquement, c'est l'un des seuls endroits au monde où la dérive des continents est visible à l'œil nu : vous marchez littéralement dans la faille qui sépare les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, dans un canyon de basalte fissuré qui s'élargit de quelques centimètres chaque année. Historiquement, c'est ici que se réunissait dès l'an 930 l'Alþingi, le plus ancien parlement du monde, où les chefs de clans se rassemblaient chaque été pour rendre la justice et proclamer les lois à voix haute depuis le rocher de la Loi. Suivez le sentier qui descend de l'esplanade d'Almannagjá jusqu'à la petite église et au lac Þingvallavatn, le plus grand lac naturel du pays. Les plongeurs équipés peuvent même s'immerger dans la faille de Silfra, dont l'eau de fonte filtrée par la lave offre une visibilité de plus de cent mètres et une clarté irréelle. Comptez une bonne heure et demie de visite pour le parcours principal, plus si vous explorez les sentiers secondaires vers la cascade d'Öxarárfoss.

3. Geysir · la terre qui crache

~60 km · 0h50

La zone géothermique de Haukadalur, dans la vallée du même nom, a donné son nom à tous les geysers du monde. Le Grand Geysir, aujourd'hui presque endormi, ne jaillit plus que de façon imprévisible, mais son voisin Strokkur prend joyeusement le relais toutes les cinq à dix minutes. Postez-vous au bord de la vasque turquoise et patientez : l'eau se bombe en une bulle bleutée parfaite avant d'exploser en une colonne de vapeur brûlante de quinze à vingt mètres de haut, sous les exclamations des visiteurs. Le spectacle est hypnotique et l'on a vite envie de rester pour la suivante. Tout autour, le sol fume de mares de boue bouillonnantes, de sources sulfureuses aux couleurs d'ocre et de turquoise, et de fumerolles qui rappellent à quel point on marche sur une chaudière naturelle. Respectez scrupuleusement les cordes et les sentiers : l'eau frôle les cent degrés et la croûte de terre est parfois trompeuse. De l'autre côté de la route, un grand bâtiment regroupe cafétéria, boutique et toilettes, pratique pour une pause déjeuner avant de poursuivre vers Gullfoss.

4. Gullfoss · la chute d'or

~10 km · 0h10

Troisième pilier du Cercle d'Or, Gullfoss, la cascade d'or, est l'une des plus puissantes d'Europe. La rivière Hvítá, gonflée par les eaux de fonte du glacier Langjökull, s'engouffre en deux paliers successifs dans un canyon profond avant de disparaître dans un nuage de brume permanent. Par beau temps, l'arc-en-ciel qui se forme dans les embruns ajoute à la magie de son nom. Un sentier aménagé permet d'approcher au plus près du rebord, parfois jusqu'à se faire arroser, alors prévoyez une veste imperméable. L'histoire du lieu vaut le détour : au début du vingtième siècle, des investisseurs voulurent harnacher la cascade pour produire de l'électricité. C'est une jeune fermière des environs, Sigríður Tómasdóttir, qui mena un combat acharné pour la sauver, menaçant de se jeter dans les flots, et l'on considère aujourd'hui son action comme l'un des actes fondateurs de la protection de la nature en Islande. Une plaque lui rend hommage sur le belvédère supérieur. Après Gullfoss, la boucle du Cercle d'Or se referme : il est temps de rejoindre la Route 1 et de mettre le cap au sud, vers le pays des grandes cascades.

5. Seljalandsfoss · la cascade que l'on contourne

~110 km · 1h30

De retour sur la Route 1, le sud de l'Islande déroule ses plaines verdoyantes ponctuées de fermes isolées, avec en toile de fond la ligne des glaciers. Seljalandsfoss surgit au bord de la route, reconnaissable de loin à son filet d'eau de soixante mètres qui tombe d'une ancienne falaise marine. Sa singularité : un sentier passe derrière le rideau d'eau, permettant de faire le tour complet de la cascade et de la photographier de l'intérieur, dans un fracas humide où l'on se fait copieusement éclabousser. Chaussures qui adhèrent et vêtement de pluie indispensables, surtout au coucher du soleil quand la lumière traverse la chute et la transforme en voile doré. À quelques centaines de mètres sur le même chemin, ne manquez pas Gljúfrabúi, une cascade secrète cachée à l'intérieur d'une fissure rocheuse : il faut patauger dans un ruisseau et se faufiler entre les parois pour la découvrir, tapie dans sa grotte comme un trésor. C'est l'un de ces moments où l'Islande récompense ceux qui sortent un peu des sentiers balisés.

6. Skógafoss · le mur d'eau et l'escalier du ciel

~30 km · 0h25

Quelques kilomètres plus loin, Skógafoss compense la finesse de Seljalandsfoss par sa puissance. Large de vingt-cinq mètres et haute de soixante, cette muraille d'eau tombe d'un seul jet dans un grondement qui se sent dans la poitrine. On peut s'avancer jusqu'au pied de la chute, dans la zone d'embruns où les arcs-en-ciel se forment dès qu'un rayon perce. Une légende veut qu'un coffre rempli d'or des premiers colons soit caché derrière le rideau d'eau. Pour les plus courageux, un escalier métallique grimpe sur le flanc droit jusqu'à un belvédère vertigineux qui domine la cascade : de là part le célèbre sentier de randonnée de Fimmvörðuháls, qui longe une succession de plus de vingt autres chutes en remontant la rivière vers les hautes terres. Même une heure de marche sur ce chemin offre des vues splendides loin de la foule. Le village voisin abrite un musée folklorique avec maisons en tourbe reconstituées, intéressant pour comprendre la dureté de la vie paysanne d'autrefois. C'est aussi un bon point de ravitaillement et d'essence avant d'attaquer la zone de Vík.

