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Road trip Grossglockner Hochalpenstrasse : la plus belle route alpine d'Autriche (Bruck à Heiligenblut)

La Grossglockner Hochalpenstrasse est la route alpine la plus spectaculaire d'Autriche : 48 kilomètres de virages en épingle qui grimpent jusqu'à 2 504 mètres, face au plus haut sommet du pays et à son glacier. Voici l'itinéraire complet en 11 points de vue, de Fusch (Bruck) à Heiligenblut, avec la carte, le tarif du péage, la meilleure saison et tous nos conseils de conduite en montagne · prêt à lancer dans Google Maps.

La Grossglockner Hochalpenstrasse serpentant en virages dans les Hautes Alpes autrichiennes, face aux sommets enneigés
📍 Grossglockner Hochalpenstrasse, parc national des Hohe Tauern · la route panoramique mythique des Alpes autrichiennes
Distance
~48 km
Durée conseillée
1 jour
Meilleure saison
Mai à octobre
Péage · altitude
~41 € · 2 504 m

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Pourquoi faire le road trip de la Grossglockner Hochalpenstrasse ?

La Grossglockner Hochalpenstrasse n'est pas une route comme les autres : c'est une œuvre d'art posée sur la montagne. Inaugurée en 1935 après cinq années d'un chantier titanesque mené à la pioche et à la dynamite, elle fut conçue dès l'origine non pas comme un axe de transport, mais comme une route panoramique, faite pour le plaisir des yeux. Son ingénieur, Franz Wallack, a tracé chaque virage pour offrir un nouveau tableau : un glacier ici, une vallée vertigineuse là, un troupeau de marmottes plus loin. Quatre-vingt-dix ans plus tard, elle reste l'une des plus belles routes de montagne du monde, et de loin l'attraction payante la plus visitée d'Autriche.

Tout ici tourne autour d'un géant : le Grossglockner, point culminant de l'Autriche à 3 798 mètres, pyramide de roche et de glace qui domine le parc national des Hohe Tauern, le plus vaste des Alpes. À son pied s'étire la Pasterze, le plus long glacier d'Autriche, que la route vous amène contempler de plein fouet depuis un belvédère perché à plus de 2 300 mètres. Entre les deux, 48 kilomètres de bitume impeccable enchaînent 36 virages en épingle numérotés, des cols battus par le vent, des prairies d'altitude piquetées de fleurs et des langues de neige qui persistent jusqu'en juillet.

Ce qui rend ce voyage unique, c'est sa densité. Là où d'autres road trips s'étirent sur des milliers de kilomètres, le Grossglockner concentre en une seule journée tout ce que la haute montagne offre de plus grandiose. On passe en quelques heures des pâturages verdoyants de la vallée de Fusch aux glaciers et aux névés des sommets, on croise des bouquetins et des marmottes, on visite des musées d'altitude, on roule sur des embranchements panoramiques comme l'Edelweissspitze et la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, puis on redescend vers le village de carte postale de Heiligenblut et son clocher pointu posé devant le Grossglockner. C'est un concentré d'Alpes, accessible en voiture de tourisme, sans aucune compétence de montagnard.

Enfin, c'est une route qui se mérite et se savoure. Le péage filtre la circulation, la route ferme la nuit et l'hiver, et chaque arrêt est aménagé avec un soin tout autrichien : parkings, panneaux explicatifs, sentiers balisés, restaurants d'altitude. On ne traverse pas le Grossglockner, on le vit, virage après virage, point de vue après point de vue. Préparez l'appareil photo, vérifiez les freins, et offrez-vous l'une des plus belles journées de votre vie de voyageur.

La carte de l'itinéraire

Les 11 points de vue principaux, dans l'ordre, de Fusch à Heiligenblut :

L'itinéraire point de vue par point de vue

1. Fusch & Bruck · le point de départ

Entrée nord · péage

L'aventure commence côté nord, dans la vallée de la Fuscher Ache, à Bruck an der Grossglocknerstrasse et au village voisin de Fusch, accrochés à 800 mètres d'altitude au débouché de la vallée de la Salzach. C'est ici, à Ferleiten un peu plus haut, que se trouve la barrière de péage nord : prenez votre ticket, gardez-le précieusement, il vous donne accès à toute la route, aux parkings et aux expositions jusqu'au lendemain matin. Avant d'attaquer la montée, faites le plein de carburant dans la vallée, car il n'y a pas de station-service sur la route alpine elle-même. Profitez aussi de l'altitude encore basse pour vous équiper : même en plein été, il fera nettement plus frais et venteux là-haut, prévoyez un coupe-vent et un pull dans le sac à portée de main. Le décor est encore résolument pastoral : prairies vertes, fermes en bois sombre, vaches aux cloches sonores et torrent qui dévale. On peine à imaginer que, dans une heure, on roulera au milieu des glaciers. Réglez l'autoradio sur une station tranquille, vérifiez le niveau d'essence et la pression des pneus, et lancez le compteur : ces 48 kilomètres comptent parmi les plus intenses qu'une route de montagne puisse offrir.

