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Road trip Route des Grandes Alpes : du Léman à la Méditerranée, de Thonon-les-Bains à Menton

La Route des Grandes Alpes est l'un des plus beaux itinéraires de montagne d'Europe : près de 700 kilomètres et une vingtaine de cols mythiques qui relient le lac Léman à la Méditerranée, en traversant les plus hauts sommets des Alpes françaises. Voici l'itinéraire complet en 17 étapes, de Thonon-les-Bains à Menton, avec la carte interactive, la durée conseillée, le budget, la meilleure saison et tous nos conseils de terrain : prêt à lancer dans Google Maps.

Route de montagne en lacets serpentant entre les sommets des Alpes françaises sur la Route des Grandes Alpes
📍 Les lacets d'un grand col alpin : l'image emblématique de la Route des Grandes Alpes
Distance
~700 km
Durée conseillée
6 jours
Meilleure saison
Juin à septembre
Les grands cols
Iseran 2 770 m

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Pourquoi faire le road trip de la Route des Grandes Alpes ?

La Route des Grandes Alpes n'est pas une simple route de montagne, c'est une traversée intégrale du massif alpin français, du nord au sud, conçue dès le début du XXe siècle par le Touring Club de France pour relier le lac Léman à la Méditerranée en franchissant la plus longue suite de grands cols d'Europe. Inaugurée en 1937, elle enchaîne une vingtaine de cols dont une bonne moitié culminent au-delà de 2 000 mètres, et grimpe jusqu'au col de l'Iseran, à 2 770 mètres : le plus haut col routier des Alpes françaises. En quelques jours, on passe des rives douces du Léman aux palmiers de la Riviera, en traversant tous les étages de la montagne.

Ce qui rend ce voyage unique, c'est l'intensité et la variété des paysages condensés en 700 kilomètres. On démarre dans le Chablais verdoyant, on grimpe dans le Beaufortain et ses alpages à fromage, on franchit la Vanoise et ses glaciers, on plonge dans les Hautes-Alpes minérales et ensoleillées, le Queyras et ses villages de bois, puis le Mercantour sauvage où volent les gypaètes, avant la descente vertigineuse vers Nice et Menton. Chaque col change de couleur, de roche, de végétation, d'ambiance : les forêts de mélèzes laissent place aux pelouses d'altitude, puis à la caillasse lunaire des sommets, enfin à la garrigue méditerranéenne.

C'est aussi un voyage profondément vivant : marmottes qui sifflent dans les éboulis, bouquetins et chamois sur les arêtes, troupeaux de moutons gardés par les chiens, cyclistes acharnés dans les montées de légende du Tour de France, et la gastronomie savoyarde et alpine qui réchauffe les soirées : beaufort, reblochon, tartiflette, génépi. La Route des Grandes Alpes se vit autant à table et en randonnée qu'au volant.

Enfin, c'est un road trip étonnamment accessible pour qui prend son temps. La route est entièrement goudronnée, une voiture ordinaire suffit, et l'on n'est jamais loin d'un village ou d'une station. La seule règle d'or est de ne pas courir : les routes de cols sont lentes, sinueuses, et la moyenne tourne souvent autour de 40 kilomètres par heure. Mais c'est précisément ce rythme qui fait tout le sel du voyage : on monte, on s'arrête, on photographie, on respire l'air vif des sommets, et l'on redescend vers la mer la tête pleine de panoramas.

La carte de l'itinéraire

Les grandes étapes, dans l'ordre, de Thonon-les-Bains à Menton :

L'itinéraire étape par étape

1. Thonon-les-Bains · le départ au bord du Léman

Point de départ

Tout commence sur les rives du plus grand lac alpin d'Europe. Thonon-les-Bains, élégante station thermale du Chablais savoyard, marque le kilomètre zéro de la Route des Grandes Alpes, matérialisé par une borne au bord du lac. Avant de prendre la route, offrez-vous une promenade sur les quais de Rives, le petit port de pêche et de plaisance que l'on rejoint par un funiculaire historique depuis la ville haute. La vue porte jusqu'à la rive suisse et au Jura. Goûtez les filets de perche du Léman, spécialité locale, et faites le plein d'eau et d'essence : les prochains kilomètres montent vite dans les vallées. On quitte le lac à 372 mètres d'altitude, en sachant que l'on grimpera bientôt à plus de 2 700 mètres. Le contraste est saisissant et donne d'emblée le ton du voyage : ici, on ne traverse pas la montagne, on la gravit étage par étage, du climat lacustre aux neiges éternelles.

2. Cluses · porte du Faucigny

~60 km · 1h00

La route remonte les vallées du Chablais vers le sud, traversant Morzine et Les Gets, stations familiales nichées dans des paysages verdoyants, avant de basculer vers la vallée de l'Arve et Cluses. Capitale historique du décolletage et de l'horlogerie, Cluses est une ville-carrefour entre la vallée du Mont-Blanc et le Faucigny. C'est ici que l'on quitte les axes principaux pour s'engager véritablement sur les premières routes de cols. Faites une pause pour admirer au loin les premiers grands sommets, et profitez-en pour vérifier votre véhicule : pneus, freins, niveaux, car les pentes commencent. Cluses sert de sas entre la première journée de mise en route et le cœur montagneux du voyage. Les amateurs d'histoire industrielle pourront visiter le musée de l'horlogerie et du décolletage, témoin du génie mécanique savoyard. De là, la route grimpe en direction du Grand-Bornand et de la chaîne des Aravis, et l'on attaque le premier vrai col emblématique de l'itinéraire : la Colombière.