7. Vík í Mýrdal · sable noir et aiguilles de basalte

~35 km · 0h30

Vík est le village le plus méridional d'Islande, lové entre la mer et les contreforts du glacier Mýrdalsjökull, sous lequel sommeille le redoutable volcan Katla. Sa petite église blanche perchée sur la colline est l'un des points de vue cartes postales du pays. Mais la star de la région est la plage de Reynisfjara, à quelques minutes à l'ouest : un long ruban de sable d'un noir absolu, bordé d'orgues de basalte hexagonales formant un escalier géant que l'on peut escalader, et d'une grotte sombre digne d'un décor de cinéma. Au large se dressent les aiguilles rocheuses de Reynisdrangar, que la légende dit être des trolls pétrifiés par le lever du jour. Attention, cette plage est magnifique mais dangereuse : les vagues scélérates, appelées sneaker waves, remontent sans prévenir bien plus haut sur le sable et ont déjà emporté des visiteurs. Ne tournez jamais le dos à l'océan et restez loin de l'eau. Depuis le promontoire voisin de Dyrhólaey, accessible par une petite route, on embrasse une arche rocheuse spectaculaire et, en début d'été, des colonies de macareux nichant dans la falaise. Vík fait une excellente étape-nuit, avec quelques hôtels, une station-service, un supermarché et un célèbre atelier de tricot de laine.

8. Skaftafell · au pied du plus grand glacier d'Europe

~140 km · 1h45

La route vers l'est traverse l'immense plaine du Eldhraun, un champ de lave moussu issu de l'éruption cataclysmique du Laki en 1783, puis le sandur du Skeiðará, vaste désert d'alluvions glaciaires balayé par le vent. On entre alors dans le parc national du Vatnajökull, qui abrite la plus grande calotte glaciaire d'Europe hors Arctique. Le secteur de Skaftafell est une oasis verte au pied des glaces, point de départ des plus belles randonnées du sud. Le sentier vedette mène en une petite heure à Svartifoss, la cascade noire, dont l'eau tombe devant une paroi d'orgues de basalte effilées comme des tuyaux d'orgue : c'est cette formation qui a inspiré l'architecture de Hallgrímskirkja à Reykjavik. D'autres chemins grimpent vers des points de vue dominant la langue glaciaire de Skaftafellsjökull, hérissée de séracs bleutés et striée de cendres volcaniques. C'est aussi ici que l'on réserve les excursions guidées sur le glacier, crampons et piolet fournis : marcher sur cette immensité craquante, longer ses crevasses turquoise et ses moulins où l'eau plonge dans la glace, est une expérience inoubliable et parfaitement encadrée. Comptez une demi-journée minimum pour profiter de Skaftafell.

9. Jökulsárlón · la lagune aux icebergs

~55 km · 0h45

S'il ne fallait retenir qu'une image de la Ring Road, ce serait sans doute celle-ci. Jökulsárlón est une lagune glaciaire née du recul du glacier Breiðamerkurjökull, où flottent en silence des icebergs aux teintes de bleu électrique, de blanc laiteux et de noir veiné de cendre. Les blocs de glace, parfois gros comme des immeubles, dérivent lentement vers la mer en se retournant et en craquant, tandis que des phoques pointent la tête entre eux. On peut faire le tour à pied du rivage, ou embarquer pour une excursion en bateau amphibie ou en zodiac qui se faufile entre les glaces, au plus près de leur bleu profond. Juste de l'autre côté de la route, ne manquez surtout pas la Diamond Beach : les icebergs qui ont rejoint l'océan reviennent s'échouer sur la plage de sable noir, où ils fondent en blocs translucides scintillant comme des diamants posés sur le velours sombre. Le contraste de la glace transparente sur le sable d'encre, avec les vagues qui viennent lécher les fragments, est l'une des scènes les plus photographiées d'Islande. Venez tôt le matin ou tard le soir pour éviter les cars de touristes et profiter de la lumière rasante. Un kiosque sert café et soupe sur place, bienvenue car le vent y est souvent glacial.

10. Höfn · le village de la langoustine

~80 km · 1h00

La route file ensuite le long de la côte sud-est, coincée entre l'océan et la muraille de glaciers du Vatnajökull qui descendent presque jusqu'à la mer. Höfn, dont le nom signifie tout simplement le port, est une petite ville de pêcheurs blottie au bout d'une presqu'île, réputée dans tout le pays pour sa langoustine, le humar. Plusieurs restaurants en font leur spécialité, servie grillée à l'ail ou en soupe crémeuse : c'est l'occasion de s'offrir un vrai repas islandais après plusieurs jours de pique-niques. Par temps clair, le panorama sur la chaîne glaciaire qui se reflète dans le lagon est saisissant, surtout au coucher du soleil quand les langues de glace virent au rose. Höfn fait une étape-nuit logique avant la longue route vers les fjords de l'Est, avec hôtels, guesthouses, supermarché et station-service. C'est aussi un bon endroit pour souffler, faire une lessive et planifier la suite, car les services se raréfient nettement dans le secteur des fjords qui s'annonce. Si le temps le permet, une courte promenade sur la jetée au crépuscule, avec les oiseaux marins et l'odeur de l'iode, donne le sentiment d'être vraiment au bout du monde.