2. Ferleiten · la dernière vallée verte

~10 km · 15 min

Juste après le poste de péage, Ferleiten marque la dernière respiration verte avant la grande montée. Ce hameau au fond de la vallée est entouré de pâturages et abrite un petit parc animalier de montagne, le Wild- und Erlebnispark Ferleiten, où l'on peut observer dans de vastes enclos la faune des Alpes : cerfs, bouquetins, chamois, marmottes et même des loups, idéal pour une première halte si vous voyagez en famille. C'est aussi le point de départ de belles randonnées vers les hauteurs. À partir d'ici, la route quitte définitivement le plancher de la vallée et entame son ascension par une série de lacets de plus en plus serrés. On sent la voiture forcer un peu, les oreilles commencent à se boucher, et le paysage se transforme à vue d'œil : les arbres se raréfient, les prairies cèdent la place à la lande d'altitude, et de premiers panoramas s'ouvrent en arrière sur la vallée que l'on vient de quitter. Profitez des premières aires de stationnement pour vous retourner et mesurer le chemin parcouru. C'est le moment où le road trip bascule vraiment dans la haute montagne, et où chaque virage promet une vue meilleure que le précédent.

3. Hochmais & la montée des lacets

~6 km · 15 min

La section entre Ferleiten et le Fuscher Törl est la grande montée nord, un enchaînement de virages en épingle numérotés qui grignotent plus de 1 000 mètres de dénivelé. Au point de vue de Hochmais, vers 1 850 mètres, une aire aménagée permet de souffler et d'embrasser d'un seul regard la vallée de Fusch déroulée tout en bas, avec la route qui la rejoint en zigzags vertigineux. C'est l'un des plus beaux endroits pour saisir l'audace du tracé de Wallack : on voit littéralement le ruban d'asphalte se replier sur lui-même à flanc de montagne. Les pâturages d'altitude qui entourent l'aire sont le royaume des marmottes : tendez l'oreille, leur sifflement d'alerte perce souvent le silence, et avec un peu de patience on les aperçoit dressées sur leurs pattes arrière à l'entrée de leurs terriers. Au-dessus de vous se dessinent déjà les premières arêtes minérales et, par temps clair, des névés accrochés aux pentes. La température a chuté de plusieurs degrés depuis la vallée, le vent se lève, et l'air se fait plus vif et plus pur. Prenez le temps, ne grillez pas les arrêts : c'est précisément pour cette lente montée théâtrale que la route a été dessinée.

4. Fuscher Törl · le premier grand col

~3 km · 10 min

À 2 428 mètres, le Fuscher Törl est le premier des deux grands cols de la route et un carrefour panoramique majeur. C'est un balcon ouvert à 360 degrés sur une mer de sommets : par temps dégagé, on aperçoit le Grossglockner lui-même, le Grosses Wiesbachhorn et des dizaines d'autres cimes des Hohe Tauern. Une petite chapelle commémorative en pierre, érigée en mémoire des ouvriers morts pendant la construction de la route, veille sur le col et rappelle le prix humain de cet exploit d'ingénierie. C'est ici que part l'embranchement vers l'Edelweissspitze, le point le plus haut accessible en voiture, à ne surtout pas manquer. Le vent souffle souvent fort à cette altitude, et même en août il n'est pas rare de marcher sur des plaques de neige résiduelle au bord du parking : couvrez-vous. Garez-vous, faites le tour des belvédères, lisez les panneaux qui identifient chaque sommet à l'horizon, et laissez l'immensité minérale vous saisir. On est désormais bien au-dessus de la limite des arbres, dans un univers de roche, de lichen et de ciel. C'est le premier moment où l'on comprend pourquoi cette route est considérée comme l'une des plus belles du monde.

