Road trip Atlantic Road : la route de l'Atlantique en Norvège, de Kristiansund à Molde
L'Atlantic Road (l'Atlanterhavsveien en norvégien) est l'une des plus belles routes du monde : 8,3 kilomètres de ponts qui sautent d'îlot en îlot, posés à fleur d'océan, face à la mer ouverte. Voici l'itinéraire complet de Kristiansund à Molde, avec la carte, la durée conseillée, le budget, la meilleure saison et tous nos conseils , prêt à lancer dans Google Maps.
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Il existe des routes qui mènent quelque part, et des routes qui sont une destination en soi. L'Atlanterhavsveien appartient à la seconde catégorie. Sur huit kilomètres à peine, elle bondit d'îlot rocheux en îlot rocheux par une série de huit ponts, dont le célèbre Storseisundet qui se cabre comme une vague de béton avant de retomber vers la mer. Vue de profil, sa courbe donne l'illusion d'une route qui s'élance dans le vide : c'est cette photo, prise au bon angle, qui a fait le tour du monde et qui a valu à l'ouvrage le titre de plus belle route de Norvège, élu construction norvégienne du siècle en 2005.
Mais réduire ce road trip à un seul pont serait une erreur. Ce qui rend l'expérience inoubliable, c'est le contexte : la mer ouverte de l'Atlantique Nord, sans aucune île pour la briser, qui vient cogner directement contre la chaussée. Par beau temps, l'eau est d'un turquoise presque tropical au-dessus des bancs de sable, traversée de phoques et d'oiseaux marins. Par gros temps, c'est un tout autre spectacle : les vagues passent par-dessus la route, l'écume gicle, et les chasseurs de tempêtes accourent du monde entier pour vivre ce frisson en sécurité, bien calés dans leur voiture.
Le road trip que nous proposons relie Kristiansund à Molde, deux villes côtières du More og Romsdal, en faisant de l'Atlantic Road le cœur battant du parcours. On commence par une ville insulaire bâtie sur quatre îles, on plonge sous la mer dans un tunnel impressionnant, on traverse l'archipel d'Averoy chargé d'histoire préhistorique, on franchit les fameux ponts, puis on longe Hustadvika, l'un des tronçons de côte les plus exposés et les plus redoutés des marins norvégiens, jusqu'au village de pêcheurs de Bud. On termine à Molde, la ville des roses et du jazz, d'où l'on embrasse un panorama de 222 sommets enneigés.
C'est un itinéraire court en kilomètres mais dense en émotions, parfaitement accessible en voiture de location standard, sur des routes en excellent état. Sa force, c'est la concentration : en deux jours, vous traversez des ponts spectaculaires, une côte sauvage, des fortins de guerre, des grottes marines et deux jolies villes, sans jamais avoir à enchaîner de longues heures de route. C'est l'antidote idéal aux road trips fatigants : ici, chaque kilomètre compte, et presque chaque virage mérite un arrêt.
La carte de l'itinéraire
Les étapes principales, dans l'ordre, de Kristiansund à Molde :
L'itinéraire étape par étape
1. Kristiansund , la ville insulaire
Point de départNotre point de départ est une ville pas comme les autres : Kristiansund est posée sur quatre îles principales, reliées par des ponts et par un adorable petit ferry urbain, le Sundbat, qui sillonne le port intérieur depuis 1876 et serait le plus ancien transport en commun encore en service de Norvège. La ville a longtemps vécu du klippfisk, la morue salée et séchée exportée jusqu'en Espagne, au Portugal et au Brésil ; ce passé maritime imprègne encore les quais et les entrepôts colorés. Prenez le temps de monter au quartier d'Innlandet, le plus ancien, épargné par les bombardements de 1940 qui rasèrent une grande partie de la cité. Goûtez absolument au bacalao local, le plat de morue à la sauce tomate hérité des échanges avec la péninsule ibérique, dans l'un des restaurants du front de mer comme le Smia Fiskerestaurant. Si vous aimez l'architecture, l'église de Kristiansund, reconstruite en 1964 dans un style moderniste audacieux surnommé la cathédrale de glace, vaut le détour pour ses vitraux. Une nuit sur place permet de partir frais le lendemain, l'estomac calé et l'appareil photo chargé, avant de plonger , au sens propre , vers Averoy.