11. Les fjords de l'Est · la route sauvage

~130 km · 2h00

C'est sans doute le tronçon le plus méconnu et le plus paisible de la Ring Road. Passé Höfn, la route épouse une succession de fjords profonds entaillés dans des montagnes abruptes, alternant longues lignes droites au bord de l'eau et cols qui montent dans la brume. Les villages de pêcheurs se font rares et minuscules : Djúpivogur, charmant petit port qui cultive la lenteur et arbore une étrange collection d'œufs géants en pierre le long de sa jetée ; Breiðdalsvík et ses maisons disséminées ; Stöðvarfjörður, célèbre pour la collection de pierres et de minéraux qu'une habitante, Petra, a patiemment rassemblée toute sa vie dans son jardin, devenu un musée touchant. On croise plus de moutons et de rennes que de voitures, et les nuages s'accrochent en permanence aux sommets. Faites le plein quand vous en avez l'occasion, car les stations sont espacées. Un détour très recommandé mène à Seyðisfjörður, par une route de montagne spectaculaire qui redescend vers un fjord encaissé : ce village d'artistes aux maisons de bois colorées, avec sa rue arc-en-ciel menant à l'église bleue, est l'un des plus photogéniques du pays et accueille le ferry venu du Danemark.

12. Egilsstaðir · la capitale de l'Est

~70 km · 1h00

Au cœur de l'Est islandais, Egilsstaðir est la plus grande ville de la région, posée au bord du long lac Lagarfljót dans lequel vivrait, selon une légende tenace, un monstre serpentin cousin du Loch Ness. C'est avant tout un carrefour pratique : supermarché bien achalandé, stations-service, hôtels, restaurants et un aéroport régional. On y refait le plein de courses et d'énergie avant d'attaquer le nord. Aux alentours, la vallée abrite la plus vaste forêt naturelle d'Islande, Hallormsstaðaskógur, qui fait figure d'exception dans ce pays quasiment dépourvu d'arbres. Les amateurs de cascades pousseront jusqu'à Hengifoss, la troisième plus haute du pays, dont l'eau tombe de plus de cent mètres devant une paroi striée de bandes rouges d'argile et de basalte noir : comptez une heure et demie de marche aller-retour, avec en chemin la jolie chute de Litlanesfoss encadrée d'orgues de basalte. Egilsstaðir constitue une bonne étape-nuit si vous n'avez pas dormi à Seyðisfjörður, et marque le moment où la Ring Road tourne le dos à la mer pour traverser les hautes terres désertiques du nord-est.

13. Dettifoss · la cascade la plus puissante d'Europe

~165 km · 2h15

La route qui relie l'Est au lac Mývatn traverse un haut plateau désolé, le Möðrudalur, plus haut hameau habité du pays, où le paysage se réduit à une steppe minérale battue par les vents, parsemée de plaques de neige même en été. Un détour incontournable mène à Dettifoss, la cascade la plus puissante d'Europe par son débit. Imaginez un mur d'eau gris-brun, chargé de sédiments glaciaires, large de cent mètres et haut de quarante-quatre, qui s'effondre dans un canyon noir avec une violence qui fait trembler le sol et soulève un brouillard permanent visible à des kilomètres. Le grondement est assourdissant, presque effrayant : on se sent tout petit face à cette force brute. Deux accès existent, de part et d'autre du canyon ; la rive ouest, goudronnée, offre la vue la plus dégagée. Tout près, en amont, la chute de Selfoss, plus large et plus basse, mérite la courte marche supplémentaire. Le canyon de Jökulsárgljúfur dans lequel s'engouffrent ces eaux fait partie du parc national du Vatnajökull et abrite plus au nord l'amphithéâtre rocheux d'Ásbyrgi, en forme de fer à cheval que la mythologie attribue au sabot du cheval d'Odin.

14. Mývatn · le lac aux mille merveilles géothermiques

~55 km · 0h45

La région du lac Mývatn est un concentré de l'activité volcanique islandaise, un véritable musée à ciel ouvert de la géologie. Le lac lui-même, peu profond et constellé d'îlots, est l'un des meilleurs spots d'observation des oiseaux d'eau du pays, fréquenté par des dizaines d'espèces de canards. Tout autour, les curiosités s'enchaînent : les pseudo-cratères de Skútustaðir, formés par des explosions de vapeur sous la lave ; le labyrinthe de coulées figées et d'arches de lave de Dimmuborgir, la cité noire, où le folklore loge les trolls de Noël ; le cône de cendres parfait du Hverfjall, que l'on peut gravir pour une vue plongeante sur la caldeira ; et, de l'autre côté du col, le champ géothermique de Hverir, surréaliste avec ses mares de boue grise qui glougloutent et ses fumerolles sifflantes dans un sol ocre et soufré qui sent l'œuf pourri. Plus haut, la zone de Krafla et son cratère rempli d'eau émeraude, Víti, témoignent d'éruptions récentes. Pour terminer la journée, rien de mieux qu'un bain dans les Mývatn Nature Baths, le pendant nordique et plus intime du Blue Lagoon, dont l'eau laiteuse à 38 degrés se fond dans un panorama de montagnes : moins fréquenté, moins cher, tout aussi reposant.

15. Goðafoss · la cascade des dieux

~50 km · 0h40

En route vers Akureyri, la Route 1 longe Goðafoss, la cascade des dieux, l'une des plus élégantes d'Islande. Sur près de trente mètres de large, la rivière Skjálfandafljót se divise en un gracieux fer à cheval avant de chuter d'une douzaine de mètres dans un bassin bleu-vert, formant un rideau parfaitement symétrique. Son nom renvoie à un épisode fondateur de l'histoire du pays : vers l'an 1000, lorsque l'Islande adopta officiellement le christianisme, le chef et juge païen Þorgeir aurait jeté dans ces eaux les statues de ses anciens dieux nordiques, scellant la conversion. On peut admirer la cascade des deux rives, reliées par un pont, et descendre par des sentiers aménagés pour varier les angles : la rive est offre la vue d'ensemble classique, la rive ouest permet de s'approcher au plus près du tumulte. C'est un arrêt rapide mais immanquable, parfait en fin de journée quand la lumière dorée caresse l'écume. Une station-service et un café se trouvent à proximité immédiate du parking, pratique pour une pause avant de rejoindre la capitale du Nord.