5. Edelweissspitze · le toit de la route

~2 km · 10 min

Voici le sommet routier de la Grossglockner Hochalpenstrasse : l'Edelweissspitze, perchée à 2 571 mètres, accessible par un court mais raide embranchement pavé de petits pavés ronds qui grimpe en quelques lacets serrés depuis le Fuscher Törl. Attention, ce tronçon historique est étroit et son revêtement est glissant par temps de pluie : montez doucement et restez vigilant aux véhicules qui descendent. La récompense, au sommet, est tout simplement le plus vaste panorama de toute la route. Une tour d'observation en pierre couronne le belvédère, et de là on embrasse, dit-on, plus de trente sommets de plus de 3 000 mètres et une douzaine de glaciers répartis tout autour de l'horizon. C'est le toit du voyage, le point de vue le plus élevé que l'on puisse atteindre au volant. Le vent y est presque toujours présent et la température peut être hivernale même au cœur de l'été : un bonnet n'est pas un luxe. Prenez le temps de faire le tour complet de la plateforme, d'identifier le Grossglockner et le Wiesbachhorn, et de photographier la route que vous venez de gravir, minuscule fil sinueux au fond de la vallée. Beaucoup de visiteurs considèrent ce belvédère comme le clou absolu de la journée.

6. Fuscher Lacke & le musée Haus Alpine Naturschau

~4 km · 10 min

De retour sur l'axe principal, la route file vers le sud et longe la Fuscher Lacke, un petit lac de montagne d'un bleu sombre niché dans un cirque minéral vers 2 260 mètres, dont la surface reflète les sommets environnants par temps calme. C'est l'un des points photo les plus paisibles du parcours, en contraste avec les cols balayés par le vent. Sur place se trouve la Haus Alpine Naturschau, un musée de montagne gratuit et passionnant, installé dans un ancien bâtiment de chantier. Ses salles racontent avec pédagogie la géologie des Alpes, la formation des glaciers, la faune et la flore d'altitude, le climat et l'histoire de la construction de la route. C'est l'arrêt idéal pour comprendre ce que l'on voit dehors, et une halte bienvenue à l'abri si le temps se gâte. Tout autour, des sentiers d'interprétation courts permettent de se dégourdir les jambes et d'observer de près la flore alpine : edelweiss, gentianes, rhododendrons nains et lichens accrochés au moindre rocher. C'est aussi un excellent secteur pour repérer les marmottes, abondantes dans les pelouses d'altitude. Comptez une bonne demi-heure ici si la curiosité vous prend, davantage si vous voyagez avec des enfants.

7. Hochtor · le tunnel au point culminant

~2 km · 5 min

Le Hochtor, à 2 504 mètres, est le point culminant de la route proprement dite et le passage clé entre le Land de Salzbourg et celui de Carinthie. Un court tunnel percé sous le col franchit la ligne de partage des eaux entre le bassin du Danube, au nord, et celui de la Drave, au sud : en traversant ces 311 mètres d'obscurité, vous changez littéralement de versant des Alpes. À l'entrée du tunnel, une aire de stationnement permet de s'arrêter pour photographier le portail de pierre et lire les panneaux d'histoire : ce col était déjà un passage commercial il y a plus de 3 500 ans, comme l'attestent des trouvailles archéologiques de l'âge du bronze retrouvées sur place, dont une petite statuette romaine célèbre. On est ici sur un seuil chargé d'histoire, emprunté par les colporteurs, les Romains et les pèlerins bien avant l'invention de l'automobile. Au sortir du tunnel côté sud, le décor change subtilement : la lumière, l'exposition et la végétation diffèrent, et l'on amorce la longue descente vers la Carinthie et le clou du spectacle, le belvédère face au Grossglockner. La température au Hochtor reste fraîche toute l'année, et de la neige peut subsister sur les bas-côtés même en plein cœur de l'été.

8. Glocknerstrasse · l'embranchement vers le glacier

~9 km · 20 min

Peu après le Hochtor, sur le versant sud, la route principale poursuit vers Heiligenblut, mais un embranchement majeur, la Gletscherstrasse, file vers l'ouest en direction de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe : c'est l'antichambre du moment le plus attendu de la journée. Ce tronçon en cul-de-sac, à parcourir aller-retour, serpente à flanc de montagne au-dessus de la vallée de la Möll, offrant des vues plongeantes spectaculaires et de nouvelles enfilades de virages. Le paysage devient franchement glaciaire : on aperçoit des moraines, des roches polies par l'ancienne glace, des cascades issues de la fonte, et l'air se charge de cette fraîcheur minérale particulière aux abords des grands glaciers. Plusieurs aires de stationnement jalonnent le parcours et invitent à s'arrêter pour admirer la haute vallée et, déjà, les premières apparitions du Grossglockner entre les épaulements rocheux. C'est aussi un secteur réputé pour l'observation de la faune : avec un peu de chance et une paire de jumelles, on repère des bouquetins immobiles sur les arêtes ou des chamois traversant les pierriers. Roulez tranquillement, car la route est étroite par endroits et la circulation peut ralentir aux abords du parking terminal en haute saison. La récompense au bout est l'un des plus grands spectacles naturels des Alpes.