2. Atlanterhavstunnelen , le tunnel sous la mer
~5 km , 8 minPour quitter l'île de Kristiansund en direction d'Averoy, on emprunte l'Atlanterhavstunnelen, un tunnel routier sous-marin ouvert en 2009. C'est une expérience en soi : on descend jusqu'à 250 mètres sous le niveau de la mer, dans un boyau qui plonge à 10 pour cent de pente avant de remonter de l'autre côté, sur près de 5,7 kilomètres. Les oreilles se bouchent légèrement, la route semble s'enfoncer dans les entrailles de l'Atlantique, et l'on réalise la prouesse d'ingénierie que représente ce raccordement. Avant son ouverture, rejoindre Averoy depuis Kristiansund imposait un ferry. Le tunnel est payant : le péage est prélevé automatiquement par le système norvégien AutoPASS, sans barrière, grâce à la lecture de votre plaque. Avec une voiture de location, le montant est en général refacturé par le loueur quelques semaines plus tard, alors ne soyez pas surpris. Comptez environ 100 couronnes par passage pour un véhicule léger. Ce n'est pas le tronçon le plus photogénique du voyage, mais il donne le ton : ici, la mer ne se contourne pas, elle se traverse, par-dessus comme par-dessous.
3. Averoy et le site préhistorique de Bremsnes
~6 km , 10 minEn sortant du tunnel, vous voici sur Averoy, grande île aux paysages doux et habités, qui marque l'entrée nord de l'Atlantic Road. Cette île n'est pas qu'un décor : c'est l'un des plus anciens lieux habités de Norvège. C'est ici, à Bremsnes, qu'ont été retrouvés les vestiges de la culture de Fosna, des chasseurs-cueilleurs installés sur la côte il y a près de 10 000 ans, juste après le retrait des glaciers. L'île compte aussi la grotte de Bremsneshola, une vaste cavité marine que l'on peut explorer à pied, lampe en main, et qui aurait servi d'abri aux premiers habitants. Profitez d'Averoy pour faire vos courses et le plein de carburant : au-delà, les services se raréfient. L'église de bois debout de Kvernes, un peu plus au sud de l'île, mérite un crochet si vous avez le temps : ce type d'édifice médiéval, les fameuses stavkirke, est l'un des trésors architecturaux du pays. Averoy se savoure tranquillement, comme une mise en bouche rurale avant le grand frisson des ponts. Les pâturages descendent vers des criques, les moutons broutent au bord de l'eau, et l'horizon s'ouvre déjà sur la mer ouverte que l'on s'apprête à frôler.
4. Le pont de Storseisundet , l'icône
~12 km , 15 minLe voici, le clou du spectacle. Le pont de Storseisundet est le plus long et le plus haut des huit ponts de l'Atlanterhavsveien : 260 mètres de longueur et un tablier qui culmine à 23 mètres au-dessus de l'eau pour laisser passer les bateaux. Mais c'est sa silhouette qui fascine. Vu sous un certain angle, depuis la route en approche, le pont semble se terminer dans le vide, comme un tremplin lancé vers le néant ou une rampe de ski géante : un effet d'optique saisissant qui lui a valu le surnom de pont vers nulle part. En réalité, la chaussée tourne juste avant de redescendre vers l'îlot suivant. Pour la photo parfaite, ne vous arrêtez surtout pas sur le pont lui-même : utilisez l'aire de stationnement aménagée à proximité, côté nord, et marchez jusqu'aux points de vue balisés. Le meilleur cliché se prend souvent depuis un petit promontoire rocheux en contrebas, en début de matinée ou en fin de journée, quand la lumière rase le béton. Par mer agitée, le spectacle change du tout au tout : les vagues viennent exploser contre les piles, et le pont semble flotter dans l'écume. C'est cette image, plus que toute autre, qui résume l'âme de ce road trip.