3. Col de la Colombière · le premier grand col

~30 km · 1h00

À 1 613 mètres d'altitude, le col de la Colombière est le baptême du feu de la Route des Grandes Alpes, et l'une des montées régulièrement empruntées par le Tour de France. La route grimpe depuis Le Grand-Bornand, charmant village du Chablais réputé pour son reblochon fermier, à travers les alpages où paissent les vaches d'Abondance et de Tarentaise. Au sommet, le panorama s'ouvre sur la chaîne des Aravis et, par temps clair, sur le massif du Mont-Blanc qui pointe ses neiges au loin. C'est un avant-goût de tout ce qui suit : les troupeaux, les chalets d'alpage, le sifflement des marmottes et le parfum de l'herbe rase. Profitez-en pour une première photo souvenir devant le panneau du col, rituel qui se répétera à chaque sommet. La descente vers Saint-Jean-de-Sixt enchaîne aussitôt avec la montée du col des Aravis : on entre dans le rythme caractéristique du voyage, fait de successions ininterrompues de montées et de descentes en lacets, où l'on prend vite goût à l'odeur des freins et au plaisir des virages.

4. Col des Aravis · face au Mont-Blanc

~20 km · 40 min

Le col des Aravis, à 1 486 mètres, est l'un des plus photogéniques de toute la traversée. Du sommet, la vue sur la chaîne du Mont-Blanc est saisissante : par temps clair, le Mont-Blanc lui-même se dresse, massif et blanc, juste en face, encadré par la petite chapelle Sainte-Anne qui veille sur le col depuis des siècles. C'est un lieu de pèlerinage pour les amateurs de panoramas et de gastronomie : les chalets du col vendent reblochon, tomme et beaufort directement aux producteurs, et l'on peut y déguster une assiette savoyarde face aux sommets. Le col relie le Chablais au Val d'Arly et à la Tarentaise. Après la photo et le casse-croûte, la route redescend vers Flumet et La Giettaz, puis remonte vers Beaufort par la vallée du Beaufortain. C'est l'occasion de prendre la mesure de la lenteur joyeuse du voyage : on a déjà franchi deux cols, mais on n'a parcouru que quelques dizaines de kilomètres à vol d'oiseau. Ici, chaque kilomètre se mérite, et chaque sommet récompense l'effort par un nouveau tableau.

5. Beaufort · la capitale du fromage

~40 km · 1h10

Niché au cœur du Beaufortain, le village de Beaufort donne son nom au « prince des gruyères », ce fromage d'alpage à la pâte ferme et fruitée, fabriqué selon une tradition séculaire à partir du lait des vaches de race tarine et abondance. La coopérative laitière du village se visite et permet de comprendre toute la chaîne de fabrication, des alpages d'été aux immenses caves d'affinage où les meules dorées vieillissent des mois. C'est une étape gourmande incontournable : repartez avec un morceau de beaufort d'été, le plus parfumé, idéal pour les pique-niques d'altitude des jours suivants. Le Beaufortain est aussi une vallée préservée, à l'écart des grandes stations, avec ses villages de chalets en bois et en lauze, ses fontaines et ses fours à pain. Prenez le temps de flâner dans les ruelles avant de poursuivre vers le cormet de Roselend. La route qui mène au lac de Roselend est déjà spectaculaire : elle s'élève rapidement au-dessus de la vallée et dévoile peu à peu les premiers grands paysages d'altitude du voyage, prélude au festival des hauts cols de la Tarentaise.

6. Cormet de Roselend · le lac turquoise

~25 km · 50 min

Le cormet de Roselend, à 1 968 mètres, est l'un des passages les plus enchanteurs de la Route des Grandes Alpes. Avant d'atteindre le sommet, la route longe le splendide lac de Roselend, retenue d'un barrage aux eaux d'un bleu turquoise irréel, encerclée de sommets et d'alpages où broutent les troupeaux. La petite chapelle de Roselend, reconstruite après la mise en eau du barrage, se reflète dans les eaux calmes : c'est l'une des images cartes postales du voyage. Au col, le paysage devient minéral et grandiose, balayé par le vent, avec des pelouses d'altitude piquées de gentianes et de rhododendrons en début d'été. C'est un terrain de jeu idéal pour une courte randonnée ou simplement pour s'imprégner du silence des hauteurs. La descente vers Bourg-Saint-Maurice, longue et sinueuse, perd plus de 1 200 mètres de dénivelé en quelques kilomètres : usez du frein moteur et prenez votre temps. On bascule alors dans la haute Tarentaise, vallée des grandes stations de ski, où l'on prépare l'ascension du toit de l'itinéraire, le mythique col de l'Iseran.

7. Bourg-Saint-Maurice · au pied de la Tarentaise

~25 km · 45 min

Bourg-Saint-Maurice, que les habitués appellent simplement « Bourg-Saint-Mau », est la capitale de la haute Tarentaise, carrefour animé au pied des grandes stations de Tignes, Val-d'Isère et Les Arcs. La ville, située sur l'Isère encore jeune et tumultueuse, est un point de ravitaillement et de repos idéal avant l'ascension du col de l'Iseran. C'est aussi un haut lieu des sports d'eau vive : l'Isère y est prisée pour le rafting et le canoë-kayak, et le stade d'eau vive a accueilli des compétitions internationales. Profitez-en pour faire le plein de carburant et de provisions, car les services se raréfient en altitude. La ville garde un caractère authentique, loin du clinquant des stations voisines, avec son marché, ses commerces et son ambiance de vallée vivante. De Bourg-Saint-Maurice, la route s'élève par Sainte-Foy-Tarentaise puis Val-d'Isère, grimpant inexorablement vers les 2 770 mètres de l'Iseran. La pente devient sérieuse, le paysage se dénude, et l'on sent que l'on approche du clou de l'itinéraire : le franchissement du plus haut col routier des Alpes françaises.