16. Akureyri · la capitale du Nord

~50 km · 0h40

Lovée au fond du plus long fjord du pays, l'Eyjafjörður, Akureyri est la deuxième ville d'Islande et la grande métropole du Nord, même si elle ne compte que dix-huit mille habitants. Son atmosphère est plus douce et plus arborée qu'ailleurs, protégée des vents par les montagnes : on y trouve même un joli jardin botanique, l'un des plus septentrionaux du monde, où s'épanouissent des plantes venues du globe entier. Le centre piéton, ramassé et chaleureux, aligne cafés, restaurants, boutiques de laine et microbrasseries ; ne manquez pas les feux de circulation au cœur rouge, devenus l'emblème souriant de la ville. L'église moderniste perchée sur sa colline, œuvre du même architecte que Hallgrímskirkja, vaut le coup d'œil. Akureyri est aussi le port d'attache des excursions d'observation des baleines, qui partent du fjord voisin de Húsavík, la capitale mondiale du genre, où les chances d'apercevoir baleines à bosse, petits rorquals et même baleines bleues sont parmi les plus élevées de la planète. C'est une étape-nuit idéale pour souffler avant le dernier grand tronçon, avec un large choix d'hébergements et de bonnes tables. Profitez-en pour goûter une glace artisanale chez Brynja, institution locale ouverte par tous les temps.

17. Hvítserkur · le dragon de pierre du nord-ouest

~190 km · 2h30

Le retour vers Reykjavik impose un long tronçon à travers le nord, qui traverse des vallées agricoles et la péninsule de Vatnsnes, réputée pour ses colonies de phoques. Sur sa côte est se dresse Hvítserkur, un rocher de quinze mètres de haut planté dans la mer, percé de deux arches qui lui donnent l'allure d'un dragon ou d'un éléphant venant boire. La légende, fidèle au folklore islandais, en fait un troll pétrifié par le soleil alors qu'il tentait de détruire une église. À marée basse, on peut descendre sur la plage de sable noir pour s'en approcher, et les oiseaux marins qui le couvrent de leurs nids ajoutent à son caractère. C'est un détour de quelques kilomètres depuis la Route 1, parfait pour couper la longue route du nord-ouest. Le secteur abrite aussi de petits sites de baignade géothermique sauvages et des fermes proposant l'observation des phoques. Si le temps presse, on peut filer directement vers Borgarnes par la Route 1, mais ce coin tranquille, loin des foules du sud, mérite vraiment une halte pour qui aime les paysages bruts et les légendes.

18. Borgarnes · retour vers Reykjavik (boucle)

~130 km · 1h45

Dernier grand relais avant de boucler la boucle, Borgarnes s'étire sur une presqu'île au bord du fjord de Borgarfjörður, dans une région riche en histoire et en sagas. Le centre du patrimoine local, le Settlement Center, raconte de façon vivante l'arrivée des premiers colons vikings et la vie tumultueuse du poète guerrier Egill Skallagrímsson, héros de l'une des plus célèbres sagas islandaises. Aux alentours, plusieurs merveilles méritent un détour si vous avez encore une demi-journée : la cascade lavique de Hraunfossar, où l'eau jaillit en mille filets directement du dessous d'un champ de lave sur des centaines de mètres, voisine de la tumultueuse Barnafoss ; et Deildartunguhver, la source chaude la plus puissante d'Europe, qui crache cent quatre-vingts litres d'eau bouillante par seconde. De là, la Route 1 file plein sud, traverse le tunnel sous-marin de Hvalfjörður qui raccourcit considérablement le trajet, et ramène à Reykjavik en moins d'une heure. La boucle est bouclée : vous avez fait le tour complet de l'Islande. Si vous disposez de jours supplémentaires, c'est précisément depuis Borgarnes que part la route vers la sublime péninsule de Snæfellsnes, surnommée l'Islande en miniature.

Infos pratiques & conseils

Combien de jours prévoir ?

La Ring Road fait environ 1 330 kilomètres, mais ce chiffre est trompeur : ce n'est pas la distance qui compte, c'est le nombre d'arrêts. Boucler le tour en 5 ou 6 jours est possible, mais vous passerez l'essentiel du temps au volant et survolerez les sites sans pouvoir randonner ni vous attarder. Huit jours est le rythme que nous conseillons : il laisse environ deux à trois heures de route par jour en moyenne, le reste étant consacré aux visites, aux marches et aux baignades. Avec 10 à 12 jours, vous pouvez intégrer confortablement la péninsule de Snæfellsnes, les fjords de l'Ouest (Westfjords), ou une journée dans les hautes terres à Landmannalaugar. En dessous de 7 jours, mieux vaut renoncer à une portion (par exemple ne pas faire toute la boucle et se concentrer sur le sud, le plus dense en merveilles).

Location de voiture

Récupérez le véhicule à l'aéroport de Keflavík ou à Reykjavik, et rendez-le au même endroit puisque c'est une boucle, ce qui évite tout frais d'abandon. Pour la Route 1 classique, une voiture de tourisme suffit amplement : elle est entièrement goudronnée. Un petit SUV ou un break offre plus de confort et de garde au sol pour les quelques détours sur pistes en gravier (vers Dyrhólaey, Hvítserkur ou certaines cascades), mais le 4x4 n'est indispensable que si vous comptez emprunter les pistes F des hautes terres, interdites aux voitures normales et fermées hors été. Souscrivez impérativement les assurances complémentaires gravel protection (projections de graviers) et sand and ash protection (sable et cendres, surtout dans le sud), car les dégâts sont fréquents et coûteux. Le van aménagé est une option très populaire qui combine transport et hébergement. Vérifiez la politique de carburant et prenez des photos détaillées du véhicule au départ.

