Étape par Étape Créer mon itinéraire

Road trip Route des Vins d'Alsace : l'itinéraire des villages fleuris de Marlenheim à Thann

La Route des Vins d'Alsace est l'une des plus anciennes routes touristiques de France, inaugurée en 1953 : environ 170 kilomètres de vignobles, de villages à colombages et de châteaux perchés, le long du piémont vosgien. Voici l'itinéraire complet en 18 étapes, de Marlenheim à Thann, avec la carte interactive, la durée conseillée, le budget, la meilleure saison et tous nos conseils de terrain · prêt à lancer dans Google Maps.

Vignes en coteaux de la Route des Vins d'Alsace au pied des Vosges, sous un ciel dégagé
📍 Les coteaux viticoles de la Route des Vins d'Alsace · la mosaïque de vignes au pied des Vosges
Distance
~170 km
Durée conseillée
4 jours
Meilleure saison
Mai à octobre
Sens conseillé
Nord → Sud

Lance ou personnalise cet itinéraire

Ouvre les 18 étapes dans l'outil pour les réordonner, en ajouter, et obtenir ton lien Google Maps.

🧭 Lancer la navigation ✏️ Personnaliser 🪙 Trouver les pépites de ce trajet

Pourquoi faire le road trip de la Route des Vins d'Alsace ?

La Route des Vins d'Alsace n'est pas une route de cols spectaculaires ni de grands espaces sauvages : c'est un ruban intime qui se faufile au pied des Vosges, entre les coteaux couverts de vignes et une succession de villages qui semblent sortis d'un livre d'images. Inaugurée en 1953, parmi les toutes premières routes touristiques de France, elle relie sur environ 170 kilomètres Marlenheim, aux portes de Strasbourg, à Thann, près de Mulhouse, en enfilant comme des perles une centaine de communes viticoles. Ici, on roule lentement, fenêtre ouverte, en s'arrêtant au gré des enseignes de caves, des clochers à bulbe et des places fleuries.

Ce qui rend ce voyage unique, c'est la densité et la cohérence du paysage. En quelques kilomètres seulement, on passe d'un village médiéval ceint de remparts à un vignoble grand cru, d'un château fort en ruine perché sur sa colline à une cave voûtée où un vigneron débouche ses bouteilles. Les maisons à colombages, peintes de couleurs vives, croulent sous les géraniums du printemps à l'automne. Les cigognes claquent du bec sur les toits et les clochers, symbole vivant de l'Alsace, sauvées de l'extinction par des programmes de réintroduction. Et partout, le vin : sept cépages, 51 grands crus, des dégustations souvent gratuites et chaleureuses.

C'est aussi un road trip d'une rare accessibilité. Les distances sont courtes, les routes faciles et bien entretenues, les villages distants de quelques minutes seulement. On peut le faire en quatre jours sans jamais se presser, en couple, en famille ou entre amis, et le combiner avec du vélo, de la randonnée dans les vignes ou des excursions dans la montagne vosgienne toute proche. Pas besoin de longues heures de conduite : ici, le plaisir est dans la flânerie, dans la pause de midi à la winstub, dans la dégustation de fin d'après-midi, dans le coucher de soleil sur les vignes dorées de septembre.

Enfin, c'est un voyage qui parle à tous les sens et à toutes les saisons. Au printemps, les vignes verdissent et les villages fleurissent. L'été, les terrasses débordent et les fêtes du vin se succèdent de village en village. L'automne offre les vendanges, l'odeur du moût et les coteaux mordorés, sans doute la plus belle période. Et l'hiver venu, les marchés de Noël transforment chaque place en décor féerique, parfumé de vin chaud et de cannelle. Faire la Route des Vins, c'est s'offrir une concentration d'Alsace authentique, gourmande et photogénique comme nulle part ailleurs.

La carte de l'itinéraire

Les grandes étapes, dans l'ordre, de Marlenheim à Thann :

L'itinéraire étape par étape

1. Marlenheim · la porte nord de la Route des Vins

Point de départ

C'est ici, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Strasbourg, que débute officiellement la Route des Vins d'Alsace : un panneau et un portique marquent le point de départ symbolique du parcours vers le sud. Marlenheim est un bourg viticole tranquille, moins couru que les villages plus au sud, ce qui en fait une entrée en matière paisible. La commune est réputée pour son pinot noir et son rosé, et l'on y débute déjà la tradition des dégustations. Chaque mois d'août, le village s'anime pour la fête du Mariage de l'Ami Fritz, reconstitution costumée d'une noce alsacienne tirée du célèbre roman d'Erckmann-Chatrian, avec cortège, musiques et tablées. Avant de prendre le volant pour de bon, faites un premier arrêt chez un vigneron pour comprendre les sept cépages que vous croiserez tout au long du voyage. Côté table, le village abrite des adresses gastronomiques réputées, parfaites pour un déjeuner d'ouverture avant d'attaquer la route. De Marlenheim, on bascule rapidement dans le vif du sujet : les coteaux se rapprochent, les premiers clochers pointent, et le ruban de la Route des Vins se déroule plein sud.

2. Wangen · le village au cœur des vignes

~6 km · 10 min

À quelques minutes de Marlenheim, Wangen est un de ces villages confidentiels que la foule des grands sites ignore, et c'est tant mieux. Niché au creux des vignes, il a conservé son caractère médiéval avec ses ruelles étroites et tortueuses, ses portes anciennes et sa porte basse qui obligeait jadis les chariots à ralentir. Le village est entouré de ses remparts d'origine et conserve un charme intact, loin des cars de touristes. Wangen est surtout célèbre pour sa Fête de la Fontaine, qui se tient le premier dimanche après le 3 juillet : une tradition séculaire où, le temps d'une journée, la fontaine du village ne coule plus d'eau mais de vin blanc, distribué gratuitement aux participants. C'est l'occasion idéale pour ressentir la convivialité alsacienne dans ce qu'elle a de plus authentique. Prenez le temps de flâner dans les venelles, de lever les yeux vers les linteaux sculptés et les enseignes en fer forgé, et de pousser la porte d'un caveau familial. Wangen donne le ton du voyage : ici, le vin n'est pas une industrie, c'est un art de vivre transmis de génération en génération, et l'accueil chez le vigneron est aussi important que la bouteille elle-même.