8. Col de l'Iseran · le toit de la route

~50 km · 1h30

Voici le sommet absolu du voyage : le col de l'Iseran, à 2 770 mètres, le plus haut col routier des Alpes françaises et l'un des plus hauts d'Europe. La route s'élève au cœur du Parc national de la Vanoise, dans un paysage de haute montagne minéral et grandiose, entre névés persistants, torrents glaciaires et pics acérés. Plus on monte, plus la végétation disparaît, laissant place à la pierre nue et aux derniers coussins de fleurs alpines accrochées aux rochers. Au sommet, une petite chapelle de pierre semble posée au bout du monde, et la vue embrasse les glaciers de la Vanoise et les sommets de plus de 3 000 mètres. L'air est vif et raréfié, même en plein été : prévoyez une veste chaude, car il peut geler ou neiger en juillet. C'est ici, sur le panneau du col, que se prend la photo la plus emblématique du voyage. Le col n'ouvre généralement qu'à partir de fin mai ou début juin, et ferme dès les premières neiges d'automne : vérifiez toujours son ouverture avant de partir. La descente vers Bonneval-sur-Arc, l'un des plus beaux villages de France avec ses maisons de pierre et de lauze, est un enchantement, prélude à la longue route de la Maurienne.

9. Val-d'Isère & la Vanoise · au cœur des glaciers

~15 km · 40 min

Sur le versant nord de l'Iseran, Val-d'Isère est l'une des stations de ski les plus prestigieuses des Alpes, théâtre de compétitions de Coupe du monde. En été, elle change de visage : les remontées mécaniques desservent des sentiers de randonnée et de VTT, les marmottes ont remplacé les skieurs, et l'on peut accéder au glacier de Pissaillas où le ski d'été se pratique parfois. La station est un excellent point de halte pour souffler, se ravitailler ou dormir avant ou après le franchissement de l'Iseran selon votre rythme. Tout autour s'étend le Parc national de la Vanoise, premier parc national créé en France en 1963, sanctuaire des bouquetins et des chamois, où des dizaines de sentiers balisés permettent de partir à la rencontre de la faune et des lacs d'altitude. Une courte randonnée vers le lac de l'Ouillette ou les abords du glacier offre un contact direct et inoubliable avec la haute montagne. Prenez le temps d'observer la faune : avec un peu de patience et des jumelles, bouquetins et marmottes se laissent admirer de près. C'est l'un des plus beaux secteurs sauvages de tout l'itinéraire.

10. Col du Galibier · la légende du Tour

~80 km · 2h00

Après la longue descente de la Maurienne jusqu'à Lanslebourg puis Saint-Michel-de-Maurienne, la route attaque l'un des cols les plus mythiques du cyclisme mondial : le col du Galibier, à 2 642 mètres, via le col du Télégraphe et la station de Valloire. Le Galibier est une légende vivante du Tour de France, gravi pour la première fois en 1911, et son sommet austère et grandiose est un véritable balcon sur les Alpes. La route serpente dans un univers de pierre et de pelouse rase, sous des sommets déchiquetés, et l'effort de la montée est récompensé par un panorama à 360 degrés sur les massifs des Écrins, de la Vanoise et du Mont-Blanc au loin. Un tunnel permet de franchir le col par sa base, mais la route qui passe au sommet, juste au-dessus, offre la vraie expérience et la meilleure vue. Au col du Lautaret, en contrebas, un magnifique jardin botanique alpin présente la flore de montagne du monde entier. La descente vers Briançon, longue et panoramique, ouvre sur les Hautes-Alpes ensoleillées et leur lumière méditerranéenne déjà perceptible. On change ici de versant et presque de climat.

11. Briançon · la plus haute ville fortifiée d'Europe

~45 km · 1h00

Perchée à 1 326 mètres, Briançon est la plus haute ville de France et l'une des plus hautes d'Europe. Sa vieille ville fortifiée, la Cité Vauban, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, est un chef-d'œuvre de l'architecture militaire conçu par Vauban au XVIIe siècle pour verrouiller la frontière avec l'Italie toute proche. Flânez dans la Grande Gargouille, la rue principale en forte pente où coule un ruisseau central, montez aux remparts et visitez le fort du Château et les forts d'altitude qui dominent la ville. Briançon bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel, l'un des plus élevés de France, et d'une lumière vive et sèche qui annonce le Sud. C'est une étape-nuit idéale : la ville offre de nombreux hébergements, restaurants et commerces, et constitue une vraie respiration urbaine au milieu des cols. Goûtez les tourtons du Champsaur, petits beignets fourrés salés ou sucrés, spécialité des Hautes-Alpes. De Briançon, la route file vers le sud par la vallée de la Cerveyrette en direction du col d'Izoard, l'un des plus spectaculaires et lunaires de toute la traversée, qui marque l'entrée dans le Queyras sauvage.