5. Aire de repos d'Eldhusoya
~1 km , 3 minJuste après les ponts, l'aire d'Eldhusoya est l'un des aménagements signés Routes panoramiques nationales de Norvège, un programme d'État qui confie à des architectes de renom la conception d'arrêts le long des plus belles routes du pays. Ici, une passerelle métallique légère court en boucle autour de l'îlot d'Eldhusoya, posée au-dessus de la végétation sans l'abîmer, pour offrir une promenade d'environ 600 mètres face à la mer. Le bâtiment de service, tout en sobriété, abrite un café et des toilettes propres, ouverts en haute saison. C'est l'endroit idéal pour souffler, se dégourdir les jambes et observer la côte sous un autre angle, au ras des flots. Par temps clair, on aperçoit les oiseaux marins nicher dans les anfractuosités, et parfois la tête ronde d'un phoque curieux qui émerge entre deux vagues. La passerelle, accessible, permet à chacun de profiter du panorama sans effort. Prenez un café norvégien, généralement serré et servi sans chichi, asseyez-vous face au large, et laissez le bruit du ressac vous rappeler à quel point vous êtes loin de tout. C'est un arrêt court mais essentiel, qui transforme la traversée express des ponts en une vraie pause contemplative.
6. Aire de repos d'Askevagen
~4 km , 8 minUn peu à l'écart de la ligne directe, sur la commune d'Averoy, l'aire panoramique d'Askevagen mérite le crochet pour sa plateforme d'observation. Une rampe en bois s'élève en pente douce jusqu'à une terrasse surélevée qui domine l'archipel, offrant une vue à 360 degrés sur la mer, les îles et, par beau temps, les sommets enneigés à l'intérieur des terres. C'est l'un des meilleurs endroits du parcours pour comprendre la géographie du lieu : on embrasse d'un seul regard la dentelle d'îlots, de chenaux et de récifs qui rend cette côte si particulière et si dangereuse pour la navigation. Le design de la structure, épuré et fonctionnel, s'intègre dans le paysage sans le dominer. C'est aussi un poste d'observation prisé des ornithologues et des photographes au coucher du soleil, quand la lumière dorée embrase l'horizon marin. Moins fréquentée que l'arrêt de Storseisundet, l'aire d'Askevagen offre souvent un moment de calme, presque méditatif, face à l'immensité. Si vous deviez ne retenir qu'un seul point de vue panoramique du voyage, celui-ci se dispute la première place avec le pont lui-même. Prévoyez quinze à vingt minutes pour monter, contempler et redescendre sans vous presser.
7. Vevang , la sculpture et la lande côtière
~3 km , 5 minÀ l'extrémité sud de l'Atlantic Road, le hameau de Vevang marque la transition entre les ponts et la côte de Hustadvika. C'est ici que se trouve l'autre arrêt signature des Routes panoramiques nationales : une installation artistique surprenante, faite de blocs de granit dressés et d'une sculpture de pierre intitulée Hesten, qui dialoguent avec le vent et la mer. La lande rase, balayée par les bourrasques, prend des allures de bout du monde. Vevang abrite aussi quelques hébergements parmi les plus proches de la route, comme les chalets de Hakon Hytter, très demandés en été : c'est une base stratégique pour ceux qui veulent dormir à deux pas des ponts et profiter d'une tempête au lever du jour. Le paysage change de nature ici : on quitte les rochers nus et les ponts pour entrer dans un univers de tourbières, de bruyère et de murets de pierre, où les fermes isolées résistent au climat depuis des générations. C'est une étape discrète, sans monument tape-à-l'œil, mais qui distille une atmosphère puissante, surtout sous un ciel chargé. Prenez le temps de marcher quelques minutes hors de la voiture pour sentir le vent du large et l'odeur d'iode : c'est aussi cela, l'Atlantic Road.