Où dormir, zone par zone

Sud (Vík, Skógar, Kirkjubæjarklaustur) : c'est la zone la plus touristique, donc la plus chère et la plus vite complète. Réservez très tôt à Vík, qui est l'étape-nuit la plus logique après le Cercle d'Or. Les guesthouses de ferme aux alentours sont souvent moins chères et plus authentiques.

Sud-est (Höfn, Skaftafell) : Höfn offre le plus de choix, de l'hôtel à la guesthouse. Skaftafell dispose d'un grand camping et de quelques hébergements pris d'assaut en été. Dormir ici permet d'être à pied d'œuvre pour les glaciers dès le matin.

Est (Egilsstaðir, Seyðisfjörður, Djúpivogur) : Egilsstaðir concentre les services ; Seyðisfjörður est plus charmant mais limité en lits. Réservez à l'avance pour le second.

Nord (Mývatn, Akureyri) : la région du Mývatn propose hôtels, fermes et campings ; Akureyri est la ville la mieux équipée du Nord, idéale pour une vraie pause confort.

Ouest (Borgarnes, Snæfellsnes) : Borgarnes est pratique et bien situé pour rentrer ; les guesthouses de la péninsule de Snæfellsnes sont un délice si vous prolongez. Dans tous les cas, en juillet et août, réservez deux à trois mois à l'avance, car l'offre est limitée et la demande énorme.

Budget détaillé

L'Islande est l'un des pays les plus chers d'Europe, autant le savoir. Voici des ordres de grandeur par personne, hors vol international.

Voiture : de 50 à 90 euros par jour pour une compacte en été, davantage pour un SUV ou un van (de 90 à 180 euros), assurances comprises. Sur 8 jours, comptez 500 à 900 euros par véhicule.

Carburant : autour de 2 euros le litre. La boucle complète avec détours représente environ 1 600 km, soit grosso modo 120 à 180 euros de carburant selon la consommation.

Hébergement : de 25 à 40 euros la nuit en camping ou dortoir, de 90 à 160 euros la chambre double en guesthouse ou hôtel modeste, davantage en haute saison.

Nourriture : un plat au restaurant tourne autour de 25 à 40 euros, une soupe avec pain 15 à 20 euros. Faire ses courses chez Bónus ou Krónan et cuisiner réduit fortement la note. Comptez 25 à 40 euros par jour si vous cuisinez, le double si vous mangez dehors.

Activités : marche sur glacier 100 à 150 euros, sortie baleines 90 à 110 euros, bateau à Jökulsárlón 50 à 90 euros, entrée d'un bain géothermique 30 à 80 euros selon le site. Au total, un road trip de 8 jours revient en moyenne à 120 à 180 euros par personne et par jour hors vol, soit 1 000 à 1 500 euros par personne pour la boucle, modulable selon votre niveau de confort.

Conduite et sécurité

La conduite en Islande est facile mais demande de la vigilance face à des dangers spécifiques. Le vent est l'ennemi numéro un : des rafales peuvent arracher une portière (vérifiez votre assurance, car ce sinistre est rarement couvert) ou déstabiliser un van. Ne sortez jamais du véhicule sans tenir fermement la porte. Les moutons divaguent librement et surgissent sur la chaussée : ralentissez à leur approche. De nombreux ponts à voie unique (einbreið brú) imposent de céder le passage au premier arrivé. Les tunnels peuvent eux aussi être à voie unique avec des aires d'évitement. La conduite hors piste est strictement interdite et lourdement sanctionnée, car elle détruit une végétation fragile. Allumez vos phares en permanence, c'est obligatoire. Consultez chaque matin road.is pour l'état des routes et vedur.is pour la météo et les alertes de vent. En cas de tempête, le bon réflexe est d'attendre, pas de forcer. Le numéro d'urgence est le 112, et une application du même nom permet de signaler sa position aux secours.

Gastronomie et spécialités

La cuisine islandaise mise sur des produits bruts et de grande qualité. L'agneau, élevé en liberté dans les montagnes, est exceptionnel, souvent servi en ragoût (kjötsúpa) ou rôti. Le poisson est partout : morue, flétan, omble chevalier, et surtout la fameuse langoustine de Höfn. Le hot-dog islandais (pylsa), garni d'oignons frits et de sauces, est le snack national, bon marché et délicieux. Le skyr, à mi-chemin entre yaourt et fromage frais, accompagne tous les petits-déjeuners. Côté audace, les plus curieux goûteront le requin faisandé (hákarl) à l'odeur ammoniaquée, ou la viande de baleine et de macareux, dont la consommation reste toutefois controversée. Le pain de seigle cuit à la vapeur géothermique (rúgbrauð), parfois sorti directement du sol au Mývatn, est une curiosité savoureuse. Pour l'apéritif, la microbrasserie locale et le brennivín, eau-de-vie de pomme de terre surnommée la mort noire, complètent le tableau. N'oubliez pas : l'eau du robinet est parmi les plus pures du monde, inutile d'acheter de l'eau en bouteille.

Météo mois par mois

Juin : journées immenses grâce au soleil de minuit, routes ouvertes, nature qui verdit, macareux présents. Temps frais (8 à 13 degrés) et variable. Excellent compromis.

Juillet et août : la haute saison, la plus chaude (jusqu'à 15 degrés), avec toutes les pistes accessibles, mais aussi le plus de monde et les prix les plus élevés. Réservation indispensable.

Septembre : couleurs d'automne, premières aurores boréales dès que la nuit revient, fréquentation en baisse, routes encore ouvertes. Notre mois préféré pour qui veut combiner la boucle et les aurores.

Octobre à avril : l'hiver islandais, magnifique mais exigeant. Peu de lumière, neige et verglas, certaines portions difficiles voire fermées (notamment l'Est et le nord-est), tempêtes fréquentes. La boucle complète est risquée et déconseillée aux conducteurs non aguerris ; mieux vaut alors se limiter au sud avec un 4x4 et une grande flexibilité.