12. Col d'Izoard · la Casse Déserte

~20 km · 40 min

Le col d'Izoard, à 2 360 mètres, est sans doute le plus spectaculaire et le plus singulier de toute la Route des Grandes Alpes. Sur son versant sud, la route traverse la Casse Déserte, un paysage minéral irréel et lunaire fait d'éboulis ocre et de pitons rocheux dressés vers le ciel comme des cathédrales de pierre, sans la moindre végétation. C'est l'un des décors les plus impressionnants des Alpes, immortalisé par les exploits des géants du Tour de France, dont une stèle au sommet honore la mémoire de Fausto Coppi et Louison Bobet. Le contraste est total avec le versant nord, boisé de mélèzes et de pins. Le col relie le Briançonnais au Queyras, l'une des régions les plus préservées et les plus authentiques des Alpes, avec ses villages perchés de maisons à fustes en bois, comme Saint-Véran, l'une des plus hautes communes habitées d'Europe à plus de 2 000 mètres. Prenez le temps d'une halte à la Casse Déserte pour mesurer la puissance minérale du lieu. La descente mène vers Guillestre et l'entrée des gorges du Guil, porte d'accès au Queyras et étape vers le redoutable col de Vars.

13. Guillestre & le Queyras · les gorges du Guil

~30 km · 50 min

Guillestre, jolie bourgade ensoleillée à l'entrée du Queyras, est une étape pratique et agréable au carrefour de plusieurs vallées. Son église à porche soutenu par des colonnes reposant sur des lions de pierre, dans le style lombard, mérite le coup d'œil. La ville garde un charme provençal et montagnard à la fois, avec ses ruelles, ses fontaines et ses terrasses ombragées. C'est aussi le point de départ vers les spectaculaires gorges du Guil, défilé étroit creusé par le torrent, et vers le Parc naturel régional du Queyras, royaume du VTT, de la randonnée et des sports d'eau vive. Tout proche, le lac de Serre-Ponçon, l'un des plus grands lacs artificiels d'Europe, offre des plages et des activités nautiques pour une pause rafraîchissante en pleine montagne. De Guillestre, la route attaque le col de Vars, à 2 109 mètres, vaste col pastoral aux pentes douces parsemées de chalets d'alpage et de troupeaux, qui fait la transition entre les Hautes-Alpes et l'Ubaye. On entre dans les Alpes du Sud, plus arides, plus lumineuses, où le mélèze règne en maître et où l'air sent déjà la lavande et le thym. La vallée de l'Ubaye, sauvage et préservée, mène ensuite vers Jausiers et le pied de la Bonette.

14. Col de la Bonette · le sommet du ciel

~50 km · 1h30

Depuis Jausiers, dans la vallée de l'Ubaye, la route grimpe vers le col de la Bonette, l'un des points culminants de la Route des Grandes Alpes. Le col lui-même se situe à 2 715 mètres, mais une boucle goudronnée, la cime de la Bonette, fait le tour d'un piton rocheux et grimpe jusqu'à 2 802 mètres, longtemps présentée comme « la plus haute route d'Europe » : un panneau au sommet le proclame fièrement, et la vue à 360 degrés sur les Alpes du Sud et le Mercantour y est tout simplement vertigineuse. Le paysage est ici totalement lunaire, fait de pentes d'éboulis multicolores où ne pousse plus rien, royaume des marmottes et des aigles. L'air est glacial même en été et l'altitude se fait sentir : montez doucement, hydratez-vous, et couvrez-vous. C'est l'un des moments les plus forts du voyage, une sensation de toit du monde au milieu d'un désert minéral. Le col ouvre tardivement, souvent pas avant juin, et ferme dès l'automne : vérifiez impérativement son état. La longue descente vers Saint-Étienne-de-Tinée, dans la vallée de la Tinée, marque l'entrée dans le Parc national du Mercantour et l'ultime ligne droite vers la Méditerranée.

15. Saint-Étienne-de-Tinée & le Mercantour

~30 km · 50 min

Saint-Étienne-de-Tinée, village de caractère niché au fond de la vallée de la Tinée, marque l'entrée dans le Parc national du Mercantour, l'un des plus sauvages de France et le seul à abriter une population réintroduite de loups. Le village, perché à près de 1 150 mètres, séduit par ses ruelles médiévales, ses chapelles ornées de fresques et son ambiance authentique de bout du monde alpin. Tout autour, le Mercantour déploie ses vallées sauvages, ses lacs glaciaires et sa faune exceptionnelle : bouquetins, chamois, mouflons, marmottes et gypaètes barbus, le grand vautour des Alpes. Les amateurs de patrimoine pourront pousser, un peu à l'écart, jusqu'à la vallée des Merveilles et ses milliers de gravures rupestres préhistoriques, l'un des plus grands ensembles d'art rupestre d'Europe. Saint-Étienne-de-Tinée est une dernière halte montagnarde avant la transition finale vers la Méditerranée. De là, deux options s'offrent à vous : descendre directement la vallée de la Tinée vers Nice, ou rester fidèle au tracé historique et grimper une dernière fois vers le col de la Cayolle, ultime grand col du voyage, avant de basculer définitivement vers le Sud et la mer.

16. Col de la Cayolle · le dernier grand col

~40 km · 1h15

Le col de la Cayolle, à 2 326 mètres, est le dernier grand col de la Route des Grandes Alpes, et l'un des plus secrets et bucoliques. La route, étroite et peu fréquentée, serpente au cœur du Parc national du Mercantour, longeant le jeune Var qui prend ici sa source, à travers des gorges, des forêts de mélèzes et des alpages fleuris. C'est un col plus doux et plus intime que les géants minéraux franchis plus tôt, propice à l'observation de la faune et à la contemplation. Au sommet, le panorama embrasse les sommets du Mercantour et l'on sent déjà la douceur méditerranéenne monter du sud. La descente, longue et sinueuse par la vallée du Var, traverse des villages perchés et des paysages de plus en plus méridionaux : les mélèzes cèdent la place aux pins, aux oliviers, aux genêts et aux lavandes. La température grimpe, la lumière s'adoucit, et les premiers signes de la Provence apparaissent. On quitte peu à peu la haute montagne pour rejoindre l'arrière-pays niçois et ses villages perchés, comme Entrevaux ou Touët-sur-Var. La mer n'est plus très loin, et l'on savoure les derniers kilomètres de cette traversée hors du commun.