8. La côte sauvage de Hustadvika
~8 km , 12 minAprès Vevang, la route s'engage le long de Hustadvika, un tronçon de côte d'une quinzaine de kilomètres tristement célèbre dans toute la Norvège. C'est l'un des passages maritimes les plus redoutés du pays : exposé en plein à l'Atlantique, sans abri, semé de récifs et de hauts-fonds, il a englouti d'innombrables navires au fil des siècles. C'est aussi ce nom que les amateurs de cinéma catastrophe ont retenu, le film The Wave et sa suite ayant ancré la région dans l'imaginaire collectif. Pour le voyageur en voiture, le danger se mue en spectacle : la mer ouverte gronde à votre droite, les rouleaux s'écrasent sur les écueils, et la lumière du Nord joue sur l'eau dans des camaïeux de gris, de vert et d'argent. Plusieurs petits arrêts permettent de descendre vers des plages de galets ou de sable clair, désertes la plupart du temps. C'est une portion où l'on roule lentement, fenêtre entrouverte malgré le froid, pour entendre l'océan. Les fermes accrochées à la lande, les séchoirs à poisson et les moutons indifférents au vent composent un tableau d'une beauté austère. Hustadvika n'est pas une étape avec un monument à cocher : c'est une ambiance, une rencontre frontale avec la puissance de l'Atlantique Nord, que l'on n'oublie pas de sitôt.
9. Bud , le village de pêcheurs
~10 km , 15 minAu creux de la côte, le village de Bud est une halte attachante et authentique. Ce petit port de pêche fut au Moyen Âge l'un des lieux de commerce les plus importants entre Bergen et Trondheim, et il garde de ce passé une atmosphère paisible, loin de l'agitation touristique. Les quais bordés de cabanes rouges, les barques amarrées et l'odeur de marée composent une carte postale norvégienne sobre et vraie. C'est l'endroit idéal pour déjeuner d'un poisson frais : plusieurs établissements servent le cabillaud, le flétan ou la soupe de poisson crémeuse typique de la côte ouest. Bud est aussi un point de départ vers Hustadvika par la mer pour qui souhaiterait une sortie en bateau. Le village offre un contraste apaisant avec la rudesse de la côte voisine : ici, on se sent protégé, accueilli, et l'on comprend comment des communautés ont pu s'enraciner sur ce littoral hostile. Flânez le long du port, observez les pêcheurs réparer leurs filets, et laissez-vous tenter par une pâtisserie dans le café local. Bud est de ces lieux qui ne paient pas de mine mais que l'on quitte à regret, avec le sentiment d'avoir touché du doigt la Norvège côtière authentique, celle qui vit encore de la mer.
10. Le fort côtier d'Ergan (Ergan Kystfort)
~1 km , 3 minJuste au-dessus de Bud, sur une colline qui domine la mer, se dresse le fort côtier d'Ergan, un site mémoriel saisissant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant allemand construisit ici une puissante batterie côtière dans le cadre du mur de l'Atlantique, ce gigantesque système de défense qui courait de la Norvège à l'Espagne. Aujourd'hui transformé en musée à ciel ouvert, le site conserve ses bunkers, ses canons, ses abris souterrains et ses postes d'observation, que l'on visite librement le long d'un sentier balisé. C'est une plongée concrète et émouvante dans une page sombre de l'histoire norvégienne, racontée avec sobriété par des panneaux explicatifs. Depuis les hauteurs, la vue sur Hustadvika et la mer ouverte est superbe, ce qui rappelle pourquoi cet emplacement avait une valeur stratégique. Le contraste est frappant entre la beauté du panorama et la rudesse des installations militaires figées dans le béton. Comptez une bonne heure pour faire le tour et lire les explications. Le musée intérieur, ouvert en saison, complète la visite avec des objets, des photographies et des récits de la vie des soldats et des habitants sous l'occupation. C'est l'étape culturelle forte du voyage, à ne pas manquer pour qui s'intéresse à l'histoire.
11. Trollkirka , la grotte de l'église des trolls
~15 km , 20 minPour les marcheurs, un crochet vaut largement l'effort : Trollkirka, littéralement l'église des trolls, est un ensemble de grottes de marbre nichées dans la montagne, au-dessus de la côte de Hustadvika. On y accède par un sentier de randonnée d'environ une heure de montée, parfois raide et caillouteux, qu'il faut aborder avec de bonnes chaussures. La récompense est à la hauteur : une cavité où une cascade souterraine dévale la roche blanche, créant un jeu de lumière et de bruit presque mystique. Une lampe frontale est indispensable pour s'aventurer dans la grotte principale, où l'eau a sculpté le marbre en formes fantasmagoriques au fil des millénaires. La légende locale y voyait l'antre des trolls, et il faut reconnaître que l'atmosphère humide et résonnante s'y prête. Le sentier offre par ailleurs de superbes vues plongeantes sur la mer et les îles. Cette étape demande plus d'engagement que les autres et ne convient pas par mauvais temps ni aux personnes à mobilité réduite, mais elle ajoute une dimension nature et aventure au road trip, loin du bitume. Pour qui aime sortir des sentiers battus au sens propre, c'est un moment fort, sauvage et un brin magique, avant de redescendre vers la civilisation et Molde.