9. Kaiser-Franz-Josefs-Höhe · face au Grossglockner

~1 km · 5 min

C'est le sommet émotionnel du voyage. La Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, vaste belvédère perché à 2 369 mètres au bout de la Gletscherstrasse, place le visiteur en face directe du Grossglockner, qui dresse sa pyramide de 3 798 mètres au-dessus de la Pasterze, le plus long glacier d'Autriche. Le spectacle est immense : la langue de glace s'étire en contrebas, striée de crevasses et de moraines, et le plus haut sommet du pays domine la scène, souvent coiffé d'un panache de nuages. Un grand bâtiment d'accueil abrite un parking à étages, des restaurants panoramiques, des expositions sur l'histoire de l'alpinisme et de la conquête du Grossglockner, et même une galerie d'observation. Prenez le temps de marcher le long des belvédères aménagés et, si vous le pouvez, empruntez le sentier qui descend vers le glacier ou le petit funiculaire historique, la Gletscherbahn, qui mène vers la glace, pour mesurer de plus près la fonte spectaculaire de la Pasterze, dont la langue recule de plusieurs mètres chaque année. C'est un constat à la fois sublime et inquiétant sur le changement climatique. Les marmottes pullulent autour du parking et viennent parfois quémander, mais ne les nourrissez surtout pas. Réservez ici au minimum une heure, idéalement deux : c'est le cœur battant de toute l'excursion, le panorama que vous garderez en mémoire bien après le retour.

10. La Pasterze · le plus long glacier d'Autriche

Au pied du belvédère

Depuis la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, le glacier de la Pasterze mérite qu'on lui consacre un temps à part, car il constitue à lui seul une leçon de géographie vivante. Long d'environ huit kilomètres, c'est le plus grand glacier des Alpes orientales, mais c'est aussi l'un des plus surveillés au monde : des bornes et des panneaux le long du sentier de descente indiquent où s'arrêtait la glace il y a dix, trente ou cinquante ans, et le recul est saisissant, parfois plusieurs centaines de mètres. Un sentier balisé, le Gamsgrubenweg, court à flanc de versant et offre des points de vue successifs sur la langue glaciaire, ses crevasses bleutées et les sommets qui l'encadrent ; d'autres chemins, plus engagés, descendent vers le lit du glacier pour les marcheurs équipés. Quel que soit votre niveau, faites au moins quelques pas hors du belvédère principal pour sentir l'échelle réelle du paysage et le souffle froid qui descend de la glace. C'est un lieu de contemplation pure, où le temps géologique se mesure à l'œil nu. Habillez-vous chaudement, car le vent catabatique qui glisse le long du glacier est mordant, même quand le soleil brille. Et n'oubliez pas que vous foulez un parc national strictement protégé : restez sur les sentiers et ne ramassez rien.

11. Heiligenblut · le village de carte postale

~16 km · 30 min

La descente finale ramène, par une nouvelle salve de virages, vers Heiligenblut am Grossglockner, à 1 300 mètres d'altitude, et clôt le voyage en beauté. Ce village de montagne est l'un des plus photographiés des Alpes pour une raison évidente : son église gothique du XVe siècle, à l'élégant clocher effilé, se dresse au premier plan, parfaitement alignée avec la silhouette du Grossglockner en arrière-plan. Le cliché est mondialement connu, et le meilleur point de prise de vue, en contrebas du village, attire les photographes à la lumière dorée du matin et du soir. La légende raconte que l'église abrite une fiole du Saint-Sang, qui a donné son nom au village, Heiligenblut signifiant littéralement le sang sacré. Au-delà de l'image, Heiligenblut est un agréable village touristique où poser ses valises pour la nuit après une journée si intense : auberges chaleureuses, terrasses, et le calme retrouvé de la moyenne montagne. C'est la base idéale pour ceux qui veulent prolonger l'aventure vers le sud, en Carinthie, ou aborder la route en sens inverse le lendemain matin. Garez-vous, marchez jusqu'au belvédère de l'église, et offrez-vous l'ultime photo du voyage : le clocher pointu et, derrière lui, le toit de l'Autriche. Vous venez de parcourir l'une des plus belles routes de montagne de la planète.