17. Menton · l'arrivée sur la Méditerranée

~110 km · 2h30

Après la descente de la vallée du Var vers Nice, l'itinéraire longe la côte par la Riviera jusqu'à Menton, point d'arrivée officiel de la Route des Grandes Alpes, à la frontière italienne. Le contraste est total et euphorisant : quelques heures plus tôt on grelottait à plus de 2 700 mètres au milieu des névés, et l'on se retrouve désormais sous les palmiers, face à la Méditerranée scintillante, dans la chaleur et les parfums du Sud. Menton, surnommée la perle de la France, séduit par sa vieille ville aux façades ocre et orangées, ses ruelles en escaliers, ses citronniers qui font sa renommée et son célèbre jardin de la Serre de la Madone. Trempez les pieds dans la mer pour clore symboliquement le voyage : du Léman à la Méditerranée, vous venez de traverser tout l'arc alpin français du nord au sud, en franchissant une vingtaine de cols et près de 700 kilomètres de routes de montagne. Offrez-vous un dernier repas en terrasse face à la mer, avec une socca ou des pâtes au pistou, et savourez l'accomplissement. Prolongez si possible par quelques jours sur la Côte d'Azur, à Nice, Monaco ou dans les villages perchés de l'arrière-pays, pour faire redescendre tout en douceur l'adrénaline des hauteurs.

Infos pratiques & conseils

Combien de jours prévoir ?

Six jours constituent le rythme idéal pour relier Thonon-les-Bains à Menton sans courir, en alternant journées de cols et vraies pauses. En dessous de trois ou quatre jours, le voyage devient une succession de montées et de descentes épuisantes où l'on ne profite de rien : les routes de cols sont lentes, et la moyenne dépasse rarement 40 à 50 kilomètres par heure. À l'inverse, si vous disposez de huit jours ou plus, ajoutez une vraie journée de randonnée dans la Vanoise ou le Mercantour, une halte baignade au lac de Serre-Ponçon, une nuit supplémentaire à Briançon, et offrez-vous des matinées tranquilles à flâner dans les villages. Comptez en moyenne 100 à 130 kilomètres par jour, soit trois à quatre heures de conduite effective, ce qui laisse largement le temps de s'arrêter à chaque col, de pique-niquer en altitude et de visiter.

Location de voiture

Une voiture ordinaire suffit amplement : la route est entièrement goudronnée et aucun 4x4 n'est nécessaire. Privilégiez toutefois un véhicule en bon état, avec des freins fiables, car les longues descentes sollicitent fortement le freinage. Une boîte manuelle facilite l'usage du frein moteur dans les pentes, mais une automatique convient si elle dispose d'un mode bas régime. Évitez les voitures trop larges ou les gros camping-cars sur certains tronçons étroits comme le col de la Cayolle ou les abords de l'Iseran. Si vous louez, optez pour une prise en charge près de Genève ou Annecy (proche de Thonon) et une restitution à Nice ou Menton en aller simple, en vérifiant les frais d'abandon entre les deux. Exigez le kilométrage illimité, car les détours et les boucles font vite grimper le compteur, et souscrivez une assurance complète. Vérifiez la présence d'un kit de sécurité (gilet, triangle) obligatoire en France.

Où dormir, zone par zone

Les étapes-nuits se choisissent en fonction des grands cols à franchir. Dans le Nord, dormez à Beaufort, dans le Beaufortain, ou à Bourg-Saint-Maurice, base idéale avant l'Iseran. Au cœur du voyage, Val-d'Isère ou Bonneval-sur-Arc offrent un cadre de haute montagne magnifique, et Valloire est pratique au pied du Galibier. Briançon, avec sa cité Vauban, est une étape-nuit incontournable et bien équipée au milieu du parcours. Plus au sud, Guillestre, dans le Queyras, ou Jausiers et Barcelonnette, dans l'Ubaye, précèdent la Bonette. Enfin, Saint-Étienne-de-Tinée ou un village de l'arrière-pays niçois closent les hauteurs avant la descente sur Menton. Réservez impérativement plusieurs semaines à l'avance en juillet et août, car les hébergements de montagne sont peu nombreux et très demandés. Hôtels, chambres d'hôtes, gîtes et refuges composent une offre variée mais limitée : privilégiez les adresses locales pour l'authenticité et la cuisine du terroir.

Budget détaillé

Pour deux personnes sur six jours, hors transport jusqu'au point de départ, comptez en moyenne 900 à 1 500 euros. Les nuits oscillent entre 80 et 160 euros selon les zones et la saison, soit 400 à 800 euros sur la durée. Côté repas, un déjeuner simple ou un pique-nique de terroir revient à 10 à 20 euros, un dîner savoyard ou alpin à 25 à 40 euros par personne : prévoyez 30 à 50 euros par jour et par personne en mangeant local. Le carburant représente environ 100 à 150 euros pour l'ensemble du parcours, sachant que les montées consomment davantage. Bonne nouvelle : il n'y a aucun péage sur l'itinéraire des cols lui-même, contrairement aux autoroutes. Ajoutez quelques activités optionnelles (visites de fermes, télécabines, musées, sports d'eau vive) pour 20 à 60 euros, et un budget souvenirs gourmands (fromages, génépi, miel). Au total, c'est un road trip plutôt économique pour la richesse des paysages traversés.