12. Molde , la ville des roses
~30 km , 35 minLe voyage s'achève à Molde, surnommée la ville des roses pour son climat doux qui permet aux roseraies de fleurir là où l'on n'attendrait que rochers et embruns. Capitale du More og Romsdal, Molde est une ville accueillante au bord du fjord du même nom, animée chaque été par son célèbre festival de jazz, le Moldejazz, l'un des plus anciens et des plus réputés d'Europe. Reconstruite après les bombardements de 1940, elle mêle architecture d'après-guerre et front de mer rénové où il fait bon flâner. Mais la signature de Molde, c'est son panorama : depuis le belvédère de Varden, sur les hauteurs, on embrasse une enfilade de 222 sommets enneigés alignés à l'horizon de l'autre côté du fjord, un spectacle baptisé le panorama de Molde, immortalisé par d'innombrables photographes et même par l'empereur d'Allemagne Guillaume II, grand habitué de la région avant 1914. Montez-y au coucher du soleil pour vivre ce moment dans la meilleure lumière. En ville, le musée de plein air de Romsdal, avec ses dizaines de bâtiments anciens transplantés, raconte la vie rurale d'autrefois. Molde est aussi un excellent point de départ vers Trollstigen et Geiranger pour prolonger l'aventure. C'est une arrivée douce et lumineuse, qui clôt en beauté ce concentré de Norvège côtière.
Infos pratiques et conseils
Combien de jours prévoir ?
La route panoramique elle-même ne fait que 8,3 kilomètres et se boucle sans arrêt en une dizaine de minutes. Mais ce serait passer à côté de l'essentiel. Pour profiter vraiment de l'itinéraire que nous décrivons, de Kristiansund à Molde, comptez deux jours pleins. Le premier jour : Kristiansund le matin, le tunnel et Averoy, puis les ponts, les aires de repos et une nuit du côté de Vevang ou d'Averoy pour être sur place au lever du jour. Le deuxième jour : Hustadvika, Bud, le fort d'Ergan, éventuellement Trollkirka, puis l'arrivée à Molde en fin d'après-midi. Si vous disposez de trois ou quatre jours, ajoutez Trollstigen et le fjord de Geiranger, ou poussez jusqu'à Alesund. En une seule journée, c'est faisable au prix d'une certaine frustration : vous verrez les ponts mais vous raterez les ambiances, qui sont la vraie richesse de ce parcours.
Location de voiture
Une voiture standard suffit amplement : les routes sont larges, asphaltées et en parfait état. Les agences les plus pratiques se trouvent à l'aéroport de Kristiansund (Kvernberget) ou à l'aéroport de Molde (Aro), ainsi qu'à Alesund pour qui combine plusieurs régions. Une location aller simple entre deux aéroports est possible mais souvent assortie de frais d'abandon : comparez. Vérifiez que le véhicule est bien équipé du badge AutoPASS pour les péages électroniques, notamment le tunnel sous-marin Atlanterhavstunnelen ; sans badge, le péage est lu par plaque et refacturé par le loueur, parfois avec des frais de gestion. En hiver, exigez des pneus cloutés ou hiver, obligatoires et fournis de série par les loueurs norvégiens à la bonne saison. Faites le plein à Kristiansund ou Averoy : les stations se raréfient ensuite, et le carburant en Norvège compte parmi les plus chers d'Europe.
Où dormir, par zone
À Kristiansund : bon choix d'hôtels confortables sur le front de mer, comme le Thon Hotel Kristiansund ou le Scandic, parfaits pour la première nuit. Plus typique, certaines anciennes maisons de marchands de morue ont été transformées en hébergements de charme.