3. Molsheim · la cité de Bugatti

~9 km · 12 min

Molsheim, petite ville charmante traversée par la Bruche, mêle patrimoine viticole et histoire industrielle insolite. Sur la place principale trône la Metzig, splendide bâtiment Renaissance de 1554 édifié par la corporation des bouchers, orné d'une horloge à jaquemart et d'une double galerie : c'est l'un des plus beaux édifices civils de la région. Mais Molsheim est aussi connue dans le monde entier comme le berceau des automobiles Bugatti : c'est ici qu'Ettore Bugatti installa son usine en 1909, et la marque de prestige y produit encore ses hypervoitures. La Fondation Bugatti et le musée local racontent cette aventure mécanique fascinante, un détour de choix pour les amateurs de belles mécaniques. Côté vin, Molsheim possède son grand cru, le Bruderthal, sur les coteaux qui dominent la ville. Promenez-vous le long des anciennes fortifications, admirez l'église des Jésuites de style gothique tardif, et faites une halte gourmande dans l'une des winstubs du centre. Molsheim est aussi un point de départ pratique pour rayonner vers la vallée de la Bruche ou le Mont Sainte-Odile, haut lieu spirituel perché qui domine la plaine et offre une vue immense sur les vignes en contrebas.

4. Obernai · la perle de l'Alsace

~14 km · 18 min

Obernai est l'un des joyaux incontournables du parcours, deuxième ville la plus visitée du Bas-Rhin après Strasbourg, et elle le mérite amplement. Entièrement ceinte de remparts encore visibles, elle offre un centre médiéval d'une cohérence remarquable autour de sa place du Marché. Là se concentrent les merveilles : le beffroi de la Kapellturm haut de 60 mètres, l'hôtel de ville à la façade ouvragée, le puits aux Six Seaux de la Renaissance, et l'ancienne halle aux blés. Les maisons à colombages, parfaitement restaurées, débordent de fleurs et abritent boutiques, pâtisseries et winstubs. Obernai est la ville natale de sainte Odile, patronne de l'Alsace, dont le sanctuaire couronne la montagne voisine. Prenez le temps de faire le tour des remparts à pied, de goûter un kougelhopf encore tiède chez un boulanger, et de vous attabler en terrasse pour observer le ballet des visiteurs. Le vignoble alentour produit d'excellents vins, et le grand cru local s'apprécie en accompagnement d'une choucroute. Obernai sert aussi de base logistique idéale pour le nord de la Route des Vins : nombreux hôtels, parkings et commerces. À la nuit tombée, quand les terrasses se vident, la vieille ville illuminée retrouve un calme magique qui justifie d'y passer la nuit.

5. Barr · le grand cru Kirchberg

~9 km · 13 min

Barr est une coquette ville viticole adossée au mont Sainte-Odile, capitale officieuse du vin du Bas-Rhin. Son cœur historique, autour de l'hôtel de ville à la belle façade et de la place de l'étoile, dégage une atmosphère cossue de petite cité bourgeoise enrichie par le commerce du vin et du tan. Barr est dominée par son grand cru Kirchberg, l'un des terroirs les plus réputés du nord du vignoble, qui donne des rieslings et des gewurztraminers d'une grande finesse. Chaque mois d'octobre, la ville célèbre ses vendanges par une fête réputée et l'on peut visiter de nombreux domaines familiaux. Ne manquez pas la Folie Marco, demeure bourgeoise du XVIIIe siècle transformée en musée, qui présente mobilier, faïences et objets d'art dans un cadre raffiné, témoignage du goût de la bourgeoisie alsacienne d'antan. Le sentier viticole qui grimpe dans les vignes du Kirchberg offre une belle promenade balisée d'une heure environ, avec panoramas sur la plaine et la Forêt-Noire au loin. Barr est aussi le point de départ de jolies randonnées vers le mont Sainte-Odile et le mur païen, mystérieuse enceinte de pierres préhistorique. Une étape vivante et authentique, encore relativement épargnée par le tourisme de masse, idéale pour une dégustation tranquille.

6. Mittelbergheim · l'un des plus beaux villages de France

~3 km · 6 min

À quelques tours de roue de Barr, Mittelbergheim est un petit bijou classé parmi les Plus Beaux Villages de France, et l'on comprend vite pourquoi. Perché à flanc de coteau, ce village vigneron a échappé à l'agitation touristique et conserve une authenticité saisissante : de belles demeures Renaissance en pierre et à colombages, des cours intérieures pavées, des pressoirs anciens et un dédale de ruelles tranquilles où le temps semble suspendu. Mittelbergheim est célèbre pour son terroir du Zotzenberg, premier grand cru de France à avoir été reconnu pour le cépage sylvaner, longtemps considéré comme mineur et ici sublimé. Les familles de vignerons s'y transmettent les domaines depuis des générations, et la dégustation y est particulièrement chaleureuse et confidentielle. Repérez l'ancien moulin à huile à vis, vestige rare d'un savoir-faire disparu, et l'hôtel de ville Renaissance. Le village a tout d'un décor de carte postale sans en avoir l'artificialité : ici, on vient pour vivre l'Alsace viticole dans son intimité, loin des boutiques de souvenirs. Asseyez-vous à la terrasse d'une winstub, commandez un verre de sylvaner du Zotzenberg et une tarte flambée, et savourez ce moment de calme rare sur un parcours qui, plus au sud, deviendra nettement plus fréquenté.

7. Andlau · l'abbaye et les grands crus

~3 km · 5 min

Blottie dans un vallon verdoyant entouré de coteaux, Andlau est une étape paisible et chargée d'histoire. Le village s'est développé autour de son abbaye, fondée à la fin du IXe siècle par l'impératrice Richarde, épouse de Charles le Gros, dont la légende dit qu'une ourse lui désigna l'emplacement. L'église abbatiale conserve un remarquable portail roman sculpté de scènes bibliques et de figures fantastiques, parmi les plus beaux d'Alsace, ainsi qu'une crypte ancienne où l'on vénérait sainte Richarde. Andlau a la particularité rare de posséder trois grands crus sur son finage : le Kastelberg, le Wiebelsberg et le Moenchberg, chacun avec son terroir et son caractère, ce qui en fait un haut lieu pour les amateurs de riesling exigeants. Le sentier viticole d'Andlau, l'un des premiers créés en Alsace, serpente entre ces parcelles prestigieuses et constitue une superbe initiation aux terroirs, avec panneaux explicatifs. Le village lui-même, traversé par la rivière du même nom, aligne de belles maisons de vignerons et quelques caveaux où goûter ces crus d'exception. Prenez le temps d'une promenade le long du cours d'eau, admirez les façades fleuries, et offrez-vous une dégustation comparative des trois grands crus pour saisir comment, à quelques centaines de mètres d'écart, le sol et l'exposition façonnent des vins radicalement différents.