Infos pratiques & conseils

Le péage : tarif et horaires

La Grossglockner Hochalpenstrasse est une route privée à péage, et c'est ce qui permet son entretien irréprochable. En 2026, comptez environ 41 euros le billet journalier pour une voiture et environ 30 euros pour une moto ; le ticket est valable jusqu'au lendemain matin, ce qui autorise une nuit sur place et une seconde montée. Il existe des cartes saisonnières avantageuses pour les habitués et des billets en ligne souvent un peu moins chers que sur place. Le prix peut sembler élevé, mais il inclut l'accès à toute la route, à tous les parkings, aux aires panoramiques, aux musées et expositions. Les barrières de péage se situent à Ferleiten au nord et à Heiligenblut au sud. Côté horaires, la route n'est ouverte que de jour : l'accès est autorisé environ de 5 ou 6 heures du matin jusqu'à 20 heures en été, avec une dernière entrée souvent vers 19 heures, et des horaires resserrés en début et fin de saison. La route ferme la nuit, on ne peut donc pas la traverser après la fermeture des barrières. Vérifiez toujours les tarifs et horaires exacts à jour sur le site officiel avant de partir, car ils évoluent chaque année.

Quand y aller : la saison et les horaires d'ouverture

La route est fermée tout l'hiver à cause de la neige et n'ouvre que de début mai à fin octobre ou début novembre, selon l'enneigement. Au printemps, l'ouverture en mai se fait au milieu de spectaculaires murs de neige déblayés par les chasse-neige, parfois hauts de plusieurs mètres : un décor à part, mais des belvédères encore partiellement enneigés. Juin et septembre offrent le meilleur compromis : neige déblayée, prairies fleuries au début de l'été ou couleurs d'automne en fin de saison, et affluence raisonnable. Juillet et août sont les mois les plus sûrs côté météo et les plus animés, mais aussi les plus fréquentés, avec des parkings qui se remplissent en milieu de journée et des files de motos. Partez tôt le matin, idéalement avant 9 heures, pour profiter de la lumière, du calme et d'une circulation fluide. La fin octobre annonce la fermeture imminente : la route peut clore du jour au lendemain dès les premières grosses chutes de neige.

Conduite en montagne : ce qu'il faut savoir

La route est large, magnifiquement entretenue et parfaitement accessible à une voiture de tourisme : pas besoin de 4x4 ni de chaînes en été. Mais elle reste exigeante, avec 36 virages en épingle numérotés et des pentes atteignant 12 pour cent. Avant de partir, vérifiez vos freins, vos pneus et vos niveaux. En montée, rétrogradez pour soulager le moteur ; en descente, c'est encore plus important : utilisez le frein moteur en rétrogradant plutôt que de garder le pied sur la pédale, sous peine de surchauffer et de vitrifier vos plaquettes, ce qui peut conduire à une perte de freinage. Restez sur la voie de droite, ne coupez jamais les virages, et utilisez les aires d'évitement pour laisser passer les véhicules plus rapides. Les motards, très nombreux, roulent souvent vite : anticipez. L'altitude peut faire faiblir les moteurs anciens ou peu puissants, surtout en charge. Le tronçon pavé vers l'Edelweissspitze est étroit et glissant par temps humide : prudence. Enfin, gardez toujours du carburant, car il n'y a aucune station-service sur la route alpine : faites le plein dans la vallée avant la montée.

Où dormir avant ou après

Comme la route se parcourt en une journée, l'idéal est de dormir à une extrémité, la veille ou le soir même. Côté nord, Bruck an der Grossglocknerstrasse, Fusch et surtout Zell am See, station-lac très complète à une vingtaine de minutes, offrent un large choix d'hôtels, de pensions et de restaurants : c'est la base idéale si vous arrivez de Salzbourg ou de l'Allemagne. Kaprun, voisine, séduit les amateurs de glaciers et de barrages. Côté sud, le village de Heiligenblut, au pied de l'église et du Grossglockner, est le choix le plus romantique pour une nuit en altitude, avec ses auberges chaleureuses et son panorama matinal incomparable ; Winklern et la vallée de la Möll prolongent les options en Carinthie. Réservez à l'avance en juillet et août, car la région est très prisée. Une stratégie payante consiste à dormir au nord, à monter tôt le matin, à passer la journée sur la route, puis à dormir au sud ou à redescendre selon la suite de votre voyage. Le ticket de péage valable jusqu'au lendemain facilite ce découpage en deux demi-journées.