Près des ponts (Averoy et Vevang) : c'est ici qu'il faut viser pour dormir au plus près de l'Atlantic Road. Les chalets de Hakon Hytter à Vevang et quelques campings et locations sur Averoy sont très demandés ; réservez plusieurs semaines à l'avance en été. Dormir là permet de photographier les ponts à l'aube, dans une lumière et une tranquillité incomparables.
Du côté de Bud et Hustadvika : options plus rares, quelques chambres d'hôtes et campings. Bud reste pratique pour un déjeuner ou une halte.
À Molde : large gamme d'hôtels, du Scandic Seilet en forme de voile au bord du fjord aux établissements plus simples du centre. Idéal pour la dernière nuit avant de repartir ou de continuer vers les fjords.
Budget détaillé
La Norvège est un pays cher, il faut le savoir. Voici des ordres de grandeur par personne, hors vol international. Hébergement : de 100 à 180 euros la nuit pour un hôtel correct en couple, moins en camping ou en chalet partagé. Repas : comptez 20 à 35 euros pour un plat au restaurant, une bière autour de 9 à 12 euros ; cuisiner soi-même réduit fortement la note. Carburant : environ 1,90 à 2,20 euros le litre, mais les distances ici sont courtes, donc le poste reste modéré sur ce road trip précis. Péages : l'Atlantic Road est gratuite, mais le tunnel Atlanterhavstunnelen coûte autour de 100 couronnes par passage, soit moins de 10 euros. Activités : la plupart des points de vue et aires de repos sont gratuits ; le fort d'Ergan, le musée de Romsdal et certaines visites sont payants mais abordables, généralement de 8 à 15 euros. Au total, sur deux jours, prévoyez un budget réaliste de 150 à 250 euros par jour et par personne en confort moyen, nettement moins en mode camping et auto-restauration.
Conduite et sécurité
La conduite est à droite, comme en France, et le réseau est très bien entretenu. La vitesse est limitée à 80 km/h sur l'Atlantic Road et souvent moins en agglomération ; les radars sont fréquents et les amendes salées, alors respectez scrupuleusement les limites. Le vrai danger ici n'est pas la route mais le comportement des touristes : ne vous arrêtez jamais sur la chaussée ou sur le pont pour photographier, c'est interdit et accidentogène. Utilisez exclusivement les aires aménagées (Eldhusoya, Askevagen, parking de Storseisundet). Par tempête, les vagues peuvent passer par-dessus la route et le vent latéral est violent : ralentissez nettement, tenez fermement le volant et méfiez-vous des projections de sel et de galets. Allumez vos feux en permanence, obligatoire en Norvège de jour comme de nuit. Attention aux moutons et parfois aux élans qui traversent. Enfin, le taux d'alcoolémie toléré est quasi nul (0,2 g/l) : ne buvez pas avant de conduire.
Gastronomie et spécialités
La région est un paradis pour les amateurs de produits de la mer. Le plat emblématique de Kristiansund est le bacalao, une préparation de morue salée et séchée (klippfisk) mijotée avec tomates, oignons et pommes de terre, héritage des siècles de commerce avec l'Espagne et le Portugal. Goûtez aussi au cabillaud frais, au flétan, aux moules et à la soupe de poisson crémeuse (fiskesuppe) typique de la côte ouest. Les crevettes nordiques, petites et sucrées, se dégustent souvent en open sandwich. Côté sucré, ne manquez pas les boller, brioches à la cardamome, et les fameux skillingsboller à la cannelle, parfaits avec un café. Le saumon, omniprésent, se trouve fumé ou en gravlax. Dans les supermarchés (Rema 1000, Kiwi, Coop), vous trouverez de quoi pique-niquer à moindre coût : pain, fromage brun caramélisé (brunost), crevettes et hareng mariné. Boire l'eau du robinet, excellente et gratuite, est la règle ici.