Mai : la nature s'éveille, les jours s'allongent, l'affluence reste modérée. Bon mois de transition, même si quelques pistes d'altitude restent fermées.

Que mettre dans la valise

Le maître-mot est la superposition de couches, car le temps change en quelques minutes. Prévoyez : une veste imperméable et coupe-vent de qualité (indispensable près des cascades), une polaire ou doudoune légère, des sous-couches thermiques, un pantalon de randonnée déperlant, un bonnet et des gants même en été. Des chaussures de marche imperméables à bonne adhérence sont essentielles pour les sentiers humides et les plages de basalte glissantes. N'oubliez pas le maillot de bain et une serviette à séchage rapide pour les innombrables sources chaudes et piscines, un masque de sommeil pour dormir malgré le jour permanent en été, des lunettes de soleil (la lumière rasante éblouit), et une batterie externe. Une gourde se remplit partout, l'eau étant excellente. Côté pratique, prévoyez une glacière souple pour les courses, des sacs pour le linge mouillé, et une carte de crédit (le pays est quasiment sans cash, la carte passe partout, y compris aux pompes à essence où elle est souvent obligatoire la nuit).

Idée d'itinéraire jour par jour (8 jours)

Jour 1 : arrivée et nuit à Reykjavik, visite de la ville, courses et récupération de la voiture.

Jour 2 : Cercle d'Or (Þingvellir, Geysir, Gullfoss), puis descente vers le sud, nuit vers Hvolsvöllur ou Vík.

Jour 3 : Seljalandsfoss, Skógafoss, Reynisfjara et Dyrhólaey, nuit à Vík.

Jour 4 : route vers l'est, randonnée à Skaftafell, Jökulsárlón et Diamond Beach, nuit à Höfn ou Skaftafell.

Jour 5 : traversée des fjords de l'Est, détour à Seyðisfjörður, nuit à Egilsstaðir.

Jour 6 : Dettifoss, région du Mývatn (Hverir, Dimmuborgir, bains nature), nuit au Mývatn.

Jour 7 : Goðafoss, Akureyri, éventuellement sortie baleines à Húsavík, nuit à Akureyri.

Jour 8 : longue route du nord-ouest, détour à Hvítserkur, cascades de Borgarfjörður, retour à Reykjavik. Ajoutez 2 jours pour Snæfellsnes au jour 8 et 9 si possible.

Variantes et extensions

La boucle de base se prolonge facilement. La plus accessible et la plus gratifiante est la péninsule de Snæfellsnes, à l'ouest, surnommée l'Islande en miniature car elle concentre en une journée glacier, plages, falaises à oiseaux, villages de pêcheurs et la montagne photogénique de Kirkjufell : ajoutez un à deux jours. Plus exigeants, les fjords de l'Ouest (Westfjords), au nord-ouest, offrent une nature spectaculaire et déserte avec l'immense falaise à oiseaux de Látrabjarg et la cascade Dynjandi, mais imposent de nombreux kilomètres de pistes et trois à quatre jours supplémentaires. Pour une dose d'aventure, les hautes terres (Landmannalaugar et ses montagnes de rhyolite multicolores, ou la vallée de Þórsmörk) nécessitent un 4x4 et l'ouverture estivale des pistes F. Enfin, beaucoup réservent leur dernier jour au célèbre Blue Lagoon, proche de l'aéroport, pour un bain de fin de voyage avant le vol retour : pensez à réserver votre créneau à l'avance.

Erreurs à éviter

La plus fréquente est de sous-estimer le temps : on veut tout voir en 5 jours et on finit épuisé, à enchaîner les arrêts photo sans rien savourer. Mieux vaut faire moins, mais mieux. Deuxième erreur, négliger la météo et le vent : forcer le passage par tempête est dangereux, et ouvrir une portière face au vent peut coûter très cher. Troisième piège, ne pas réserver les hébergements en haute saison, ce qui peut vous laisser sans lit dans des régions où l'offre est rare. Évitez aussi de tomber en panne sèche : faites le plein dès que vous croisez une station dans les zones isolées de l'Est et du Nord. Ne tournez jamais le dos à l'océan sur les plages de sable noir, à cause des vagues scélérates. Ne roulez jamais hors piste, c'est interdit et destructeur. Enfin, n'oubliez pas que tout est plus cher qu'ailleurs : budgétez large, faites vos courses en supermarché, et ne vous attendez pas à des prix européens pour l'essence ou les restaurants.

Les sources chaudes et piscines à ne pas manquer

Se baigner dans une eau chaude naturelle en plein air est l'une des expériences les plus typiquement islandaises, et la Ring Road en offre une belle palette. Les plus connues sont les bains payants et aménagés : le Blue Lagoon près de l'aéroport, spectaculaire mais cher et très fréquenté ; les Mývatn Nature Baths au nord, son équivalent plus intime et moins onéreux ; le Sky Lagoon aux portes de Reykjavik, avec son bassin à débordement face à l'océan ; les Vök Baths près d'Egilsstaðir, flottant sur un lac ; ou encore les GeoSea Baths de Húsavík, dont l'eau salée surplombe la baie aux baleines. Mais le vrai trésor islandais, ce sont les piscines municipales (sundlaug), présentes dans presque chaque village : pour quelques euros, on profite de bassins chauffés géothermiquement et de plusieurs jacuzzis (hot pots) où se réunissent les habitants. Enfin, pour les aventuriers, des sources sauvages et gratuites parsèment l'île, comme la rivière chaude de Reykjadalur près de Hveragerði (une heure de marche), la piscine isolée de Seljavallalaug nichée dans une vallée du sud, ou le hot pot de Hoffell près de Höfn. Respectez partout la règle d'or islandaise : on se douche nu et soigneusement au savon avant d'entrer dans l'eau, c'est une question d'hygiène et de respect.