8. Dambach-la-Ville · remparts et grand cru Frankstein

~7 km · 11 min

Dambach-la-Ville est l'une des plus grandes communes viticoles d'Alsace et l'une des plus séduisantes du secteur. Le village a conservé l'intégralité de son enceinte fortifiée médiévale, percée de trois portes monumentales surmontées de tours, qui lui donnent une allure de cité close particulièrement photogénique. À l'intérieur des remparts, les ruelles regorgent de maisons à colombages des XVIe et XVIIe siècles, ornées d'enseignes en fer forgé et croulant sous les fleurs, autour d'une place de la Mairie pleine de charme avec son hôtel de ville Renaissance. Dambach est fière de son grand cru Frankstein, terroir granitique qui donne des rieslings minéraux et tendus, parmi les plus appréciés des connaisseurs. Sur la colline qui domine le village, la chapelle Saint-Sébastien, accessible par un agréable sentier dans les vignes, abrite un superbe retable baroque et offre une vue dégagée sur la plaine. Le village est encerclé par un vaste vignoble en coteaux, idéal pour une balade à pied ou à vélo. Nombreux sont les vignerons à ouvrir leur cave pour des dégustations conviviales. C'est une étape qui combine harmonieusement patrimoine défensif, charme villageois et excellence viticole, encore un peu moins envahie que les stars du sud, à savourer sans hâte.

9. Châtenois & le Haut-Koenigsbourg

~6 km · 9 min

Châtenois marque l'entrée dans le Haut-Rhin viticole et se reconnaît de loin à son curieux clocher roman coiffé d'une flèche entourée de quatre échauguettes en forme de poivrières, l'un des plus singuliers d'Alsace, ainsi qu'à sa Tour des Sorcières. Le village, traversé par la Route des Vins, possède un agréable centre ancien et de bons vignerons. Mais l'attraction majeure des environs se dresse sur la montagne qui domine la plaine : le château du Haut-Koenigsbourg, forteresse médiévale spectaculaire perchée à 757 mètres d'altitude, entièrement restaurée au début du XXe siècle par l'empereur Guillaume II. Avec ses remparts, ses tours, son donjon et ses salles meublées, c'est le monument le plus visité d'Alsace, et la vue panoramique sur la plaine du Rhin, la Forêt-Noire et les Vosges y est à couper le souffle par temps clair. Comptez une demi-journée pour la visite et l'ascension en voiture par une route forestière en lacets. À proximité, à Kintzheim, deux sites raviront les familles : la Volerie des Aigles, qui présente des spectacles de rapaces en vol libre dans les ruines d'un château, et la Montagne des Singes, vaste parc boisé où des centaines de macaques de Barbarie évoluent en liberté. Châtenois est donc le point d'ancrage idéal pour une parenthèse loin des vignes, entre histoire médiévale et nature.

10. Ribeauvillé · la cité des ménétriers

~10 km · 14 min

Ribeauvillé est l'une des étapes les plus enchanteresses du parcours, une petite ville médiévale dominée par trois châteaux forts en ruine, le Saint-Ulrich, le Girsberg et le Haut-Ribeaupierre, qui veillent sur le vignoble depuis leurs éperons rocheux. La Grand-Rue, qui traverse la ville de part en part, est un ravissement : maisons à colombages multicolores, fontaines Renaissance, enseignes ouvragées et la fameuse Tour des Bouchers, beffroi médiéval qui enjambe la rue. Ancienne capitale des seigneurs de Ribeaupierre, la ville était célèbre pour ses ménétriers, ces musiciens itinérants qui s'y rassemblaient chaque année et dont la mémoire revit lors du Pfifferdaj, la Fête des Ménétriers, le premier dimanche de septembre, avec son grand cortège costumé et sa fontaine de vin gratuit. Ribeauvillé compte plusieurs grands crus, dont le Geisberg et l'Osterberg, et abrite l'une des plus anciennes caves coopératives de France, fondée en 1895. Les amateurs de randonnée grimperont vers les trois châteaux par un sentier balisé offrant des panoramas splendides. La ville est aussi réputée pour son marché de Noël médiéval, l'un des plus typiques de la région. Flânez sans but, poussez la porte des caveaux, et goûtez le crémant et le riesling local : Ribeauvillé incarne à merveille l'alliance du patrimoine, du vin et de la fête qui fait l'âme de l'Alsace.

11. Riquewihr · la perle du vignoble

~5 km · 8 min

Si un seul village devait résumer la Route des Vins, ce serait Riquewihr. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, miraculeusement épargné par les guerres, il a conservé presque intact son visage du XVIe siècle, ce qui lui vaut une fréquentation considérable, surtout l'été et pendant l'Avent. Enserré dans ses remparts, le village s'organise autour de sa rue principale en pente douce, bordée de maisons à colombages aux couleurs éclatantes, débordant de fleurs et d'enseignes dorées, qui montent vers le Dolder, porte fortifiée du XIIIe siècle devenue emblème des lieux. Riquewihr aurait inspiré le décor du village dans le film d'animation La Belle et la Bête, et l'on comprend pourquoi : chaque ruelle, chaque cour intérieure, chaque vitrine semble dessinée pour le conte. Le village est aussi un haut lieu du riesling, avec son célèbre grand cru Schoenenbourg dont les coteaux dominent les toits. Pour échapper à la foule, venez tôt le matin ou en fin de journée, et grimpez dans les vignes du Schoenenbourg par le sentier viticole pour une vue plongeante sur les toits rouges serrés. Goûtez un bretzel chaud, un pain d'épices, et bien sûr le riesling local chez l'un des nombreux vignerons. Malgré l'affluence, Riquewihr conserve une magie indéniable : c'est l'image d'Épinal de l'Alsace, à voir au moins une fois dans sa vie.

12. Kaysersberg · village préféré des Français

~5 km · 9 min

Kaysersberg, élu en 2017 village préféré des Français, est une étape absolument incontournable, blottie à l'entrée de la vallée de la Weiss au pied d'un château impérial en ruine. Son nom, « la montagne de l'empereur », rappelle son passé de place forte stratégique sur la route reliant la Lorraine à l'Italie. Le village est traversé par la rivière qu'enjambe un superbe pont fortifié du XVIe siècle, l'un des plus photographiés d'Alsace, surmonté d'un oratoire. Les maisons à colombages, l'église Sainte-Croix et son remarquable retable sculpté de 1518, l'hôtel de ville Renaissance et les ruelles fleuries composent un ensemble d'une harmonie rare. Kaysersberg est aussi la ville natale d'Albert Schweitzer, médecin, théologien et musicien, prix Nobel de la paix 1952, dont la maison natale abrite un musée retraçant son œuvre humanitaire en Afrique. Grimpez jusqu'aux ruines du château pour une vue dominante sur les toits et le vignoble. Le grand cru Schlossberg, premier grand cru classé d'Alsace, déploie ses terrasses granitiques juste au-dessus du village et donne des rieslings d'exception. En décembre, le marché de Noël de Kaysersberg, plus authentique et moins commercial que beaucoup d'autres, attire de nombreux visiteurs dans une ambiance féerique. Attardez-vous dans une winstub pour goûter un baeckeoffe ou une tarte flambée, accompagnés d'un verre de vin du Schlossberg.