Météo mois par mois
Le climat côtier est doux mais très changeant, marqué par le Gulf Stream. Juin à août : la meilleure période, avec des températures de 13 à 20 degrés, de très longues journées (le soleil se couche à peine en juin) et la mer praticable ; c'est aussi la plus fréquentée. Mai et septembre : épaules de saison agréables, lumières superbes, moins de monde, mais météo plus aléatoire. Octobre à mars : jours courts, froid, mais c'est la saison des tempêtes spectaculaires sur Hustadvika, prisée des photographes ; possibilité d'aurores boréales par ciel dégagé. Toute l'année, attendez-vous à de la pluie : la côte ouest norvégienne est l'une des plus arrosées d'Europe. Le mot d'ordre est de toujours prévoir plusieurs couches et un imperméable, quelle que soit la saison, car le temps peut basculer du grand soleil à l'averse en une heure.
Que mettre dans la valise
Misez sur le système des trois couches, même en été : une couche respirante près du corps, une polaire ou un pull chaud, et une veste coupe-vent et imperméable de qualité, indispensable face aux embruns et aux averses. Ajoutez un bonnet et des gants légers, surtout aux aires de repos venteuses. Des chaussures de marche imperméables sont utiles pour Trollkirka et les sentiers côtiers. N'oubliez pas une lampe frontale si vous comptez explorer les grottes (Bremsneshola, Trollkirka), un trépied léger pour les photos au crépuscule et un sac étanche pour protéger votre matériel des embruns. Lunettes de soleil et crème solaire ne sont pas superflues : la réverbération sur l'eau et la neige peut être forte. Prévoyez aussi un adaptateur de prise (type européen, courant en Norvège) et de quoi pique-niquer, car les restaurants se font rares hors des villes. Enfin, une carte bancaire suffit partout : la Norvège est l'un des pays les plus dématérialisés au monde, le liquide y est presque inutile.
Idée d'itinéraire jour par jour
Jour 1 : matinée à Kristiansund (balade dans le port, Sundbat, bacalao au déjeuner), puis passage de l'Atlanterhavstunnelen vers Averoy en début d'après-midi. Visite d'Averoy (grotte de Bremsneshola, église de Kvernes), franchissement des ponts de l'Atlantic Road en fin de journée pour la lumière, arrêts à Eldhusoya et Askevagen. Nuit à Vevang ou sur Averoy.
Jour 2 : lever tôt pour photographier le pont de Storseisundet à l'aube si la météo le permet. Route le long de Hustadvika, déjeuner à Bud, visite du fort côtier d'Ergan. Selon votre forme et le temps, randonnée à Trollkirka. Arrivée à Molde en fin d'après-midi, montée au belvédère de Varden pour le panorama des 222 sommets au coucher du soleil. Nuit à Molde.
Avec un troisième jour, prolongez depuis Molde vers Trollstigen (route des lacets) et le fjord de Geiranger, ou vers la ville Art nouveau d'Alesund.
Variantes et extensions
Ce road trip se combine merveilleusement avec d'autres pépites du More og Romsdal. Trollstigen : à environ deux heures de Molde, cette route de montagne aux onze lacets serrés, suspendue au-dessus d'une cascade, est l'autre grand classique norvégien (vérifiez son ouverture, elle ferme l'hiver). Geiranger : le fjord le plus célèbre du pays, classé à l'UNESCO, avec ses cascades des Sept Sœurs ; accessible en ferry et par des routes panoramiques. Alesund : superbe ville reconstruite en Art nouveau après l'incendie de 1904, idéale pour deux jours. Runde : l'île aux oiseaux, paradis des macareux au printemps. Vous pouvez aussi inverser le sens (Molde vers Kristiansund) sans rien perdre, ou prolonger vers le nord en direction de Trondheim. Beaucoup d'itinéraires norvégiens plus longs intègrent l'Atlantic Road comme un temps fort entre Bergen et les Lofoten.
Erreurs à éviter
La première erreur est de réduire le voyage à une simple traversée des ponts en dix minutes : vous passeriez à côté de tout le reste. La deuxième est de s'arrêter sur la chaussée pour photographier : dangereux et verbalisé, utilisez les aires. La troisième est de venir un jour de grand soleil plat en espérant des tempêtes, ou l'inverse : renseignez-vous sur la météo selon ce que vous cherchez, mer calme et turquoise ou vagues spectaculaires. Quatrième erreur, ne pas réserver l'hébergement à l'avance en juillet et août, alors que l'offre est très limitée près des ponts. Cinquième, sous-estimer le froid et le vent aux aires de repos, même en plein été. Sixième, oublier que le tunnel est payant et s'étonner d'un prélèvement tardif du loueur. Enfin, ne consacrer qu'une heure à Molde et Kristiansund alors que ces deux villes méritent chacune une vraie demi-journée. En évitant ces pièges, vous transformerez une jolie route en un road trip mémorable.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour faire l'Atlantic Road ?