Voyager avec des enfants

La Ring Road se prête très bien à un voyage en famille, à condition d'adapter le rythme. Les enfants adorent les cascades que l'on peut approcher, les plages de sable noir, les phoques de Jökulsárlón et les chevaux islandais croisés au bord de la route. Les piscines géothermiques sont leur paradis, avec toboggans et bassins chauds dans la plupart des villes. Réduisez les distances quotidiennes (deux heures de route maximum entre deux pôles d'intérêt), prévoyez des pauses fréquentes et de quoi grignoter, car les restaurants sont espacés. Méfiez-vous des bords de cascades et de falaises souvent non sécurisés, et tenez fermement les plus jeunes sur les plages à vagues scélérates. Les locations de van familial ou les guesthouses avec cuisine facilitent grandement la logistique des repas. En été, le jour permanent perturbe le sommeil : masques de nuit et rideaux occultants sont vos alliés. Une boucle de 9 ou 10 jours plutôt que 7 laisse le temps de souffler et de transformer chaque journée en aventure plutôt qu'en marathon.

Connexion, applications et téléphone

La couverture mobile (4G) est étonnamment bonne le long de la Route 1, y compris dans des zones reculées, même si elle se raréfie dans les hautes terres et certains fjords. Une carte SIM locale prépayée (Síminn, Nova ou Vodafone), achetée à l'aéroport ou en supermarché, ou un forfait européen avec data, vous gardera connecté pour la navigation et la météo. Quelques applications sont précieuses : road.is et son application pour l'état des routes en temps réel, Vedur pour la météo détaillée et les alertes de vent, l'application 112 Iceland qui transmet votre position aux secours en cas d'urgence, et une application d'aurores boréales en automne pour suivre l'indice KP et la couverture nuageuse. Téléchargez vos cartes hors ligne par sécurité. Les prises électriques sont de type européen (type F, 230 V), inutile d'emporter un adaptateur si vous venez de France.

Aurores boréales : quand et comment les voir

Voir danser les aurores boréales est le rêve de beaucoup de voyageurs, mais il faut réunir trois conditions. D'abord l'obscurité : impossible de les apercevoir entre mi-mai et début août à cause du jour quasi permanent. La saison s'étend de fin septembre à mi-avril, avec un pic autour des équinoxes. Ensuite un ciel dégagé, le pire ennemi étant la couverture nuageuse, fréquente en Islande : il faut parfois rouler pour trouver une trouée. Enfin une activité solaire suffisante, mesurée par l'indice KP, que des sites et applications prévoient à quelques jours. Le grand avantage de la Ring Road en septembre ou début octobre est de combiner routes encore ouvertes et nuits désormais assez sombres. Éloignez-vous des lumières des villages, laissez vos yeux s'habituer à la nuit une vingtaine de minutes, et armez-vous de patience et de vêtements très chauds. Pour les photos, un trépied et un appareil capable de poses longues (quelques secondes à ISO élevé) sont indispensables. Et même un voile vert discret à l'œil nu peut devenir spectaculaire sur le capteur.

Faune et observation des animaux

L'Islande compte peu d'espèces terrestres, mais sa faune reste fascinante. Le cheval islandais, petit, robuste et doté d'une cinquième allure unique, le tölt, broute partout au bord des routes ; de nombreuses fermes proposent des balades. Le mouton, omniprésent, est emblématique mais aussi un danger routier. Les macareux moines, avec leur bec coloré, nichent de mai à août sur les falaises comme à Dyrhólaey, Borgarfjörður eystri ou les îles Vestmann. Les phoques se reposent à Jökulsárlón, sur la péninsule de Vatnsnes ou à Ytri-Tunga sur Snæfellsnes. Au large, les baleines font la réputation de Húsavík, mais aussi d'Akureyri et de Reykjavik : baleines à bosse, petits rorquals, dauphins à bec blanc, et parfois l'immense baleine bleue. Le renne, introduit au dix-huitième siècle, vit dans l'Est. Et le seul mammifère terrestre indigène, le discret renard polaire, hante surtout les fjords de l'Ouest. Observez toujours à distance et sans nourrir les animaux.

Stations-service et carburant : le mode d'emploi

Le réseau de stations est suffisant le long de la Route 1, mais s'espace nettement dans l'Est, le nord-est et certaines portions du Nord, où l'on peut rouler une heure ou plus sans pompe. La règle d'or : faites le plein dès que la jauge descend à la moitié dans les zones isolées, ne jouez jamais avec les réserves. Les principales enseignes sont N1, Olís, ÓB, Orkan et Atlantsolía ; les marques low-cost comme ÓB et Orkan sont souvent un peu moins chères. Beaucoup de stations, surtout dans les villages, sont entièrement automatiques et fonctionnent uniquement à la carte bancaire, parfois avec code PIN obligatoire : assurez-vous de connaître votre code et que votre carte est acceptée à l'étranger. Certaines pompes exigent une pré-autorisation par tranche fixe. Gardez toujours une carte de secours. Le gazole et l'essence coûtent autour de 2 euros le litre, parmi les plus chers d'Europe, ce qu'il faut intégrer dans le budget.