13. Turckheim & le veilleur de nuit

~7 km · 11 min

Turckheim, ancienne ville libre d'Empire, a conservé son enceinte fortifiée et ses trois portes monumentales, la porte de France, la porte du Brand et la porte de Munster, qui marquaient jadis les entrées de la cité. La place Turenne, du nom du maréchal qui remporta une bataille décisive ici en 1675, est bordée de superbes maisons à colombages et de l'hôtel de ville Renaissance. Turckheim possède une tradition unique et émouvante : chaque soir de mai à octobre, le veilleur de nuit, vêtu de sa cape, coiffé de son tricorne, lanterne et hallebarde à la main, parcourt les rues de la ville en chantant son antienne, perpétuant un rituel médiéval disparu partout ailleurs. Le suivre dans sa ronde, à la tombée du jour, est une expérience hors du temps, gratuite et touchante. Le village est aussi réputé pour son grand cru Brand, terroir granitique qui donne des vins puissants et racés, et pour ses cigognes nichant sur les toits. À proximité, le parc des cigognes permet d'observer ces oiseaux emblématiques de plus près. Turckheim, moins envahie que ses voisines, offre une atmosphère plus tranquille et authentique, idéale pour une fin de journée. Installez-vous en terrasse sur la place Turenne, commandez un verre de pinot gris, et attendez le passage du veilleur dans la lumière dorée du soir.

14. Colmar · la capitale des vins d'Alsace

~7 km · 12 min

Colmar est le cœur battant de la Route des Vins, sa capitale incontestée, et une étape à part entière de plusieurs heures, voire d'une journée complète. Miraculeusement préservée, la vieille ville est un éblouissement de maisons à colombages des XVe au XVIIe siècles, de canaux fleuris et de ruelles pavées. Le quartier de la Petite Venise, où la Lauch serpente entre les anciennes maisons de tanneurs et de maraîchers, est l'un des plus romantiques de France : une promenade en barque à fond plat y est un classique. Ne manquez pas la maison Pfister de 1537, chef-d'œuvre de la Renaissance, le quartier des Tanneurs, et la Collégiale Saint-Martin. Colmar abrite surtout le musée Unterlinden, installé dans un ancien couvent, qui conserve le retable d'Issenheim, chef-d'œuvre bouleversant de Grünewald, l'une des œuvres majeures de l'art occidental. La ville est aussi celle d'Auguste Bartholdi, sculpteur de la statue de la Liberté, dont un musée retrace l'œuvre. Côté gastronomie, Colmar regorge de winstubs, de marchés couverts et de bonnes tables. Capitale du vignoble, elle accueille chaque été la grande Foire aux vins d'Alsace, et son marché de Noël figure parmi les plus réputés d'Europe. Base idéale pour rayonner sur tout le sud de la Route des Vins, Colmar mérite qu'on y pose ses valises au moins une nuit pour profiter de la magie nocturne des canaux illuminés, une fois les groupes repartis.

15. Eguisheim · le berceau du vignoble

~7 km · 11 min

Eguisheim, élu village préféré des Français en 2013 et classé parmi les Plus Beaux Villages de France, est une pure merveille et l'une des images les plus saisissantes du voyage. Sa particularité est son plan circulaire concentrique : les ruelles dessinent des anneaux autour du château octogonal central, suivant l'ancien tracé des fortifications, ce qui en fait un village unique en son genre. On s'y promène en tournant, découvrant à chaque courbe de nouvelles maisons à colombages toutes plus colorées et fleuries les unes que les autres, dans un festival de teintes pastel et de géraniums cascadant des balcons. Eguisheim est considéré comme le berceau du vignoble alsacien, l'un des plus anciens lieux de culture de la vigne dans la région, et possède deux grands crus, l'Eichberg et le Pfersigberg. C'est aussi le village natal du pape Léon IX, au XIe siècle. Les trois châteaux d'Eguisheim, ruines accessibles par un sentier, dominent les coteaux et complètent le tableau. Le village remporte régulièrement les concours de fleurissement et figure parmi les plus fleuris de France. Pour échapper à l'affluence des heures de pointe, venez tôt ou en soirée, suivez les ruelles circulaires sans plan, laissez-vous porter, et arrêtez-vous chez un vigneron pour une dégustation. Eguisheim concentre, sur un mouchoir de poche, tout ce qui fait le charme irrésistible de l'Alsace viticole.

16. Rouffach & le vignoble du sud

~11 km · 14 min

En poursuivant vers le sud, on quitte le secteur le plus touristique pour retrouver des villages plus authentiques et moins fréquentés, où l'on respire. Rouffach, ancienne possession des évêques de Strasbourg, est une jolie ville à l'histoire riche, dominée par les tours de son imposante église Notre-Dame de l'Assomption, mélange harmonieux de roman et de gothique. La place de la République conserve de beaux édifices anciens, dont l'ancienne halle aux blés et la tour des Sorcières. Rouffach est surplombée par le grand cru Vorbourg, vaste coteau exposé plein sud qui bénéficie d'un microclimat parmi les plus secs et ensoleillés de France, propice aux gewurztraminers et muscats opulents. La ville est aussi connue pour son lycée viticole et agricole, l'un des plus réputés de la région, qui forme les vignerons de demain. À proximité, le village fortifié d'Eguisheim et le grand cru du Hatschbourg invitent à de belles dégustations. Rouffach offre une halte tranquille et gourmande, loin de la cohue des villages stars, idéale pour ressentir le rythme plus posé du sud du vignoble. C'est aussi un bon point de départ vers le Val de Munster et ses fromages, ou vers les sommets vosgiens tout proches. Profitez-en pour visiter un domaine familial à l'écart des circuits, où la dégustation se fait sans presse, autour d'une table, en discutant millésimes et terroirs avec le vigneron.