Conduite en montagne et sécurité

La conduite en montagne demande des réflexes spécifiques mais s'apprend vite. En montée, restez sur un rapport bas pour ne pas faire chauffer le moteur, et serrez à droite dans les épingles. En descente, c'est crucial : utilisez le frein moteur en rétrogradant plutôt que de freiner en continu, sous peine de surchauffer les freins et de perdre leur efficacité (odeur de brûlé, pédale molle). Dans les épingles aveugles et les tronçons étroits, klaxonnez avant d'aborder le virage et soyez prêt à vous ranger. Laissez passer les véhicules plus rapides et les locaux pressés en utilisant les rares élargissements. Dépassez les nombreux cyclistes avec une très large marge et beaucoup de patience. Méfiez-vous des troupeaux qui traversent ou occupent la route, fréquents en alpage. Faites le plein régulièrement, car les stations-service se raréfient en altitude et certaines ferment tôt. En cas de pépin, le numéro d'urgence européen est le 112. Enfin, vérifiez la météo : un orage de montagne peut surgir vite l'après-midi.

Ouverture des cols : le point clé

C'est l'information capitale de ce voyage. Les plus hauts cols ne sont praticables qu'une partie de l'année, car ils sont enneigés et fermés tout l'hiver et une bonne partie du printemps. Le col de l'Iseran, le col du Galibier, le col de la Bonette et le col de la Cayolle n'ouvrent généralement que fin mai ou début juin, parfois plus tard les années très enneigées, et ferment dès les premières grosses chutes de neige, souvent en octobre ou novembre. C'est pourquoi la fenêtre sûre pour faire l'intégralité de la Route des Grandes Alpes va de la mi-juin à la fin septembre. Avant de partir, et même en cours de route, vérifiez systématiquement l'état d'ouverture de chaque col sur les sites des conseils départementaux de Savoie, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes, sur Bison Futé, ou via les offices de tourisme locaux. Les dates exactes varient chaque année. En cas de col fermé, des itinéraires de contournement par les vallées existent toujours, mais ils font perdre l'essence même du voyage.

Gastronomie savoyarde et alpine

La traversée est un régal pour les gourmands, et la cuisine change subtilement du nord au sud. Dans les Alpes du Nord, place aux fromages de Savoie : le beaufort, prince des gruyères, le reblochon du Grand-Bornand et des Aravis, la tomme et l'abondance. Les plats emblématiques réchauffent les soirées d'altitude : tartiflette, fondue, raclette, croziflette aux crozets (petites pâtes carrées de sarrasin), diots (saucisses) au vin blanc, et la fameuse polenta savoyarde. Côté boissons, goûtez le génépi, liqueur de plante de montagne, et les vins de Savoie comme l'apremont ou la roussette. Dans les Hautes-Alpes et le Queyras, on trouve les tourtons du Champsaur, les ravioles et les confitures de petits fruits. En descendant vers le sud, la cuisine se teinte de Provence : huile d'olive, herbes, tomates, puis à l'arrivée niçoise la socca, la pissaladière, la salade niçoise et les pâtes au pistou. Profitez des marchés et des fermes pour acheter directement aux producteurs : fromages d'alpage, miel de montagne, charcuteries et confitures feront d'excellents pique-niques et souvenirs.

Météo mois par mois

Juin marque l'ouverture progressive des plus hauts cols : les paysages sont magnifiques, encore verts et fleuris, avec des névés sur les sommets, mais vérifiez que tous les cols sont bien déneigés en début de mois. Juillet et août offrent la météo la plus stable et la garantie que tout est ouvert, mais ce sont aussi les mois les plus fréquentés, surtout dans les stations et sur les cols du Tour de France : partez tôt le matin pour rouler tranquille. Attention aux orages de chaleur en fin d'après-midi, fréquents en été dans les Alpes. Septembre est souvent le mois idéal : les cols sont encore ouverts, la fréquentation chute après la rentrée, la lumière devient dorée et les premières couleurs d'automne embrasent les mélèzes. Méfiez-vous toutefois d'un éventuel coup de froid précoce en altitude dès la mi-septembre. En toute saison et même en plein été, les sommets à plus de 2 500 mètres restent froids et venteux : il peut geler ou neiger au col de l'Iseran ou de la Bonette en juillet. Prévoyez toujours des vêtements chauds en altitude.

Que mettre dans la valise ?

La clé est de prévoir pour tous les climats, car vous passerez du bord de mer aux glaciers en quelques jours. Emportez des vêtements légers et estivaux pour Thonon, les vallées et l'arrivée méditerranéenne, mais aussi un pull chaud, une veste coupe-vent et imperméable, voire un bonnet et des gants légers pour les sommets, où il peut faire glacial même en été. De bonnes chaussures de marche sont indispensables pour les randonnées et les arrêts aux cols. Ajoutez des lunettes de soleil de qualité et une crème solaire à indice élevé, car le rayonnement est intense en altitude. Pensez à une gourde réutilisable, à un maillot de bain pour les lacs et la mer, à des médicaments contre le mal des transports si vous y êtes sensible (les lacets peuvent éprouver), et à une trousse de premiers secours. Un appareil photo ou un téléphone avec une bonne batterie, un chargeur de voiture, un support pour la navigation, et des jumelles pour observer la faune (bouquetins, marmottes, gypaètes) complètent l'équipement idéal du voyageur alpin.