La route panoramique elle-même ne fait que 8,3 km et se parcourt en une dizaine de minutes sans arrêt. Mais pour profiter des aires de repos, de Kristiansund, de la côte de Hustadvika et de Molde, comptez 2 jours. C'est ce rythme qui transforme une simple traversée de ponts en vrai road trip.
Dans quel sens faire la route de l'Atlantique ?
De Kristiansund vers Molde, donc du nord vers le sud. On commence par la ville insulaire de Kristiansund, on franchit les ponts de l'Atlanterhavsveien en milieu de parcours, puis on longe la côte sauvage de Hustadvika avant d'arriver à Molde, la ville des roses. Ce sens enchaîne logiquement les temps forts.
Quelle est la meilleure saison pour l'Atlantic Road ?
De juin à août pour les longues journées, la mer praticable et toutes les infrastructures ouvertes. Septembre offre de belles lumières d'automne. L'automne et l'hiver attirent les amateurs de tempêtes, quand les vagues passent par-dessus la chaussée, mais la conduite demande alors plus de prudence.
L'Atlantic Road est-elle dangereuse à conduire ?
Par beau temps, non : la route est large, en excellent état et limitée à 80 km/h. Le danger vient surtout des automobilistes qui s'arrêtent n'importe où pour photographier le pont de Storseisundet. Utilisez les aires de repos aménagées et ne stationnez jamais sur la chaussée. Par tempête, les embruns et le vent latéral imposent de ralentir nettement.
La route de l'Atlantique est-elle payante ?
Non, l'Atlanterhavsveien est gratuite depuis 2011, le péage initial ayant remboursé sa construction. En revanche, le tunnel sous-marin Atlanterhavstunnelen, qui relie Averoy à Kristiansund, est payant : le péage est prélevé automatiquement via le système norvégien AutoPASS, généralement facturé au loueur de voiture.
Peut-on voir des baleines ou des aurores boréales depuis l'Atlantic Road ?
On y observe régulièrement des phoques, des oiseaux marins et, avec de la chance, des baleines au large depuis les aires de repos. Pour les aurores boréales, c'est possible de fin septembre à mars par ciel dégagé, même si cette région reste plus au sud que les zones classiques du Grand Nord comme Tromso ou les Lofoten.
Que voir autour de l'Atlantic Road si on a plus de temps ?
Beaucoup de visiteurs prolongent vers la route panoramique de Trollstigen et ses lacets vertigineux, le fjord de Geiranger classé à l'UNESCO, ou le village de pêcheurs de Bud. Depuis Molde, le panorama des 222 sommets enneigés depuis Varden et la cité Art nouveau d'Alesund sont d'excellentes extensions.
Faut-il réserver les hébergements à l'avance ?
Oui, surtout en juillet et début août. Les rorbuer (cabanes de pêcheurs) et hôtels du secteur sont peu nombreux et très demandés. Réservez plusieurs semaines à l'avance pour Kristiansund, Molde et les rares hébergements proches de la route comme Hakon Hytter à Vevang.
Le pont de Storseisundet est-il vraiment celui des photos virales ?
Oui. C'est le plus grand des huit ponts, et c'est sa courbe vue de face qui crée l'illusion d'une route s'arrêtant dans le vide, surnommée le pont vers nulle part. La chaussée tourne en réalité juste avant de redescendre. Pour la photo iconique, placez-vous sur les promontoires accessibles depuis l'aire de stationnement, jamais sur le pont.
Peut-on faire l'Atlantic Road à vélo ou à pied ?
À vélo, oui, et c'est une expérience grandiose, mais prudence : la route est étroite par endroits, fréquentée et exposée au vent. À pied, on parcourt surtout les passerelles des aires de repos comme Eldhusoya. Traverser l'ensemble des ponts à pied n'est pas recommandé, faute d'aménagement piéton continu et sécurisé.
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