17. Guebwiller · au pied du Grand Ballon

~10 km · 14 min

Guebwiller, blottie à l'entrée de la magnifique vallée du Florival au pied du Grand Ballon, point culminant des Vosges, est une ville étonnamment riche en patrimoine religieux, avec trois églises remarquables de trois époques différentes : l'église romane Saint-Léger, l'église gothique des Dominicains aujourd'hui auditorium, et la majestueuse église Notre-Dame de style néoclassique. La ville s'est enrichie au XVIIIe siècle grâce aux princes-abbés de Murbach, et conserve de beaux hôtels particuliers. Guebwiller a la particularité unique de posséder quatre grands crus sur son seul finage, le Kessler, le Kitterlé, le Saering et le Spiegel, un record en Alsace, qui en fait une destination de choix pour les amateurs exigeants. Les coteaux escarpés qui dominent la ville donnent des vins puissants et concentrés. À quelques kilomètres, l'abbaye de Murbach, joyau de l'art roman niché dans un écrin de verdure, mérite absolument le détour avec son chevet à deux tours d'une pureté admirable. De Guebwiller, on peut aussi monter vers le Grand Ballon à plus de 1 400 mètres pour un panorama immense, ou explorer la vallée du Florival et ses lacs. La ville marque la transition entre le vignoble et la montagne vosgienne, et offre une étape paisible avant la fin du parcours, où le tourisme se fait plus discret et la nature plus présente.

18. Thann · la fin de la Route des Vins

~9 km · 13 min

Thann marque l'extrémité sud de la Route des Vins d'Alsace, le pendant méridional de Marlenheim, et clôt en beauté ce voyage de 170 kilomètres. La ville est dominée par sa splendide collégiale Saint-Thiébaut, chef-d'œuvre du gothique flamboyant dont la flèche ajourée de 78 mètres, finement ciselée comme de la dentelle de pierre, vaut à elle seule le détour : on dit en Alsace que « le clocher de Strasbourg est le plus haut, celui de Fribourg le plus gros, et celui de Thann le plus beau ». Le portail sculpté de la collégiale, avec ses centaines de personnages, est d'une richesse exceptionnelle. Thann est aussi célèbre pour son vignoble du Rangen, grand cru le plus méridional d'Alsace et l'un des plus escarpés et spectaculaires, planté sur un coteau volcanique vertigineux exposé plein sud, qui donne des vins minéraux et puissants d'une réputation mondiale. Au-dessus de la ville se dressent les ruines du château de l'Engelbourg, dont une tour effondrée, posée sur le flanc, forme un anneau de pierre surnommé « l'Œil de la Sorcière », curiosité photogénique offrant un beau point de vue. Chaque 30 juin, la ville célèbre la Crémation des Trois Sapins, tradition séculaire commémorant sa fondation légendaire. Thann, aux portes de Mulhouse et de la trouée de Belfort, conclut le périple : levez votre dernier verre de Rangen face à la collégiale, en repensant à tous les villages traversés.

Infos pratiques & conseils

Combien de jours prévoir ?

Quatre jours constituent le rythme idéal pour parcourir la Route des Vins de Marlenheim à Thann sans courir, en alternant villages, dégustations et balades dans les vignes. En deux ou trois jours, on peut se concentrer sur les villages stars du centre, autour de Colmar, mais on sacrifie les pépites du nord et du sud, plus confidentielles. À l'inverse, avec cinq à sept jours, on s'offre des randonnées sur les sentiers viticoles, des visites de châteaux comme le Haut-Koenigsbourg, des excursions dans la montagne vosgienne, et de vraies journées de farniente gourmand. La grande force de cet itinéraire est sa souplesse : les distances étant très courtes, parfois trois à quatre kilomètres entre deux villages, on module à l'envi. Comptez en moyenne une trentaine de kilomètres de conduite par jour seulement, l'essentiel du temps se passant à pied dans les ruelles et dans les caves.

Comment venir et se déplacer ?

L'Alsace est très accessible. En train, Strasbourg et Colmar sont desservies par le TGV depuis Paris en moins de deux heures et demie, et de nombreuses villes européennes par le rail. En voiture, l'autoroute A35 longe toute la plaine d'Alsace et dessert chaque point d'accès au vignoble. L'aéroport de Strasbourg et celui de Bâle-Mulhouse complètent l'offre. Sur place, la voiture reste le moyen le plus pratique pour relier les villages et s'arrêter librement, mais le vélo est une superbe alternative grâce aux pistes cyclables dédiées qui suivent le vignoble. Pour ceux qui ne conduisent pas, plusieurs villages sont reliés par les lignes de car régionales et par le train depuis Strasbourg, Colmar et Sélestat, ce qui permet une découverte sans voiture des sites principaux. Des navettes touristiques saisonnières et des excursions organisées en minibus existent aussi au départ de Colmar et de Strasbourg, pratiques si vous comptez déguster sans souci de conduite.

Où dormir, zone par zone

Le choix d'hébergement est vaste, des chambres d'hôtes chez les vignerons aux hôtels de charme. Pour le nord du parcours, Obernai et Barr offrent une bonne base avec de nombreux hôtels et l'accès facile depuis Strasbourg. Pour le secteur le plus touristique et le plus dense, Ribeauvillé, Riquewihr et Kaysersberg permettent de loger au cœur des plus beaux villages, mais ce sont aussi les plus chers et les plus demandés : réservez très tôt. Colmar, au centre, est la base la plus pratique, bien équipée, à partir de laquelle on rayonne dans toutes les directions. Pour le sud, plus calme, Eguisheim, Rouffach et Guebwiller proposent des hébergements souvent plus abordables et authentiques. Privilégier une chambre chez un vigneron est une expérience à part : on y dort au milieu des vignes, on partage parfois le petit déjeuner avec les propriétaires et l'on déguste la production maison. Réservez impérativement plusieurs semaines à l'avance pour les week-ends d'été, la période des vendanges en septembre, et surtout l'Avent et les marchés de Noël, où tout affiche complet.

Budget détaillé

Pour deux personnes sur quatre jours, hors transport pour rejoindre l'Alsace, comptez en moyenne 700 à 1 200 euros au total. L'hébergement représente le principal poste : de 80 à 110 euros la nuit en chambre d'hôtes ou hôtel de catégorie moyenne, davantage dans les villages stars en haute saison, soit 240 à 450 euros pour trois nuits. Côté repas, un déjeuner en winstub revient à 18 à 28 euros par personne, un dîner à 25 à 45 euros, une tarte flambée partagée à moins de 15 euros : prévoyez 50 à 70 euros par personne et par jour en mangeant local. Bonne nouvelle, les dégustations en cave sont le plus souvent gratuites dans les domaines familiaux, sans obligation d'achat, ce qui allège la note. Les visites payantes (Haut-Koenigsbourg, musée Unterlinden, croisière à Colmar, Volerie des Aigles) coûtent de 8 à 20 euros chacune. L'essence est négligeable vu les distances très courtes, autour de 20 à 30 euros pour tout le parcours. Ajoutez l'achat de bouteilles à rapporter, le seul poste vraiment élastique du voyage.