Idée d'itinéraire jour par jour

Jour 1 : Thonon-les-Bains, départ au bord du Léman, traversée du Chablais, col de la Colombière et col des Aravis, nuit à Beaufort ou dans le Beaufortain. Jour 2 : cormet de Roselend et son lac turquoise, descente sur Bourg-Saint-Maurice, montée du col de l'Iseran, nuit à Val-d'Isère ou Bonneval-sur-Arc. Jour 3 : descente de la Maurienne, col du Télégraphe et col du Galibier, arrivée et nuit à Briançon. Jour 4 : col d'Izoard et la Casse Déserte, Queyras, Guillestre, col de Vars, nuit dans l'Ubaye à Jausiers ou Barcelonnette. Jour 5 : col de la Bonette et sa cime à 2 802 mètres, descente vers Saint-Étienne-de-Tinée, entrée dans le Mercantour, nuit dans la vallée. Jour 6 : col de la Cayolle, descente de la vallée du Var, Nice, et arrivée triomphale à Menton face à la Méditerranée. Adaptez le découpage selon votre rythme : il est facile d'ajouter une journée de pause randonnée ou baignade.

Variantes et extensions

Plusieurs détours subliment le voyage. Au départ, vous pouvez prolonger l'exploration du Chablais par les stations de Morzine et Avoriaz, ou faire un crochet par Chamonix et la mer de Glace, au pied du Mont-Blanc. Dans la Vanoise, ajoutez une journée de randonnée vers les lacs et les glaciers, ou une boucle par le col de la Madeleine. Depuis Briançon, une variante mène en Italie toute proche par le col de Montgenèvre, ou vers le Parc national des Écrins et ses glaciers spectaculaires. Près de Guillestre, le lac de Serre-Ponçon offre une parenthèse balnéaire bienvenue, et le Queyras mérite une journée entière pour ses villages perchés comme Saint-Véran. À l'arrivée, prolongez sur la Côte d'Azur (Nice, Monaco, Èze) ou explorez l'arrière-pays niçois et ses villages perchés. Les sportifs peuvent aussi faire tout ou partie de l'itinéraire à vélo, sur les traces du Tour de France. Enfin, pour les amateurs de patrimoine, un crochet par la vallée des Merveilles et ses gravures préhistoriques, dans le Mercantour, vaut le détour.

Erreurs à éviter

La première erreur est de partir trop tôt en saison, avant l'ouverture des hauts cols : un projet de traversée fin mai peut se heurter à un Iseran ou une Bonette encore fermés par la neige. Vérifiez toujours l'ouverture avant de partir. Deuxième piège, vouloir tout faire en deux ou trois jours : les routes de cols sont lentes, et l'on finit épuisé sans avoir rien savouré. Troisième écueil, négliger l'état des freins et freiner en continu dans les descentes, ce qui peut conduire à une surchauffe dangereuse : utilisez le frein moteur. Évitez aussi de sous-estimer le froid en altitude, de partir sans vêtements chauds sous prétexte qu'il fait 30 degrés dans la vallée, et de manquer de carburant en montagne. Ne réservez pas vos hébergements au dernier moment en juillet et août, et ne partez pas sans pauses fréquentes si vous voyagez avec des enfants sujets au mal des transports. Enfin, ne roulez pas trop vite : les routes de montagne ne pardonnent pas l'imprudence, et la beauté du voyage est dans la lenteur.

Faune et flore : ouvrez l'œil

La Route des Grandes Alpes traverse deux parcs nationaux exceptionnels, la Vanoise et le Mercantour, sanctuaires d'une faune de montagne remarquable. Avec un peu de patience et des jumelles, vous croiserez sans doute des marmottes, omniprésentes dans les alpages, dont le sifflement strident résonne dans les hauteurs. Levez les yeux vers les arêtes rocheuses pour repérer bouquetins et chamois, qui se laissent parfois approcher en début de matinée ou en soirée. Dans le ciel, l'aigle royal et surtout le gypaète barbu, le plus grand vautour d'Europe réintroduit dans les Alpes, planent au-dessus des sommets. Le Mercantour abrite même des loups, discrets et rarement visibles. Côté flore, l'été dévoile un festival de couleurs : gentianes bleues, rhododendrons roses, edelweiss protégés, anémones et lys martagon. Le jardin botanique alpin du col du Lautaret, près du Galibier, présente la flore de montagne du monde entier et mérite une visite. Respectez la nature : ne cueillez pas les fleurs protégées, ne nourrissez pas les animaux, restez sur les sentiers et remportez tous vos déchets.

Histoire de la Route des Grandes Alpes

L'idée d'une grande route traversant les Alpes du nord au sud naît au tournant du XXe siècle, portée par le Touring Club de France, qui rêve de relier le lac Léman à la Méditerranée en franchissant la plus belle suite de cols possible. Les travaux s'étalent sur plusieurs décennies, certains cols comme l'Iseran exigeant des prouesses d'ingénierie pour ouvrir une route à près de 2 800 mètres. La Route des Grandes Alpes est officiellement inaugurée en 1937, avec l'achèvement de la route de l'Iseran, devenant aussitôt un itinéraire touristique de prestige. Elle incarne l'âge d'or de l'automobile et du tourisme de montagne naissant, à une époque où franchir les Alpes en voiture relevait encore de l'aventure. Aujourd'hui, elle reste l'un des plus beaux itinéraires routiers d'Europe, jalonné de cols mythiques rendus célèbres par le Tour de France, et attire chaque été motards, cyclistes et automobilistes du monde entier venus relever le défi de la traversée intégrale, du Léman à la mer.

Moto, vélo ou voiture ?