Budget pour la journée

Le poste principal est le péage, environ 41 euros pour une voiture, quel que soit le nombre de passagers : à plusieurs, le coût par personne devient très raisonnable. Ajoutez le carburant, modeste sur 48 kilomètres mais à anticiper avec le plein préalable dans la vallée. Les musées et expositions sur la route sont compris dans le péage, ce qui est appréciable. Prévoyez le déjeuner : les restaurants d'altitude, notamment à la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe et au Fuscher Törl, pratiquent des prix touristiques, comptez 15 à 25 euros par personne pour un plat, ou emportez un pique-nique pour manger face au glacier, ce qui est à la fois économique et magique. Ajoutez d'éventuels souvenirs, le funiculaire vers le glacier si vous le prenez, et la nuit d'hôtel à l'une des extrémités, de 80 à 160 euros selon la saison et le confort. Au total, pour un couple, une journée sur le Grossglockner avec une nuit revient en moyenne à 150 à 250 euros, péage et repas compris. C'est l'un des road trips alpins au rapport émotions sur budget les plus favorables qui soient.

Marmottes, bouquetins et faune des Hohe Tauern

Le parc national des Hohe Tauern abrite une faune alpine exceptionnelle, et la route en offre de superbes observations sans effort. Les vedettes incontestées sont les marmottes : présentes par centaines dans les pelouses d'altitude autour de Hochmais, de la Fuscher Lacke et de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, elles se laissent facilement repérer à leur sifflement d'alerte aigu et se dressent volontiers à l'entrée de leurs terriers. Ne les nourrissez jamais, c'est interdit et nuisible à leur santé. Les bouquetins, réintroduits avec succès, se voient souvent immobiles sur les arêtes rocheuses ou les pierriers, surtout tôt le matin ; une paire de jumelles fait merveille. Les chamois, plus farouches, fréquentent les pentes raides. Levez aussi les yeux : le gypaète barbu, immense rapace au vol majestueux réintroduit dans le parc, plane parfois au-dessus des vallées, tout comme l'aigle royal. Les abords du glacier et les zones humides attirent une avifaune variée. Roulez doucement à l'aube et au crépuscule, moments où la faune traverse la route, et respectez scrupuleusement les distances : vous êtes ici les invités d'un sanctuaire protégé.

Météo et neige : surveiller le ciel

En haute montagne, la météo est reine et change vite. Une matinée radieuse peut virer à l'orage en début d'après-midi, surtout en été où les nuages s'accrochent souvent aux sommets dès midi : d'où l'intérêt de monter tôt pour profiter du ciel clair et des plus belles lumières. Consultez la veille les prévisions et, si possible, les webcams en direct installées sur la route, qui montrent l'état réel du ciel aux différents cols : un fond de vallée ensoleillé ne garantit en rien un sommet dégagé, et inversement. La température chute d'environ 6 degrés tous les 1 000 mètres : prévoyez 15 à 20 degrés de moins au Hochtor qu'à Bruck, et un vent qui renforce la sensation de froid. De la neige peut tomber même en plein été aux altitudes les plus hautes, et persiste sur les bas-côtés jusqu'en juillet. En début et fin de saison, une chute de neige peut entraîner la fermeture temporaire de la route ou de ses embranchements. Habillez-vous en couches, emportez systématiquement un coupe-vent, un pull, un bonnet léger et des lunettes de soleil, car le rayonnement est intense en altitude.

À voir autour de la route

La Grossglockner s'intègre merveilleusement dans un séjour plus large dans les Alpes autrichiennes. Au nord, Zell am See et son lac aux eaux limpides invitent à la baignade, au bateau et aux balades, tandis que le téléphérique du Schmittenhöhe offre un panorama complémentaire. Tout proche, le glacier du Kitzsteinhorn, accessible en téléphérique depuis Kaprun, permet de fouler la neige toute l'année et complète idéalement la thématique glaciaire. Les gorges de Sigmund Thun à Kaprun et les impressionnantes chutes de Krimml, parmi les plus hautes d'Europe, sont à moins d'une heure. Au sud, en Carinthie, la vallée de la Möll, la jolie ville de Lienz dans le Tyrol oriental et les nombreux lacs de la région prolongent le voyage dans une ambiance plus méridionale et ensoleillée. Les amateurs de routes panoramiques pourront enchaîner avec d'autres cols autrichiens spectaculaires. Et pour les marcheurs, le parc national des Hohe Tauern déploie un réseau de sentiers exceptionnel, des balades familiales aux courses d'altitude, autour du plus haut sommet du pays.