Conduite et stationnement

La conduite sur la Route des Vins est facile et plaisante : routes étroites mais bien entretenues, faibles distances, signalisation claire suivant le panneau Route des Vins. Le vrai défi n'est pas la route mais le stationnement dans les villages les plus courus. À Riquewihr, Eguisheim, Kaysersberg et Colmar, les centres historiques sont en grande partie piétons et les parkings de périphérie se remplissent vite en haute saison et le week-end. Arrivez tôt le matin, ou en fin d'après-midi quand les groupes repartent, pour trouver une place sans stress. La plupart des parkings sont payants dans les sites majeurs, gratuits dans les villages plus confidentiels. Point capital : si vous dégustez, désignez un conducteur sobre ou crachez le vin comme le font les professionnels, car les contrôles d'alcoolémie sont fréquents et le taux légal est strict, 0,5 gramme par litre de sang, abaissé à 0,2 pour les jeunes conducteurs. Beaucoup de vignerons proposent l'expédition de vos achats à domicile, ce qui évite de charger la voiture et permet de goûter l'esprit tranquille.

Gastronomie et spécialités locales

L'Alsace est une destination gourmande par excellence, et la Route des Vins se savoure autant à table qu'au verre. La winstub, ce bistrot traditionnel chaleureux, est le temple de la cuisine régionale. Goûtez impérativement la choucroute garnie, montagne de chou fermenté accompagné de charcuteries et de saucisses, le baeckeoffe, potée de trois viandes marinées au vin blanc et mijotée des heures dans une terrine de terre cuite, et la tarte flambée ou flammekueche, fine pâte croustillante garnie de crème, d'oignons et de lardons, partagée entre convives. Le coq au riesling, les bouchées à la reine, le presskopf et le fameux jambon en croûte complètent le répertoire salé. Côté fromages, le munster du val voisin, puissant et coulant, accompagné de cumin. Pour le sucré, le kougelhopf en forme de couronne, le pain d'épices, les bredeles de Noël et la tarte aux quetsches ou aux myrtilles. Et bien sûr les sept cépages alsaciens : riesling sec et minéral, gewurztraminer floral et épicé, pinot gris rond, muscat fruité, pinot blanc tendre, sylvaner désaltérant et pinot noir, seul rouge de la région, sans oublier l'excellent crémant d'Alsace. Accordez chaque plat à son vin : choucroute et riesling, foie gras et gewurztraminer, munster et pinot gris.

Les vins et les grands crus à connaître

L'Alsace est l'une des rares régions françaises à étiqueter ses vins par cépage plutôt que par appellation de terroir, ce qui les rend faciles à appréhender pour le débutant. Au-dessus des vins génériques, 51 grands crus délimités identifient les meilleurs coteaux, chacun avec son sol et son exposition particulière, du granit au calcaire en passant par le volcanique du Rangen à Thann ou le gréseux du Kastelberg à Andlau. Les vendanges tardives et les sélections de grains nobles, issues de raisins surmûris ou botrytisés, donnent des vins liquoreux d'exception, rares et recherchés. Le crémant d'Alsace, élaboré selon la méthode traditionnelle, est le vin effervescent le plus vendu de France hors Champagne. Pour bien déguster, suivez quelques principes : commencez par les vins secs et légers avant les plus riches, goûtez les grands crus d'un même cépage côte à côte pour saisir l'effet du terroir, et n'hésitez pas à poser des questions au vigneron, toujours ravi d'expliquer son travail. Acheter directement à la propriété, c'est soutenir le vigneron, payer souvent moins cher qu'en boutique, et repartir avec des cuvées introuvables ailleurs.

Météo mois par mois

L'Alsace bénéficie d'un climat semi-continental, avec des étés chauds et des hivers froids, et la plaine est l'une des régions les moins arrosées de France, protégée par le massif vosgien. Le printemps (avril à juin) est délicieux : vignes verdoyantes, villages fleuris, températures douces, mais quelques averses possibles. L'été (juillet et août) est chaud et animé, parfois lourd, avec des orages d'après-midi : c'est la pleine saison touristique, prévoyez la foule et la chaleur en milieu de journée. L'automne (septembre à octobre) est sans doute la plus belle période : les vendanges battent leur plein, l'air sent le moût, les coteaux se parent d'or et de pourpre, les températures restent agréables et la fréquentation baisse après la rentrée. C'est le moment idéal pour ce road trip. L'hiver (novembre à mars) est froid, parfois neigeux sur les hauteurs, mais l'Avent transforme les villages en décors féeriques pour les marchés de Noël, expérience magique bien que très fréquentée. Hors période de Noël, l'hiver est calme et de nombreux commerces saisonniers ferment. Pour le compromis idéal entre beau temps, paysages et tranquillité, visez fin mai à juin, ou septembre.

Que mettre dans la valise ?

Préparez des vêtements adaptés à la saison et au programme mêlant villages, vignes et éventuellement montagne. De bonnes chaussures de marche confortables sont indispensables, car on arpente des ruelles pavées, des sentiers viticoles et parfois des montées vers les châteaux. Prévoyez une veste légère ou un pull pour les soirées, qui fraîchissent vite même en été, et de quoi vous couvrir si vous montez vers le Grand Ballon ou le Haut-Koenigsbourg. Un imperméable léger ou un parapluie pliant peut servir au printemps et à l'automne. Lunettes de soleil, casquette et crème solaire pour les balades en plein soleil dans les vignes. Emportez un sac à dos pour les visites et les achats, et pourquoi pas une glacière souple dans la voiture pour transporter vos bouteilles à l'abri de la chaleur. Un appareil photo ou un bon smartphone est de rigueur tant les villages sont photogéniques. Si vous comptez faire du vélo, prévoyez une tenue adaptée et un casque. Enfin, gardez un peu de place dans la valise, ou ajoutez un bagage, pour rapporter vins, kougelhopf, pain d'épices et autres trésors gourmands.

Idée d'itinéraire jour par jour

Jour 1, le nord : départ de Marlenheim, passage par Wangen et Molsheim, déjeuner et visite d'Obernai, après-midi à Barr et Mittelbergheim, nuit à Obernai ou Barr. Jour 2, le secteur central nord : Andlau et ses grands crus, Dambach-la-Ville et ses remparts, ascension du Haut-Koenigsbourg depuis Châtenois en début d'après-midi, puis Ribeauvillé en fin de journée, nuit à Ribeauvillé. Jour 3, le cœur du vignoble : matinée à Riquewihr avant la foule, déjeuner à Kaysersberg, après-midi à Turckheim pour attendre le veilleur de nuit, puis arrivée à Colmar pour la soirée, nuit à Colmar. Jour 4, le sud : matinée à Colmar (musée Unterlinden, Petite Venise), Eguisheim et ses ruelles circulaires, déjeuner, puis descente tranquille par Rouffach et Guebwiller, et arrivée finale à Thann pour admirer la collégiale. Ce découpage laisse du temps pour les dégustations et peut s'étaler sur cinq ou six jours en ajoutant randonnées et excursions vers la montagne.