La Route des Grandes Alpes se prête à plusieurs modes de voyage, chacun avec son charme. En voiture, c'est le plus confortable et le plus flexible : on transporte facilement bagages, provisions et famille, et l'on reste à l'abri en cas de météo capricieuse. À moto, c'est une expérience grisante, plébiscitée par des milliers de motards chaque été : les enchaînements de lacets sont un pur bonheur de pilotage, mais l'exposition au froid en altitude impose un bon équipement et la prudence. À vélo, enfin, c'est l'aventure sportive ultime, sur les traces du Tour de France : comptez 7 à 10 jours selon votre niveau et une excellente condition physique, car le dénivelé cumulé est colossal (plus de 15 000 mètres de montée). Le vélo électrique démocratise désormais l'aventure pour les moins entraînés. Quel que soit votre choix, le respect mutuel est de mise : automobilistes, patience et large marge au dépassement des cyclistes ; cyclistes et motards, prudence dans les descentes. Tous partagent la même route et la même passion des cols.

Voyager en famille ou en couple

La Route des Grandes Alpes se savoure aussi bien en famille qu'en couple, à condition d'adapter le rythme. En famille, les enfants s'émerveillent devant les marmottes, les troupeaux, les lacs turquoise et la neige en plein été au sommet des cols. Mais les lacets peuvent provoquer le mal des transports : prévoyez des pauses fréquentes, des médicaments adaptés, et alternez les longues routes avec des activités ludiques comme la baignade au lac de Serre-Ponçon, les télécabines d'été, les fermes à fromage ou les petites randonnées accessibles. En couple, c'est un road trip romantique et spectaculaire : panoramas grandioses, soirées au coin du feu dans des chalets de montagne, dîners savoyards, et la complicité de partager le volant et l'émerveillement à chaque col. Dans les deux cas, l'essentiel est de ne pas surcharger le programme : mieux vaut moins de cols vécus pleinement, avec le temps de s'arrêter, de pique-niquer et de respirer, qu'une course épuisante contre la montre dans les virages.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire la Route des Grandes Alpes ?

Comptez 6 jours pour un rythme confortable entre Thonon-les-Bains et Menton. C'est jouable en 3 ou 4 jours en roulant beaucoup, mais les routes de cols sont lentes et sinueuses : 6 à 8 jours permettent de savourer les panoramas, de randonner et de profiter des villages.

Dans quel sens faire la Route des Grandes Alpes ?

Du nord au sud, de Thonon-les-Bains au bord du Léman jusqu'à Menton sur la Méditerranée. C'est le sens historique du tracé, et l'on termine en beauté par la descente vers la mer et la chaleur de la Riviera après les hauteurs alpines.

Quelle est la meilleure saison pour la Route des Grandes Alpes ?

De juin à septembre, quand tous les cols sont déneigés et ouverts. Le col de l'Iseran et le col de la Bonette n'ouvrent généralement que fin mai ou début juin. Juillet et août sont les plus sûrs mais les plus fréquentés : juin et septembre offrent un bon compromis entre météo et tranquillité.

Quels sont les grands cols de la Route des Grandes Alpes ?

L'itinéraire enchaîne une vingtaine de cols, dont plusieurs au-delà de 2 000 mètres : col de la Colombière, col des Aravis, cormet de Roselend, col de l'Iseran (2 770 m, le plus haut col routier des Alpes françaises), col du Galibier (2 642 m), col d'Izoard, col de Vars et col de la Bonette (2 802 m sur sa boucle), avant le col de la Cayolle et la descente vers Nice et Menton.

La Route des Grandes Alpes est-elle difficile à conduire ?

Elle demande de l'attention mais reste accessible à tout conducteur prudent. Les routes sont étroites, en lacets, avec de forts dénivelés : roulez doucement, utilisez le frein moteur en descente, klaxonnez dans les épingles aveugles et laissez passer les véhicules plus rapides. Évitez de partir avec un camping-car trop large sur certains tronçons.

Quel budget prévoir pour la Route des Grandes Alpes ?

Sur 6 jours pour deux personnes, comptez environ 900 à 1 500 euros : hébergements entre 80 et 160 euros la nuit en montagne, repas autour de 30 à 50 euros par personne et par jour, plus le carburant (environ 100 à 150 euros) et quelques activités. Pas de péage sur l'itinéraire des cols lui-même.

Peut-on faire la Route des Grandes Alpes à vélo ?

Oui, c'est même un parcours mythique pour les cyclistes, emprunté en partie par le Tour de France. Comptez 7 à 10 jours à vélo selon votre niveau. En voiture, vous croiserez de nombreux cyclistes dans les montées : dépassez-les avec une large marge et beaucoup de patience.

Quand les cols ferment-ils ?

Les plus hauts cols (Iseran, Galibier, Bonette, Cayolle) ferment dès les premières grosses neiges, en général de fin octobre ou novembre jusqu'à fin mai. Vérifiez toujours l'état d'ouverture des cols sur les sites des départements ou de Bison Futé avant de partir, car les dates varient chaque année selon l'enneigement.

Faut-il réserver les hébergements à l'avance ?

Oui, surtout en juillet et août et dans les stations très prisées comme Val-d'Isère ou Briançon. Les hôtels et chambres d'hôtes de montagne sont peu nombreux et se remplissent vite en haute saison. Réservez plusieurs semaines à l'avance pour les étapes-nuits, idéalement dès le printemps.

La Route des Grandes Alpes convient-elle aux familles ?

Oui, à condition de doser les étapes. Les enfants peuvent être sensibles au mal des transports dans les lacets : prévoyez des pauses fréquentes, des médicaments adaptés, et alternez route et activités (baignade en lac, petites randonnées, télécabines). Les paysages spectaculaires et la faune de montagne plaisent beaucoup aux plus jeunes.

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