Idée de journée heure par heure

Pour profiter pleinement de la route sans courir, voici un déroulé type. Vers 8 heures, petit déjeuner et plein de carburant dans la vallée, à Bruck ou Fusch. Vers 9 heures, passage du péage à Ferleiten et début de la montée, avec un premier arrêt au parc animalier ou au point de vue de Hochmais. Vers 10 heures 30, le Fuscher Törl puis la boucle vers l'Edelweissspitze, le toit de la route, pour le panorama du matin encore limpide. Vers 11 heures 30, la Fuscher Lacke et le musée de la nature alpine pour une pause culturelle. Vers 12 heures 30, passage du Hochtor et descente de la Gletscherstrasse vers le glacier. De 13 à 15 heures, le temps fort : la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, déjeuner face au Grossglockner et balade vers la Pasterze. En milieu d'après-midi, descente tranquille vers Heiligenblut, arrivée vers 16 ou 17 heures pour la photo de l'église au soleil déclinant. Nuit sur place ou poursuite du voyage. Adaptez bien sûr selon votre rythme et la météo, mais retenez la règle d'or : monter tôt, prendre son temps en haut, redescendre l'après-midi.

Moto, vélo et camping-car

La Grossglockner est un paradis pour les motards, qui en font l'un des cols les plus courus d'Europe : tarif réduit, virages grisants et panoramas à couper le souffle. La prudence reste de mise, car la fréquentation est dense et la météo changeante peut rendre la chaussée glissante. Les cyclistes les plus aguerris s'attaquent aussi à la montée, véritable défi sportif réputé, parfois au programme de grandes courses : prévoyez alors un excellent niveau, des vêtements chauds pour la descente glaciale et une grande vigilance dans le trafic. Les camping-cars et autocaravanes sont admis et la route est suffisamment large, mais l'embranchement pavé vers l'Edelweissspitze leur est déconseillé, voire interdit aux plus grands gabarits, et certaines aires de stationnement sont limitées en taille. Quel que soit votre véhicule, la règle de l'usage modéré des freins en descente s'applique avec d'autant plus de force que la masse est élevée. Renseignez-vous sur les éventuelles restrictions de gabarit avant de vous engager si vous voyagez en gros véhicule.

Erreurs à éviter

La première erreur est de traverser la route trop vite, en la considérant comme un simple raccourci entre deux vallées : on file en deux heures et on passe à côté de tout. Le Grossglockner se savoure une journée entière, arrêt après arrêt. Deuxième piège, partir trop tard : les nuages d'après-midi voilent souvent les sommets en été, et les parkings se remplissent ; visez le départ matinal. Troisième écueil, sous-estimer le froid et le vent en altitude : monter en short et en tee-shirt par une belle matinée de vallée, puis grelotter au Hochtor, est l'erreur classique du visiteur non averti. Quatrième, négliger les freins : descendre les épingles en gardant le pied sur la pédale peut les faire surchauffer dangereusement, rétrogradez. Cinquième, oublier de faire le plein dans la vallée, alors qu'il n'y a aucune station sur la route. Évitez aussi de nourrir les marmottes, de quitter les sentiers dans le parc national, et de réserver votre venue par mauvais temps annoncé : sans visibilité, le spectacle perd tout son sens, mieux vaut décaler d'un jour si votre planning le permet.

Histoire d'une route mythique

La Grossglockner Hochalpenstrasse est née d'un pari fou en pleine crise économique. Au début des années 1930, l'Autriche, frappée par le chômage, décide de construire une grande route alpine touristique pour relier les Länder de Salzbourg et de Carinthie, créer de l'emploi et attirer les visiteurs. L'ingénieur Franz Wallack conçoit un tracé d'une élégance rare, pensé pour le paysage autant que pour la circulation, avec ses virages calculés pour offrir le meilleur panorama. Plus de 3 000 ouvriers se relaient sur le chantier, à la pioche, à la pelle et à la dynamite, dans des conditions extrêmes ; plusieurs y laissent la vie, comme le rappelle la chapelle du Fuscher Törl. La route est inaugurée en grande pompe en août 1935. Dès l'origine, elle remporte un succès phénoménal et devient un symbole national. Wallack, pour résoudre l'épineux problème de la neige, invente même une fraiseuse à neige spéciale, désormais exposée, qui permet de rouvrir chaque printemps les murs de glace accumulés durant l'hiver. Aujourd'hui classée monument et toujours gérée par une société dédiée, elle accueille chaque année des centaines de milliers de visiteurs venus du monde entier, fidèles à la vision de son créateur : une route faite pour le seul bonheur de regarder la montagne.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire la Grossglockner Hochalpenstrasse ?