Variantes et extensions

Plusieurs prolongements subliment ce road trip. Au nord, commencez par une journée à Strasbourg, capitale européenne, sa cathédrale gothique, sa Petite France et son marché de Noël parmi les plus célèbres au monde. Vers l'ouest, depuis n'importe quel point de la route, montez dans le massif des Vosges : la Route des Crêtes, tracée le long des sommets, offre des panoramas grandioses sur la plaine d'Alsace, la Forêt-Noire et parfois les Alpes, ainsi que les hautes chaumes, les lacs glaciaires et les fermes-auberges où l'on déguste le repas marcaire. La vallée de Munster et ses fromages, le Grand Ballon, le lac Blanc et le lac Noir valent le détour. Au sud, prolongez vers Mulhouse et ses musées techniques exceptionnels, la Cité de l'Automobile et la Cité du Train, parmi les plus riches d'Europe. Les amateurs d'histoire pousseront vers le Hartmannswillerkopf, champ de bataille et mémorial de la Première Guerre mondiale. Enfin, la Forêt-Noire allemande et Bâle, en Suisse, sont à moins d'une heure pour qui veut ajouter une touche transfrontalière à son séjour.

Erreurs à éviter

La première erreur est de vouloir tout enchaîner trop vite : avec une centaine de villages possibles, on est tenté de cocher des cases, mais la Route des Vins se savoure lentement, mieux vaut bien vivre huit villages que survoler quinze. Deuxième piège, ne visiter que les stars (Riquewihr, Eguisheim, Kaysersberg) en pleine journée et en plein été, quand elles débordent de monde : venez tôt le matin ou en soirée, et glissez-vous dans les villages confidentiels du nord et du sud pour respirer. Troisième écueil, négliger la question de l'alcool au volant : désignez un conducteur sobre, crachez le vin lors des dégustations, ou alternez les pauses gourmandes. Évitez aussi de venir sans réserver l'hébergement en septembre et pendant l'Avent, où tout affiche complet des semaines à l'avance. Ne zappez pas les sentiers viticoles, gratuits et superbes, qui offrent les plus belles vues sur les villages. Enfin, ne repartez pas sans avoir acheté du vin directement chez un vigneron : c'est le souvenir le plus précieux du voyage, et un soutien direct à ceux qui font vivre ce paysage d'exception.

Cigognes, châteaux et traditions vivantes

Au-delà du vin, la Route des Vins est jalonnée de symboles et de traditions qui font l'identité de l'Alsace. La cigogne blanche, emblème régional, a frôlé la disparition dans les années 1970 avant d'être sauvée par des programmes de réintroduction : aujourd'hui, on admire à nouveau ces grands échassiers nichant sur les toits, les clochers et les cheminées, claquant du bec au-dessus des villages, et plusieurs parcs comme à Hunawihr ou Turckheim permettent de les observer de près. Les châteaux forts en ruine, perchés sur les contreforts vosgiens, ponctuent l'horizon : outre le spectaculaire Haut-Koenigsbourg restauré, des dizaines de forteresses médiévales en ruine se laissent gagner par de jolis sentiers de randonnée, offrant des points de vue magnifiques et des plongées dans l'histoire mouvementée de la région, longtemps disputée entre la France et le monde germanique. Les traditions vivantes enchantent le voyage : le veilleur de nuit de Turckheim, les fontaines de vin de Wangen et Ribeauvillé, les fêtes des vendanges d'automne, les marchés de Noël de l'Avent, et la gastronomie partagée à la winstub. Cette Alsace-là, profondément attachée à ses racines, à sa langue régionale et à ses coutumes, donne au road trip une âme qui dépasse le seul plaisir des yeux et du palais.

Faire la Route des Vins à vélo

La Route des Vins se prête merveilleusement au vélo, et c'est même l'une des plus belles façons de la découvrir, au rythme lent qui convient à ce paysage. Un itinéraire cyclable balisé suit le vignoble du nord au sud, empruntant petites routes tranquilles et pistes dédiées à travers les vignes. Le terrain est globalement peu vallonné dans la plaine, mais devient plus exigeant dès que l'on grimpe vers les coteaux et les villages perchés : un vélo à assistance électrique, facile à louer sur place, permet d'avaler les côtes sans transpirer et de profiter pleinement des dégustations. Comptez cinq à sept jours pour relier Marlenheim à Thann à vélo en prenant le temps, ou choisissez des boucles à la journée autour de Colmar ou d'Obernai. De nombreux hébergeurs sont labellisés accueil vélo, avec local sécurisé et matériel de réparation, et certains proposent le transport des bagages d'étape en étape. Pédaler entre les rangs de vigne, s'arrêter dans un village pour un déjeuner, repartir vers une cave, c'est vivre la Route des Vins dans sa version la plus douce et la plus écologique. Pensez à bien vous hydrater, à prévoir un antivol pour les arrêts, et à modérer la dégustation si vous tenez le guidon.

Marchés de Noël et Route des Vins en hiver

Si la belle saison reste idéale pour conduire et flâner, l'Avent offre une tout autre expérience, féerique et parfumée. À partir de fin novembre et durant tout le mois de décembre, les villages de la Route des Vins se parent de mille décorations, de sapins et de guirlandes, et chaque place se transforme en marché de Noël. Colmar déploie plusieurs marchés thématiques dans ses différents quartiers, comptant parmi les plus réputés d'Europe. Kaysersberg séduit par l'authenticité de son marché, plus artisanal et moins commercial. Riquewihr, Ribeauvillé avec son marché médiéval, Eguisheim et Turckheim rivalisent de charme sous les illuminations. Dans l'air flottent les odeurs de vin chaud à la cannelle, de pain d'épices, de bredeles, ces petits gâteaux de Noël, et de marrons grillés. C'est une période magique mais très fréquentée, surtout les week-ends : réservez l'hébergement très en avance, attendez-vous à des villages bondés en journée, et privilégiez les visites en semaine ou en soirée. Les jours sont courts et le froid mordant, alors couvrez-vous chaudement. La conduite reste aisée, mais surveillez le verglas et la neige éventuelle sur les routes des coteaux. La Route des Vins en hiver, c'est l'Alsace de conte de fées, à découvrir au moins une fois.