Camping et van : dormir au plus près de la nature

Le camping est une façon économique et libre de vivre la Ring Road, très répandue chez les voyageurs. L'Islande compte plus de cent cinquante terrains, bien répartis le long de la Route 1, souvent simples mais propres, avec sanitaires, eau chaude et parfois cuisine commune ou laverie. Comptez 12 à 18 euros par personne et par nuit. Attention : depuis plusieurs années, le camping sauvage est strictement réglementé et interdit hors des terrains aménagés pour les véhicules et les vans, afin de protéger une nature fragile et de respecter les propriétaires terriens. Ne vous fiez pas aux vieux récits de bivouac libre : on dort sur un camping officiel. Pour un séjour de plusieurs nuits, la Camping Card peut être rentable selon votre itinéraire. Les vans aménagés combinent transport et logement, mais vérifiez qu'ils sont équipés pour le froid des nuits, même en été, et qu'ils disposent du chauffage. Privilégiez les campings abrités du vent, qui peut transformer une nuit en épreuve. Apportez un bon sac de couchage, des bouchons d'oreille et de quoi cuisiner : une partie du charme islandais est de se préparer une soupe chaude au coucher du soleil face à un fjord désert.

Comprendre la géologie islandaise en un coup d'œil

Mieux comprendre ce que l'on voit décuple le plaisir du voyage. L'Islande est née de la rencontre de deux phénomènes : la dorsale médio-atlantique, cette faille géante où les plaques nord-américaine et eurasienne s'écartent, et un point chaud, panache de magma remontant des profondeurs. Résultat : une île jeune, encore en formation, parmi les plus volcaniques du globe, avec plus de trente systèmes actifs. Les orgues de basalte hexagonales que l'on retrouve à Reynisfjara, Svartifoss ou Goðafoss naissent du refroidissement lent et régulier d'une coulée de lave. Le sable noir des plages est de la lave broyée par l'océan. Les sandur, ces déserts gris du sud, sont des plaines d'alluvions charriées par les fleuves glaciaires. Les sources chaudes et geysers proviennent de l'eau de pluie infiltrée qui se réchauffe au contact du magma. Quant aux glaciers, ils couvrent encore onze pour cent du territoire, sculptant vallées et lagunes, mais reculent à vue d'œil sous l'effet du réchauffement, un changement que les guides locaux montrent avec inquiétude. Ce dialogue permanent entre le feu et la glace est l'âme même de l'île.

Respecter la nature et la culture locale

L'Islande a vu son tourisme exploser, et la fragilité de ses milieux impose quelques règles de bon sens devenues essentielles. Restez sur les sentiers : la mousse qui tapisse les champs de lave met des décennies à repousser et une simple empreinte de pas peut rester visible des années. Ne construisez pas de cairns de pierres, qui défigurent les paysages et perturbent les repères. Ramassez vos déchets, il n'y a presque aucune poubelle dans la nature. Utilisez les toilettes des stations et sites aménagés, et n'allez pas dans la nature, car le sol ne dégrade quasiment rien dans ce climat froid. Respectez les barrières et les terres privées : beaucoup de sites sont sur des fermes. Côté culture, les Islandais sont chaleureux, directs et tutoient volontiers (le pays utilise les prénoms, même pour les personnalités publiques). On retire ses chaussures en entrant chez l'habitant et dans certaines guesthouses. Le pourboire n'est pas attendu, le service étant inclus. Et la fameuse règle de la douche nue avant la baignade n'est pas négociable.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire le tour de la Ring Road ?

Comptez 8 à 10 jours pour boucler la Route 1 sans courir et profiter des cascades, glaciers et villages côtiers. C'est faisable en 6 jours en roulant beaucoup, mais 8 jours est le rythme idéal pour intégrer Snæfellsnes ou le cercle du Diamant.

Dans quel sens faire la Ring Road ?

Le sens horaire (Reykjavik vers le sud d'abord, par Vík et Jökulsárlón) est conseillé : on attaque par les paysages les plus spectaculaires et les plus fréquentés, et on garde le nord et l'ouest, plus calmes, pour la fin du voyage.

Quelle est la meilleure saison pour la Ring Road ?

De juin à août pour les routes ouvertes, les longues journées de lumière et l'accès aux fjords de l'Est. Septembre offre les premières aurores boréales avec encore des conditions de conduite clémentes.

Faut-il un 4x4 pour la Ring Road ?

Non, la Route 1 est entièrement goudronnée et se fait sans souci en voiture de tourisme. Un 4x4 n'est nécessaire que pour les pistes F des hautes terres (Landmannalaugar, Þórsmörk), qui ne font pas partie de la boucle principale.

La Ring Road est-elle dangereuse ?

Non si l'on reste prudent. Les principaux risques sont le vent violent (attention aux portières et aux ponts à voie unique), les moutons sur la chaussée et la météo changeante. Consultez road.is et vedur.is chaque matin.

Quel budget prévoir pour un road trip en Islande ?

Comptez environ 120 à 180 euros par personne et par jour hors vol : location de voiture, carburant cher, hébergements et restauration onéreuse. Cuisiner soi-même et dormir en guesthouse ou en van réduit nettement la facture.

Peut-on voir les aurores boréales pendant la Ring Road ?

Oui, de fin septembre à mars, quand les nuits sont assez sombres. En plein été (juin à mi-août), le soleil de minuit empêche de les voir. Septembre est le meilleur compromis entre routes ouvertes et premières aurores.

Où dormir le long de la Ring Road ?

Les étapes-nuits classiques sont Vík, Höfn ou Skaftafell, Egilsstaðir ou Seyðisfjörður, la région du Mývatn, Akureyri et Borgarnes ou Snæfellsnes. Réservez plusieurs mois à l'avance en juillet et août.

Peut-on faire la Ring Road en hiver ?

C'est possible mais exigeant : neige, verglas, peu de lumière et tempêtes fréquentes rendent la boucle complète risquée. En hiver, privilégiez un 4x4, une grande flexibilité, et envisagez de vous limiter au sud plutôt que de forcer le tour entier.

Combien de cascades voit-on sur la Ring Road ?

Des dizaines, dont plusieurs incontournables : Gullfoss, Seljalandsfoss, Skógafoss, Svartifoss, Dettifoss, Goðafoss et Hraunfossar. Chaque région a les siennes, et l'on en découvre de nouvelles à presque chaque vallée.

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