La route ne fait que 48 kilomètres, mais avec les arrêts, les boucles panoramiques et les musées, comptez une bonne journée complète, soit cinq à sept heures. On peut la traverser en deux heures sans s'arrêter, mais ce serait passer à côté de l'essentiel : ici, le voyage est dans les points de vue, pas dans la distance.

Combien coûte le péage de la Grossglockner Hochalpenstrasse ?

En 2026, le billet journalier pour une voiture coûte environ 41 euros, et environ 30 euros pour une moto. Le ticket est valable jusqu'au lendemain matin et donne accès à toute la route, aux parkings, aux expositions et aux aires panoramiques. Des cartes saisonnières existent pour les visiteurs réguliers. Vérifiez le tarif à jour sur le site officiel avant de partir.

Quelle est la meilleure saison pour rouler sur le Grossglockner ?

De mai à octobre, période durant laquelle la route est ouverte. Juin et septembre offrent le meilleur compromis : neige déblayée, prairies fleuries ou couleurs d'automne, et moins de monde qu'en plein été. Juillet et août sont magnifiques mais très fréquentés. La route ferme dès les premières grosses neiges, généralement fin octobre ou début novembre.

La route du Grossglockner est-elle difficile à conduire ?

Elle est exigeante mais parfaitement accessible à tout conducteur prudent : large, goudronnée, balisée, avec 36 virages en épingle numérotés et des pentes pouvant atteindre 12 pour cent. Pas besoin de 4x4. Vérifiez vos freins, rétrogradez dans les descentes pour ménager les plaquettes, et roulez tranquillement. La haute altitude peut surprendre les véhicules anciens et les moteurs poussifs.

À quelle altitude monte-t-on sur la route alpine ?

Le point culminant de la route principale est le Hochtor, à 2 504 mètres. Mais l'embranchement vers l'Edelweissspitze grimpe encore plus haut, à 2 571 mètres, c'est le point le plus élevé accessible en voiture. Le Grossglockner lui-même, que l'on admire depuis la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, culmine à 3 798 mètres : c'est le plus haut sommet d'Autriche.

La route est-elle ouverte la nuit ?

Non. La route ferme chaque soir, généralement vers 20 heures en été, avec une dernière entrée vers 19 heures, et des horaires resserrés en début et fin de saison. On ne peut donc pas la franchir la nuit. Planifiez votre traversée en journée et dormez à l'une des extrémités, à Zell am See ou Bruck au nord, à Heiligenblut au sud.

Peut-on voir des marmottes et des bouquetins ?

Oui, très facilement. Les marmottes sont nombreuses dans les pelouses d'altitude autour de Hochmais, de la Fuscher Lacke et de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, repérables à leur sifflement aigu. Les bouquetins, réintroduits dans le parc, s'observent souvent sur les arêtes rocheuses, surtout tôt le matin. Emportez des jumelles et ne nourrissez jamais les animaux.

Peut-on voir le glacier de la Pasterze ?

Oui, c'est le clou du voyage. Depuis le belvédère de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, on fait face au Grossglockner et à la Pasterze, le plus long glacier d'Autriche. Des sentiers descendent vers la glace et un funiculaire historique mène plus bas. Des panneaux montrent le recul spectaculaire du glacier au fil des décennies, témoignage frappant du réchauffement climatique.

Faut-il une vignette autoroutière en plus du péage ?

La route alpine elle-même fonctionne avec son propre péage et ne nécessite pas la vignette autoroutière. En revanche, pour rouler sur les autoroutes et voies rapides autrichiennes afin de rejoindre la région, vous devrez vous acquitter de la vignette nationale, achetée en station-service, à la frontière ou en ligne. Prévoyez donc les deux si vous arrivez par autoroute.

Dans quel sens parcourir la route ?

Les deux sens sont magnifiques. Du nord au sud, de Bruck à Heiligenblut, on monte par la vallée de Fusch et l'on termine en beauté face au village et à son église alignée sur le Grossglockner. C'est le sens que nous conseillons pour finir sur l'image carte postale. Le ticket étant valable jusqu'au lendemain, rien n'empêche de faire l'aller-retour pour profiter des deux ambiances de lumière.

La route convient-elle aux familles avec enfants ?

Tout à fait. La route est sûre, les arrêts sont nombreux et aménagés, et plusieurs attractions séduisent les enfants : le parc animalier de Ferleiten, les marmottes faciles à observer, les musées interactifs et le funiculaire vers le glacier. Prévoyez des vêtements chauds, des en-cas et des pauses régulières, et surveillez les plus jeunes aux abords des belvédères en altitude. C'est une découverte ludique de la haute montagne sans aucun effort physique.

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