Une route touristique pionnière

La Route des Vins d'Alsace est l'une des plus anciennes routes touristiques de France. Son histoire officielle débute le 30 mai 1953, lorsque deux cortèges de voitures partis l'un de Marlenheim au nord, l'autre de Thann au sud, se rejoignirent symboliquement à mi-parcours pour inaugurer ce nouvel itinéraire pensé pour relancer le tourisme viticole de l'après-guerre. L'idée, novatrice pour l'époque, était de baliser un parcours cohérent reliant les villages vignerons du piémont vosgien, afin d'attirer les visiteurs et de faire connaître les vins d'Alsace au-delà de la région. Le succès fut immédiat et durable. Mais l'histoire de la vigne en Alsace est bien plus ancienne : la culture remonte à l'époque romaine, prospéra au Moyen Âge sous l'impulsion des monastères et des cités libres, atteignit son apogée à la Renaissance, puis traversa des siècles difficiles, guerres, crises et changements de souveraineté entre la France et l'Allemagne. C'est au XXe siècle, avec la mise en place des appellations et la reconnaissance des grands crus à partir de 1975, que le vignoble alsacien a renoué avec l'excellence et la reconnaissance qui sont les siennes aujourd'hui. Parcourir la Route des Vins, c'est donc cheminer dans deux mille ans d'histoire viticole, lisible dans chaque coteau, chaque cave voûtée et chaque clocher.

Conseils photo et meilleurs points de vue

La Route des Vins est un paradis pour les photographes, à condition de jouer avec la lumière et les horaires. Les heures dorées du début de matinée et de la fin d'après-midi subliment les façades colorées, les colombages et les coteaux de vigne, tandis que la lumière dure de midi écrase les couleurs et amène la foule. Pour les villages stars comme Riquewihr et Eguisheim, venez à l'aube : les ruelles désertes et la lumière rasante offrent des clichés magiques sans personne dans le cadre. Pour les vues d'ensemble, rien ne vaut les sentiers viticoles qui grimpent au-dessus des villages : depuis les vignes du Schoenenbourg, on plonge sur les toits rouges serrés de Riquewihr ; depuis les hauteurs d'Eguisheim, on embrasse le plan circulaire et le vignoble. Le château du Haut-Koenigsbourg offre un panorama immense sur toute la plaine. Les cigognes sur les toits, les fontaines Renaissance, les enseignes en fer forgé et les portes fortifiées sont autant de détails à traquer. En automne, les coteaux mordorés et les vignes rougeoyantes composent les images les plus spectaculaires, surtout au lever du soleil quand la brume stagne dans la plaine. En décembre, revenez à la nuit tombée pour capturer les marchés de Noël illuminés. Pensez à un objectif grand-angle pour les ruelles étroites et à demander discrètement l'accord des habitants avant de les photographier.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire la Route des Vins d'Alsace ?

Comptez 4 jours pour un rythme confortable entre Marlenheim et Thann. C'est faisable en 2 ou 3 jours si l'on se concentre sur les villages les plus connus, mais 5 à 6 jours permettent d'ajouter des randonnées dans les vignes, des visites de caves et de vraies pauses gastronomiques.

Dans quel sens faire la Route des Vins d'Alsace ?

Du nord au sud, de Marlenheim vers Thann, c'est le sens historique et le balisage officiel. On commence près de Strasbourg, on traverse le cœur le plus dense des villages viticoles autour de Colmar, et l'on termine au sud face au Grand Ballon. Le sens inverse fonctionne tout aussi bien si vous arrivez par Mulhouse.

Quelle est la meilleure saison pour la Route des Vins d'Alsace ?

De mai à octobre. Le printemps offre des vignes verdoyantes et des villages fleuris de géraniums, l'été des terrasses animées, et septembre à octobre les vendanges et les vignes dorées, sans doute la plus belle période. Décembre vaut aussi le détour pour les marchés de Noël, mais c'est une expérience différente.

Faut-il une voiture pour la Route des Vins d'Alsace ?

La voiture reste le moyen le plus pratique pour relier les villages et s'arrêter au gré des caves et des points de vue. Mais le vélo est une superbe alternative sur les pistes cyclables dédiées, et plusieurs villages sont reliés par car ou par train depuis Strasbourg, Colmar et Sélestat pour ceux qui ne conduisent pas.

Quels sont les plus beaux villages de la Route des Vins ?

Les incontournables sont Riquewihr, Eguisheim et Kaysersberg, régulièrement cités parmi les plus beaux villages de France, ainsi qu'Obernai, Ribeauvillé, Turckheim et Mittelbergheim. Colmar, plus grande, sert de capitale au vignoble avec sa Petite Venise.

Quel budget prévoir pour la Route des Vins d'Alsace ?

Sur 4 jours, comptez environ 350 à 600 euros par personne hors transport pour rejoindre l'Alsace : hébergement, repas, dégustations et visites. L'essence est négligeable vu les courtes distances, et beaucoup de dégustations en cave sont gratuites ou offertes à l'achat.

Les dégustations dans les caves sont-elles payantes ?

Le plus souvent non, dans les domaines familiaux la dégustation est gratuite et conviviale, sans obligation d'achat même si un geste est apprécié. Certaines grandes maisons ou caves coopératives proposent des dégustations thématiques payantes, plus encadrées, autour de 10 à 25 euros.

Peut-on faire la Route des Vins d'Alsace à vélo ?

Oui, c'est même l'une des plus belles façons de la découvrir. Un itinéraire cyclable balisé suit le vignoble du nord au sud, sur terrain peu vallonné dans la plaine et plus exigeant près des collines. Comptez 5 à 7 jours à vélo, ou louez un vélo électrique pour avaler les côtes sans effort.

Où dormir sur la Route des Vins d'Alsace ?

Colmar est la base idéale au centre du vignoble. Obernai et Barr conviennent pour le nord, Ribeauvillé, Riquewihr et Kaysersberg pour le secteur le plus touristique, Eguisheim et Guebwiller pour le sud. Privilégiez les chambres d'hôtes chez les vignerons et réservez tôt en septembre et en décembre.

Quels cépages goûter en Alsace ?

Les sept cépages alsaciens sont le riesling, le gewurztraminer, le pinot gris, le muscat, le pinot blanc, le sylvaner et le pinot noir, seul rouge de la région. Goûtez aussi le crémant d'Alsace, effervescent réputé, et les vins issus des 51 grands crus du vignoble.

La Route des Vins d'Alsace convient-elle aux enfants ?

Tout à fait : les villages aux maisons colorées, les cigognes, les châteaux comme le Haut-Koenigsbourg, la Montagne des Singes et la Volerie des Aigles près de Kintzheim ravissent les familles. Alternez visites de villages et activités de plein air pour rythmer les journées des plus jeunes.

Prêt à partir ?

Ouvre l'itinéraire complet dans l'outil, ajuste-le à ton envie et obtiens ton lien Google Maps en un clic.

✏️ Personnaliser cet itinéraire 🪙 Trouver les pépites de ce trajet

D'autres road trips de légende